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Un coming-out indirect, et beaucoup d’interrogation

jeudi 21 août 2003

Combien de temps peut-on « survivre » sans aborder de sujet touchant à la sexualité ? Réponse : pas très longtemps.

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Je sais depuis très longtemps que je suis attiré par les garçons. Et pourtant je l’ai toujours ignoré. Mes études m’ont beaucoup aidé en ce sens, il n’y a rien de mieux pour s’occuper l’esprit ! évidemment cela n’a pas duré. Je suis parti travaillé à l’étranger comme assistant de français pendant une année, et la charge de travail était beaucoup moins lourde que les années précédentes. Conséquence : plus de temps libre. Je vous assure que cette année-là ne fut pas une année de plaisir ! Plus de temps libre signifie plus de sortie entre jeunes, pubs, boîtes...

Combien de temps peut-on « survivre » sans aborder de sujet touchant à la sexualité ? Réponse : pas très longtemps. J’ai fini par craquer, des envies suicidaires tous les jours, avoir honte de se regarder dans la glace, décliner toutes invitations auxquelles il me serait difficile de tenir une soirée entière sans avoir à dire à ses amis que la fumée dans le pub me fait mal aux yeux et qu’on a besoin de prendre un bol d’air ... afin de mieux cacher ses larmes. Cela a duré plusieurs mois. Chaque sortie était un supplice et mes amis ne comprenaient pas pourquoi je rechignais à chaque fois qu’ils m’invitaient en boite ou prendre un verre. Ils ne comprenaient pas que cela signifiait toute une soirée d’effort de ma part pour garder mon masque bien en place.

Ai-je fait mon coming out à des personnes ? La réponse est oui et non ! Je m’explique : Cela va faire maintenant plus d’un an qu’une de mes amies a découvert mes vrais inclinations. Toutefois, je ne sais pas si l’on peut appeler cela un coming out. Cette amie (Celia) m’avait surpris en larmes dans la salle de bain. Très perspicace (du moins je ne pense que cela se voit au premier coup d’œil), elle me demanda si « cela avait à voir avec ma possible orientation sexuelle ». En guise d’approbation, je me suis mis à pleurer de plus belle. Je ne me rappelle pas avoir pleuré autant de toute ma vie et en même temps je ressentis un énorme soulagement, un peu comme à la suite d’une intervention orale devant un amphi, mais dix fois plus intense. Cela ne fut que temporaire malheureusement. Après quelque mois, Celia retourna chez elle (Canaries !). Résultat : je n’ai que très rarement l’occasion de parler avec elle. Mais le gros problème dans tout ça, c’est que je ne lui ai pas dit directement que je suis gay, c’est à dire que ce n’est pas moi qui ai pris les devants. Cependant, ce coming out « indirect » m’a permis de m’identifier comme «  homosexuel » ou « gay ».

Maintenant que j’y réfléchis, c’est très étrange : car avant, je connaissais mes penchants pour les hommes et pourtant j’avais l’impression de ne rien avoir en commun avec les homosexuels...

S’identifier comme gay est une chose, mais s’assumer comme tel en est une autre.

Encore aujourd’hui, je ne crois pas que je m’assume complètement. Et pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque ! Je souhaite faire mon coming out à ma mère au plus vite, peut-être avant la fin de cet été.(NB j’habite encore chez mes parents, et oui, je fais des études longues !) Dans l’espoir qu’elle pourrait m’aider à m’assumer. Mais j’ai lu au travers des articles sur ce site qu’il faut s’assumer avant d’en parler à ses parents. Je ne sais pas si je peux attendre d’être en accord avec moi-même avant de lui en parler ; ça risque de ne pas se produire avant longtemps. A priori, je pense qu’elle va bien réagir, mais je peux me tromper. De temps en temps, je la soupçonne de connaître mon secret, un espoir qui disparaît aussitôt quand elle commence à tenir des propos homophobes en face de moi. En même temps, j’imagine que lui avouer mon homosexualité avant que je ne me sois complètement assumé est risqué. En ce sens que sa réaction aura une conséquence directe sur la façon dont je me perçois : Si elle accepte mon homosexualité, elle pourra m’aider, mais au cas contraire cela ne pourra que me fragiliser encore plus.

J’ai lu sur différents sites les pourcentages du taux de suicides chez les homosexuels, je vous avoue que cela m’a surpris, je ne suis donc pas seul à être mal à l’aise. Je voudrais définitivement chasser l’idée de suicide de mon esprit. Je réalise que j’y pense souvent. Je ne pense pas que je serais capable de franchir la ligne. Toutefois je voudrais ne plus y penser comme possible voie de secours « au cas où quelque chose tournerait mal ». J’en ai honte juste à y penser maintenant. J’ai souvent l’impression que je manque de courage. J’ai pensé plusieurs fois d’écrire une lettre a ma mère. J’ai dû lui écrire trois lettres déjà ! Mais elles ont toutes terminé à la poubelle ! Et puis j’ai pensé à en parler à mon frère. Aujourd’hui, sa lettre est prête, elle est sur mon bureau depuis une semaine, je n’arrive pas à trouver le courage de la glisser dans sa chambre.

J’ai lu qu’il est plus facile de faire son coming out en présentant son copain. Mais bon, ma vie sentimentale est un vrai désert ! Si j’attends de rencontrer mon âme sœur, c’est pas demain la veille ! J’ai donc l’impression d’être devant un dilemme. Est-il vraiment indispensable de s’assumer complètement avant d’en parler à ses parents ?

Ou dois-je prendre le risque de leur demander de l’aide alors que je suis « émotionnellement » fragile ?

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Les commentaires

> Un coming-out indirect, et beaucoup d’interrogation 21 octobre 2003, par Yo
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Salut, j’ai 19 ans, j’en ai parler pour la première fois le 16 août 2002 et depuis cinq amis le savent.Rare sont les moments òu je me sens bien et quand il en a ils ne restent pas lontemps. J’ai passé la journée à être découragé et je pense toujours au suicides. Il n’y a donc personne de ma famille qui le savent. Je sais qu’il accepte bien les homosexuels car j’ai un oncle et un cousin(il fait parti des cinq qui le savent)qu’ils le sont mais j’ai peur de les décevoir et qu’ils ne me regarde plus de la même façon. Je garde espoir surtout quand je lis un témoinage comme le tien je me rend compte que je ne suis pas seul dans cette situation. Peut-être nous aurons la chance de se voir un jour. Jespère qu’un jour tu te sentira bien tu le mérite !

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> Un coming-out indirect, et beaucoup d’interrogation 23 septembre 2003, par GardenBoy
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Salut salut !!

Un mois que tu as écrit ce message et c’est aujourd’hui que je te répond ! J’vais te dire, ça te prendrais une autre amie perpicace avec qui tu puisse enparler sans en parler tout à fait. Moi ça m’a beaucoup aidé. J’avais une amie qui le savais depuis longtemps, puis un jour elle m,en a parlé. J’ai ressenti ce mélange de soulagement et de peur dont tu parles. On s’en est parlé, et aujourd’hui je m’aime comme je suis. (ça fait deux ans de ça). Pour ce qui est de te mère, ce n’est pas essentiel de t’accepter complètement, à condition qu’elle t’accepte... Si non, il est préférable de se sentir bien avec soi avant... (moi pour ça j’ai eu de la chance...) Puis comme d’autres l’on dit avant moi, l’idée du frère en premier n’est pas bête ! (Au moment où j’écris ces lignes c’est peut-être déjà fait mais bon...) Et le plus important de tout, ne te suicide jamais, travaille sur toi, mais ne comment jamais l’irréparable. (Si jamais tu en as besoin, un psy c’est pratique pour mettre certaines choses au clair avec soi même, moi ça m’a beaucoup aidé).

Bon, je crois que j’ai tout dis !

Bonne chance !

GardenBoy

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> Un coming-out indirect, et beaucoup d’interrogation 3 septembre 2003, par ced
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salut à toi

avant tout, je crois que même si j’arrive un peu tard peut-être, je me dois de te féliciter pour essayer à tout prix de te battre pour t’en sortir

Je suis gay comme toi et j’ai mis beaucoup de temps à m’assumer (environ 5 ans) et encore plus de temps à le dire à ma famille

comme tu dis, le temps de s’assumer soi-même et d’être assez fort pour endurer leur réaction...

ca se passe po super, ils pensent que je suis paumé...

alors que je suis loin de l’etre, je sais ce que je veux, vivre avec mon futur mec et être heureux avec lui, et non avec une femme !

Le seul conseil que je puisse te donner est donc de tenir le coup et de continuer à te renseinger sur des sites comme celui-ci ou de te faire des amis gays sur le net qui pourront t’aider...

si tu veux, tu peux m’écrire à travers le site, je verrai si tu me repond et je te filerai mon mail

ne perd surtout po espoir et dis-toi qu’après tout, être gay, ce n’est po une tare, si tu peux être heureux dans les bras d’un garçon, c’est l’essentiel, tes parents seront sans doûte un peu déçus comme chacun (à cause de l’idéal d’avoir des petits enfants et tout...sans doûte) mais tu verras, ça leur passera, mais construis toi avant

courage et n’hésite pas à me répondre ainsi qu’aux autres

amicalement

ced

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> Un coming-out indirect, et beaucoup d’interrogation 2 septembre 2003, par Cyrille
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En lisant ton témoignage, je me retrouve absolument dans ce que tu dis et ce que tu penses. J’ai été moi-même assistant et ai vécu cette sorte de déchirement car même si je faisais tout pour ne pas penser à mon homosexualité, je ne pouvais pas me la cacher. J’essaie encore de me dire que je suis hétéro mais je n’y crois guère et je ne fais que refouler. Je commence à m’accepter comme je suis même si c’est dur. Pourtant je ne l’ai dit à personne même si certaines de mes amies croient pouvoir déceler ce secret. Au suicide, je n’y ai jamais véritablement pensé car je crois ne pas être si différent des autres et je ne vois pas pourquoi on condamnerait l’homosexualité. Je ne la condamne pas mais les gens autour de nous ne sont pas forcément si tolérants. Mais après tout, il faut vivre notre vie pour nous et non en fonction des autres car cela serait trop dur. Je ne sais si je pourrai t’aider mais sache que je ne me suis pas encore « outé » et que je ne veux pas le faire maintenant. Il faut que je m’accepte totalement et que je sois bien. A deux ce doit être plus facile mais je n’y compte pas. Je te souhaite bon courage et dis moi si tu as envie d’en parler. Cyrille

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> Un coming-out indirect, et beaucoup d’interrogation 26 août 2003, par Mady
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Bonjour à toi .... ? Dans l’émotion, tu as omis de nous donner ne serait-ce que ton prénom, s’il te plait. Et éventuellement ton âge.

Je suis tout à fait OK avec Archie : si ça se passe mal, je me fous en l’air !!! C’est quoi ça : devant un obstacle je fuis, pas très courageux tout ça, jeune homme. Si tu as très peur de la réaction de ta mère, c’est que bien sûr tu l’aimes plus que tout, alors pense une demi-seconde à son insondable douleur si tu disparaissais ! Allez, resaisis-toi, que diantre. Lui faire savoir très habilement et doucement serait une bonne chose. Quand elle l’aura admis, cela t’aidera sûrement à t’assumer. Tu peux effectivement commencer par le frère, la complicité sur un tel "secret" ça aide je pense. Allez, on est tous avec toi dans cette démarche. Mais surtout ne renonces jamais à ETRE CE QUE TU ES (personne n’y peut rien : ni toi,ni ceux qui t’ont donné la vie).

"La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie". La tienne est devant toi : construits là patiemment et intelligemment, tu en es ô combien capable.

Bises,

Mady

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> Un coming-out indirect, et beaucoup d’interrogation 22 août 2003, par laurent568
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Bonjour mon grand ! (Désolé de t’appeler comme ça mais je ne connais pas ton prénom...)

A vrai dire g l’impression d’avoir plusieurs points en commun avec toi : avoir eu de la difficulté à s’assumer au début, croire qu’on ne ressemble pas aux autres homos, difficultés pour le dire à sa mère qui tient des propos limite homophobes et j’en passe...

Tu sais, moi aussi, au début, je me disais que j’avais rien en commun avec les homos, parce que je pense que malgré tout j’avais en tête les clichés que la société nous fout en tête... bien sur que y’a des efféminés chez les homos (mais y’en a aussi chez les hétéros...), mais ils sont pas tous comme ça, bien loin de la... il y aurait en moyenne 5% de la population qui serait homo : sur un ensemble de 20 personnes, essaye de trouver laquelle est homo... Pas facile, justement parce que homo ne veut pas dire grande folle....

enfin voila, c ce que je pense... si tu veux m’écrire, n’hésite surtout pas ! laurent568@laposte.net

Bonne chance !

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> Un coming-out indirect, et beaucoup d’interrogation 22 août 2003, par Archie
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Salut personne anonyme ! Tu es sur la bonne voie pour réussir a t’assumer et le plus gros probléme, c’est d’être fragile comme tu l’es. Il faudrais que tu puisse en parler a quelqu’un dont tu es sur qu’il t’aideras ; un amis serait peut-être moins risqué qu’un membre de ta famille pour commencer. Et ton frére avant tes parents aussi... Mais surtout, dédramatise ! Être homo ne va pas gacher ta vie, ni t’empécher d’avoir un job, des amis, ou de t’entendre avec ta famille. Ta vie ne se plante pas la gueule, elle prends seulement un tournant innatendu, et quel idée de penser a t’arréter de vivre plutot que de monter en haut de la colline pour voir ce qui t’attends de l’autre coté, même si c’est dur de grimper jusqu’en haut. Courage !

[Répondre à ce message]

sourd et gay pas facile !

Je dois dire que dans l’ensemble ça été mon coming-out au boulot d’été, école... J’ai même un mec mignon qui veut sortir avec moi... Reste plus que la famille mais de toute façon j’ai un appart sur rennes donc j’en profite à fond... [Lire...]


Je ne savais pas que je cherchais désespérément quelque chose, et que ce quelque chose, c’était moi.

Mon histoire ? Probablement pas très différente de beaucoup d’autres. Dans les années 50, il n’y avait pas d’internet, pas de jeux vidéos, pas de télévision. Vous imaginez, pas de télévision ? On ne parlait pas d’homosexualité alors, on ne parlait même pas de sexe non plus, d’ailleurs. [Lire...]


Comment j’ai fait mon coming-out

Marié depuis plus de dix-huit ans, j’ai traversé une période de grands troubles tant professionnels que sentimentaux. [Lire...]


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