Acceptation de son homosexualité, le coming-out la solution ?
D’abord pour planter le décor, je voudrais dire que comme beaucoup d’entre nous, je suppose, c’est au moment de la puberté que je me suis rendu compte que j’étais attiré par les garçons. Et donc, des années collège jusqu’à ma 3e année a l’université, je me disais juste que ça allait passer et que plus tard j’aurais une vie "normale" (car à l’époque je me disais encore que l’homosexualité n’est pas normale). Je pensais même à aller voir un hypnotiseur ou autre "médecin" car avec l’éducation que j’ai reçu, je ne me voyais pas du tout faire mon coming out aussi tôt (ou je ne me voyais pas le faire du tout).
Donc tout à commencé le 21 juin 2002 lors de la fête de la Musique ou j’étais avec ma soeur et un de ses amis gay (a ce moment-la, moi je suis toujours dans le placard). Nous marchons dans la rue et l’ami gay de ma soeur croise un autre de ses amis gays et ma soeur me dit discrètement a l’oreille qu’il habite dans le même village que nous, qu’il est gay mais qu’il ne faut le dire a personne. Moi je le trouve pas mal du tout et je constate qu’il me regarde souvent. C’est alors que je crois que pour la première fois, je ressens des sentiments pour un garçon (mais avec le recul, je ne saurais dire s’il s’agissait d’amour ou d’obsession) et je crois que c’est ça qui a déclenché quelque chose en moi, et a partir de ce moment-la, j’ai commence a m’accepter comme je suis. Le soir, je rentre chez moi en me disant que je ne dois pas trop espérer (vu que je suis encore dans le placard et puis je ne connais même pas son nom).
Puis le 22 août 2002, ce que je n’attendais pas se produit : je le rencontre dans mon village grâce à une copine avec qui je travaillais dans un centre aère. Le lendemain, il y avait la fête de clôture du centre aère et j’avais demande a J. (ce garçon) s’il allait venir. Le lendemain à la fête, je le vois et donc je lui ai parle et j’essayais de le convaincre de travailler dans le même centre aéré l’année suivante.
De ce fait, pendant un an je me suis mis à m’imaginer qu’il allait peut-être y avoir moyen avec lui alors qu’on se connaissait a peine. Donc je l’ai invite à ma fête d’anniversaire en novembre puis on s’est vu pendant les vacances de noël 2002. Puis plus de nouvelles, ou juste un SMS de temps en temps.
Enfin, est venu le temps du centre aère (que j’attendais impatiemment car je savais qu’on allait travailler ensemble). Donc le temps passe (je suis toujours dans le placard) et j’apprends qu’il a un copain (car tout le monde au centre aère est au courant vu qu’il est "out").
Et c’est ainsi que le lundi 11 août 2003, le midi à la cantine, il me dit : "je dois te dire un truc, mais après". Je lui dis "OK" mais après j’oublie ; jusqu’au soir lorsqu’on s’est réunis entre animateurs. La je lui dis : "au fait, qu’est-ce que tu voulais me dire ?", lui me répond : "après" car il y avait des gens autour de nous.
Entre temps, le week-end juste avant, je m’étais décide et je m’étais dis : "il faut a tout prix que j’essaie d’en parler a J." Donc il me dis : "je te le dirais après" et moi je me suis mis a l’écart du groupe car je me dégonflais car je ne trouvais pas le moyen de le dire a J.
Il m’a suivit jusqu’au parking (je pense qu’il a du voir que je m’isolais) et est venu me parler. Il m’a posé LA question : "tu préfère les filles ou les mecs" et la je me suis enfin lâché. Je ne pensais pas a quel point on pouvait se sentir libérer, ne serait-ce qu’en le disant a une seule personne. Nous avons bien parle et je lui ai demande conseil car j’avais très envie de le dire a ma soeur.
Le samedi suivant, donc le 16 août 2003, pour fêter l’anniversaire de ma soeur et mon départ pour mon année d’étude à l’étranger, nous organisons une fête ou J. est invite. Vers 23h, je commence a sentir les effets de l’alcool (mais j’aurais probablement fait ça a jeun aussi) et je prends ma soeur a part en lui disant :
je dois te dire quelque chose
Quoi ?
A ton avis, pourquoi je n’ai jamais eu de petite copine ?
t’es homosexuel ?
oui
Ce qui est bien c’est qu’elle avait eu un copain gay au lycée et donc elle connaissait un peu le milieu et elle a très bien pris la chose et me conseillant sur les personnes a qui je pouvais faire confiance.
La je suis allé voir J. en disant : "Ca y est je l’ai dit a ma soeur". Je me sentais tellement libéré qu’au passage je l’ai dit à 3 amies qui ont été très compréhensives.
Puis je me suis envolé pour une année d’étude au Etats-Unis, ou des mon arrivée j’avais envie de m’assumer mais je devais d’abord prendre mes nouveaux points de repère. Et donc, ce n’est que 2 mois après que j’ai enfin fait mon coming out auprès d’une autre étudiante française (qui depuis est devenue ma confidente puisqu’elle m’a énormément aide a m’assumer ici, aux Etats-Unis).
Cette expérience m’a complètement transformé puisque tous les autres étudiants sont au courant et l’acceptent très bien (je crois que pour ça, les pays anglo-saxons sont plus tolérant que la France).
Puis je me suis décidé à le dire à d’autres amis par e-mails et ces amies l’ont tous plus ou moins bien pris (entre ceux qui s’en doutaient et ceux qui ont été surpris mais qui ont très bien réagit en disant que cela ne changeait rien a leur yeux).
Plus on a de bonnes réactions, au plus on a envie de le dire a beaucoup de monde et c’est pourquoi j’ai décidé qu’a mon retour en France, j’allais faire mon coming out auprès de mes parents (je raconterai cet épisode sur ce site).
Voila donc l’histoire de mon coming out. Je voudrais juste dire à ceux qui se posent encore la question que moi je suis super content de l’avoir fait. C’est vrai qu’il faut une sacrée dose de courage mais ça en vaut la peine (qu’est-ce que ça fait du bien de pouvoir donner son avis sur un garçon sans que les autres se demandent quoi). Le seul regret que j’aurais est de ne pas l’avoir fait plus tôt. C’est que je n’étais peut-être pas prêt mais quand je vois la simplicité et la liberté que ca apporte, je me dis que j’ai gâché quelques années de ma vie a me cacher. Mais maintenant je veux rattraper le temps perdu.
Car même si j’ai déjà (ou seulement) 22 ans, je me dis que j’ai encore plein de choses a découvrir et pour moi c’est comme une 2e naissance.
Je ne sais pas si la prochaine étape sera le CO familial ou le premier copain mais je me sens prêt autant pour l’un que pour l’autre. Il faut juste trouver le courage au fond de soi pour sortir de ce "placard" qui nous gâche la vie et nous empêche d’exister pleinement. Il n’y a pas de honte a être ce qu’on est et il faut se dire que tout le monde a droit au bonheur et que l’amour n’a pas de sexe.
A propos de mon coming out familial, j’appréhende un peu parce que ma soeur avait déjà eu vent de ce que pensent mes parents et mon père avait dit a ma mère : "c’est tout, si un de nos enfants est homo, il est comme il est, point" mais ce qui me gêne , c’est la réaction de ma mère (d’habitude c’est le contraire : les mères sont plus compréhensives et les pères plus difficiles a convaincre), donc ma mère a dit : "moi, si on avait un enfant homo, je lui dirais d’aller voir un psy".
Mais je ne perds pas espoir et je pense qu’elle l’acceptera (non sans mal). Voila, j’espère que ce témoignage servira a d’autres jeunes qui se posent encore des questions. Quant a moi, j’ai hâte de raconter mon CO familial pour lequel je suis confiant car maintenant je me sens bien comme je suis et rien au monde ne me fera reculer.
A faire
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