Vincent, 16-18 ans : bonne réaction de maman, une réaction mitigée de papa
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jeudi
9 octobre 2003
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Avant cet été-la, je ne m’étais jamais retourné sur une fille, ou un garçon. J’étais étrange et solitaire. On disait souvent que j’étais pd, et ça me faisait autant d’effet que si on m’avait traité d’horticulteur.
Comment ont-ils fait pour savoir qui j’étais avant moi ? Je venais d’avoir seize ans et je n’étais pas sortis de l’enfance. Et puis je l’ai rencontré. C’était en Allemagne, il était Bulgare et il s’appelait Siméon. A l’instant, à la seconde où je l’ai vu, j’ai senti l’attirance quasi magnétique. Je devais en faire un ami. Du moins je le croyais. J’étais frappé par la foudre et je ne le savais pas. Oubliant ma timidité, inégalable, je fis des miracles de mon anglais encore limité pour me rapprocher de lui plus que n’aurais espérer en être capable.
Se furent les douze jours les plus heureux de ma vie, qui finirent en une apothéose de tristesse. Je le serrai dans mes bras comme j’avais déjà tant rêvé de le faire, et le quittai pour ne jamais le revoir. S’en suivit une année de torture, à perdre peu à peu le contact, à attendre désespérément ses réponses à mes mails, de plus en plus longues à venir. Et j’étais toujours stupidement persuadé de l’aimer comme on aime un amis. Ou plutôt, je m’en était persuadé. C’est fou de quoi on peut se convaincre quand on veut vraiment y croire.
L’année d’après, je suis parti aux Etats-Unis, perfectionner mon Anglais. Je n’avais plus eu de nouvelles de lui depuis trois mois, peut-être quatre, quand je pris mon courage a deux mains et lui téléphonai. Siméon semblait content de m’entendre, me promit de m’écrire. Il ne le fit jamais.
J’ai vécu une jeunesse heureuse, pleine d’activités, de sorties, de bourrage de gueule, et même de quelque amis. J’était partis habiter dans une ville américaine 400 fois plus grande que mon village de Belgique, et j’aurais pu aller vivre dans le désert. La prohibition de l’alcool, le couvre-feu à dix heures, l’école incroyablement facile, l’obsession des américains pour leur tv et leur mentalité protestante, tout cela conjugué me fit découvrir le véritable sens du mot ennui. L’ennui ou on passe dix heures couché sur son lit en ayant rien, vraiment rien d’autre à faire. Ca pousse à l’introspection. En rentrant chez moi un an plus tard, j’avais été dégoûté de l’Amérique, mais elle m’avait permis de découvrir une grande leçon sur moi : j’avais aimé Siméon d’amour, et je l’aimais encore. Et si j’aime jamais quelqu’un d’autre, ce ne sera pas une autre.
Je l’ai dis à mes 2 vrai amies, à mes parents, à mon frère et à sa conjointe, en un mois. Je vois l’avenir avec un ciel plus ouvert et l’esprit plus libre. Même si tout ne sera pas facile. Hier, j’ai écrit ma dernière lettre a Siméon. Je lui ai dit tout ce qu’il y avait à dire. En regardant la date, je me rend compte qu’on est le 22 Août 2003. Il y a 2 ans, 2ans et un jour, je luis disait au revoir. Hier, je lui ai dit adieu. Ne gardant pour moi que le souvenir de mon premier amour, quelque photos, et, surtout, la vérité à propos de moi-même.
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commentaires |
> Vincent, 16-18 ans : bonne réaction de maman, une réaction mitigée de papa
6 novembre 2003, par calvin
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salut vincent,j’ai lu ton histoire,et je l’ai trouvé fort bien écrite,tout ce que tu racontes est raconté de façon très belle et très émouvante,je te souhaite bonne chance et surtout je te souhaite d’être heureux et de rencontrer un jour un autre siméon.....avec toute mon amitié...calvin.
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> Les States...
12 octobre 2003, par Altoba
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Voilà un super super beau témoignage...
J’avais très envie de passer un bout de temps aux Etats Unis, ne serait-ce que pour mon experience professionelle et parceque ce pays m’interresse (surement un des derniers à être interressé) et ton témoignage m’a intrigué : L’ENNUI ??
Enfin, je serais curieux d’en savoir plus, alors, si tu en as envie, écris moi...
Voilou.
PS : Bravo pour ton CO !!
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> Vincent, 16-18 ans : bonne réaction de maman, une réaction mitigée de papa
9 octobre 2003, par laurent
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Salut Vincent,
j’ai trouvé ton témoignage très beau, il est tellement vrai d’ailleurs... je m’y retrouve aussi un peu, surtout quand tu dis "j’étais toujours stupidement persuadé de l’aimer comme on aime un ami, ou plutôt, je m’en était persuadé, c’est fou de quoi on peut se convaincre quand on veut vraiment y croire".
Ton histoire avec Siméon m’a rappelé plusieurs de mes propres histoires, douloureuses, d’autant plus douloureuses qu’à l’époque je ne me "savais" pas gay.
Aujourd’hui, même si je fais le rigolo, j’ai encore une blessure, tout au fond de moi. Elle est si profond d’ailleurs que la plupart du temps, elle ne se "voit" pas, mais quand elle réapparait, ça mal, très mal. je me suis déja demandé plusieurs fois si je pourrais "vraiment" aimer quelqu’un après tout ça...
En tout cas, bravo pour tes c-o, et bon courage !
laurent
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