Vincent, 17 ans, un message et un coming-out à sa mère
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lundi
2 juin 2003
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Se réfugier dans une seule part de son identité est une grave erreur, essayer d’incarner le fils parfait, le meilleur ami...
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A faire :
Vincent, 17 ans en 2003 dans une petite ville, je fais mon coming-out à ma mère, sa réaction est très bonne.
Mon Histoire
Bonjour à tous !
D’abord félicitations à ceux qui ont été assez courageux(se) pour venir. Je vais d’abord vous filer un message et ensuite la très courte histoire de ma "révélation"
J’adresse mon message aux personnes suivantes à tous ceux qui se sentent étouffés, à tous ceux qui sont exaspérés, à tous ceux qui sont déboussolés, irrités, attristés et claquemurés dans un for intérieur qui refuse de se laisser voir ne serait-ce que devant lui seul pour juge : Ouvrez les volets ! Laissez entrer la lumière et la vérité et vous vivrez en paix avec vous mêmes ! Non, ceci n’est pas le prêche d’un groupe de « pseudo-conversion-hétéro » (en passant il faut à tout prix éviter de tomber dans ce néfaste et dangereux piège qui est mortel et détruit les identités aussi bien que les personnes) . Il ne faut pas oublier, ou plutôt il faut savoir que le monde n’a jamais été homogène malgré les dires de certains ignorants , par ex. : « Ces choses là ça n’existait pas dans l’temps ! » Nous avons tous des vies d’acteurs sur la grande scène pathétique qu’est parfois ce bas - monde N’est-ce pas suffisamment difficile déjà pour que nous nous évitions les soucis supplémentaires d’être l’acteur de l’acteur ? Il n’existe pas de normes, pas de races autres que la race humaine, et cela est sûr malgré les gens qui affirment le contraire. Je peut franchement dire que je sais de quoi je parle, j’ai été harcelé parce que je suis francophone et que je vis au Canada anglais, parce que je suis intellectuel alors que l’on méprise souvent le savoir. Il est bien plus facile de ne pas savoir , de ne pas voir, bref de ne pas se troubler et demeurer inactif ! Souvent tout ce qui est différent est perçu comme une menace par ceux qui sont ignorants. L’on n’a qu’a voir l’attitude des états-Unis face à la France et au Monde ! Se réfugier dans une seule part de son identité est une grave erreur, essayer d’incarner le fils parfait, le meilleur ami, l’élève exemplaire ne mène nulle part et ne fait qu’aggraver le problème dissimulé, le problème de fond demeure le même : ou bien on s’accepte, on s’affirme et on s’épanouit, ou bien on se refuse, on se referme et on demeure l’ombre d’un nous -même qui nous terrifie (et si notre ombre savait !!!). Il faut être capable de savoir qui on est, l’accepter et l’affirmer, non pas l’exhiber comme de la marchandise ou comme quelqu’un qui fait les trottoirs mais ne pas le cacher comme une personne recherchée pour crimes contre l’humanité. Nous ne pouvons nous cacher de nous-même, ce que nous cachons reviendra toujours plus fort dans un déluge émotionnel et un véritable orage dévastateur, il est à nous d’éviter un apocalypse personnel et de nous montrer sous notre vrai jour. Ceci n’est pas un appel à la croisade contre le monde ou les « hétéros », tout le monde a sa croisade personnelle à mener en exorcisant d’abord ceux de leurs propres démons qui ostracisent l’identité et la personne.
Voici comment j’ai fait : Après des années de mensonges, de non-dits et de théâtre pathétique j’ai décidé de le dire à ma mère. J’ai longuement pensé, consulté des sites Internet, lus des livre de psychologie, de sociologie et de philosophie même. Puis, je me suis décidé, j’ai pris la ferme résolution de mettre fin à mon calvaire car je savais la vérité et il n’y avait que moi pour la dire. Je me suis mis un objectif : avant mon dix-huitième anniversaire et avant de partir pour les études à l’université. Alors j’ai essayé plusieurs fois dans les jours qui ont suivis, et j’ai fini par prendre le taureau par les cornes en disant à ma mère que je devais lui parler.
Moi « Maman je dois te parler. »
Maman« Dis - moi ce qu’il y a. »
Moi « Eh bien, tu t’en doutais sûrement déjà depuis fort longtemps, mais, ... je suis homosexuel. »
Maman« Tu sais je ne m’en doutais pas vraiment, même si ce n’est pas une très grande surprise, mais je t’aime quand même et je suis fière de toi. »
Ensuite, j’ai eu droit au question du genre es tu sûr de ton coup ? Comment l’a tu su ? Depuis combien de temps le sait tu ? Mais tu n’a jamais essayé avec une fille ? etc. et j’en passe ! Ne reste plus qu’a le dire à mon père, je crois qu’il est assez ouvert j’espère qu’il le prendra aussi bien (Oubliez les petits - enfants les parents !) Je peux maintenant me regarder dans le miroir et me voir moi, je sais aussi que peu importe le nombre de fois que l’on répète un mensonge on ne finira pas par y croire (au grand désespoir de Goebbels, ministre hitlérien de la propagande) Affirmez - vous ! Je vous souhaite la meilleure des chances et des réactions positives !
Sincèrement ,
francovf
P.S. Ne vous dégonflez surtout pas, vous avez le droit d’être qui vous êtes et ce n’est certainement pas de votre faute si vous l’êtes, vous devez savoir que personne ne saurait être assez stupide pour choisir de vivre de telles complications assorties d’un pareil calvaire alors foncez !
A faire :
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Si vous aussi vous avez fait votre coming-out récemment et vous voulez nous le raconter, c’est par içi
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commentaires |
ptite réponse
22 juin 2003, par Patrice
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Il m’arrive de me dire qu’a force de me vivre bi si aisément sur le net, je vais finir par me lancer sans m’en rendre compte ds mon entourage. Peut-être est ce que ça m’aura au moins donné de l’assurance et un semblant de fierté. J’ais moi aussi cette conviction profonde, même si confrontée aux difficultés de la vie, elle perd un peu de son éclat, que je n’ais pas mon de droits ni de raisons d’être heureux qu’un autre. Je crois que lorsqu’on s’apprète à faire son CO, on ne doit penser et croire qu’en une chose, c’est en soit et en la pertinence des différences. Ce texte est très beau, Vincent, je croit que c’est un bon exemple, et que tu sait faire miroiter les mots du ressenti humain qu’ils aspirent à exprimer.
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> Vincent, 17 ans, un message et un coming-out à sa mère
10 juin 2003, par Leo
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C’est vraiment super de ta part d’avoir eu le courage de le dire mais c’est pas aussi facile pour tout le monde. Dans mon cas, mes parents, j’en suis sur me renieraient. Ils n’arrivent toujours pas a accepter que la Pacs existe d’ailleurs.
Alors pour moi, c’est pas la fin de mon calvaire. Quoique je l’endurerai juaqu’au jour J. Pas question de baisser les bras.
P.S. : Merci pour le petit message reconfortant.
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> Vincent, 17 ans, un message et un coming-out à sa mère
30 juin 2003, par Mady
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Bonjour Léo,
Si je puis me permettre, mon avis est que, quand tes parents sauront, oui ils seront choqués, peut-être déçus, oui il leur faudra du temps (un peu ou bcp, c’est selon) mais si tu leur laisse entrevoir le calvaire que tu dis vivre depuis longtemps, ils seront surtout atterés de savoir que tu as tant souffert, et "culpabiliseront" de n’avoir rien vu donc rien pu tenter pour soulager ta souffrance.
Je ne les connais évidemment pas mais "renier" son enfant est une chose grave et surtout RARISSIME.
Saches que tes parents t’aiment et qd ils auront la certitude que tu es heureux tel que tu es, ils sauront, comme nous tous, avancer pas à pas sur le chemin de l’acceptation.
Malgré leur peine (probable mais pas sûre) ils te sauront gré de la confiance que tu leur as témoigné en leur disant la vérité, TA vérité. Et toi tu seras fier du courage que tu as eu.
Je te dis courage,
je t’embrasse,
prends-soin de toi,
Mady
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> Vincent, 17 ans, un message et un coming-out à sa mère
18 juillet 2003
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Chère Mady ; Renier son enfant est effectivement rarissime. Il arrive toutefois que certains mots prononcés soient pires qu’un reniement (tu es toujours mon fils, mais tu m’as déçu pour toujours...) Le reniement peut etre intellectuel plus que physique, et c’est tout aussi douloureux. Je ne parle pas pour moi (Mon CO interviendra en aout pour ma famille) mais de ce que j’ai pu lire. Je ne résiste pas au plaisir de livrer ici une petite anecdote : lorsque j’ai demandé un dimanche midi à mes grands parents s’ils regardaient Pascal Sevran, mon grand père m’a répondu : "Ah non, nous on déteste les tentouzes" ... Matthieu
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> Vincent, 17 ans, un message et un coming-out à sa mère
3 juin 2003, par TriBad
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> Vincent, 17 ans, un message et un coming-out à sa mère
2 juin 2003
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Bravo Vincent,
Tout ce que tu dis est archi-vrai... !
Ton courage et ta sincérité sont des alliés précieux.
Tu as aussi une maman formidable qui a un fils qui préfère jouer franc-jeu, elle peut être fière de toi.
Bises,
Mady
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> Vincent, 17 ans, un message et un coming-out à sa mère
9 mai 2004, par zino
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bonjour Vincent,
Ton courage et ta sincérité sont des alliés précieux.
Bravo Vincent,
Bises.
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