Faire son coming-out n’est pas toujours très rose, surtout quand il se passe mal et que l’on est plus malheureux qu’auparavant...
Je me souviendrai toute ma vie du 20 Mars 2003, le jour du début de la guerre en Irak et de mon coming-out.
Ce jour là, j’avais encore 13 ans et je sortais d’une longue grippe, j’étais encore assez fatigué et je m’étais levé à 12h00, ma mère partait pour le boulot et mon père rentrait manger.
Ma mère est une petite femme admirable, elle a étudié la psychologie et je la trouve vraiment baba cool...
Mon père est un petit moustachu trapu et musclé, je ne le considère pas comme mon père, on a pas les mêmes idées, il est raciste et au FN, il travaille dans la forêt, il est affreux avec ma mère, il la trompe et la déjà battue.
J’ai aussi une mémé formidable bien qu’un peu conservatrice dans ses idées et un petit frère.
Je disais donc que je venais de me lever ce 20 Mars et me préparais à manger, ma mère s’en allait et je mangeais à contre coeur avec mon père.
Le téléphone a sonné, c’était mon grand-mère qui appelait pour voir si tout allait bien, mon père ma passa le phone et comme ma grand-mère m’avait déjà appelé il y a un quart d’heure, je fis tomber le téléphone par terre, l’antenne était cassée.
Mon père était furieux, il me frappa violemment sur le visage.
J’étais à terre, il commença à me dire ses habituelles répliques du type "on t’a pas élevé pour que tu fasses des conneries".
Je suis d’une nature assez provocatrice et extraverti, je sais que je suis homo depuis que j’ai 10ans, j’avais vu beaucoup d’émissions à la télé et pour moi il n’y a pas de problèmes, j’aime les garçons.
J’étais à terre sur le tapis du salon et devant mon père qui me menaçait car j’avais cassé ce putain de téléphone je lui dis "ton fils est PD".
Mon père s’est transformé en démon, il me prenait la tête et la frappait sur le sol en hurlant "mais c’est pas vrai, pas vrai, je vais te faire changer d’avis moi, ou je vais te tuer, te tuer", mon père étant très musclé, il me faisait très mal, je saignais beaucoup du nez.
Je me suis réfugié dans la chambre de ma mère pour appeler ma grand-mère à l’aide, mon père arriva et me batta car j’avais appelé sa mère. Ma grand mère arriva et elle était sous le choc, ensuite mon père me demanda de lui dire que j’étais homo, tout d’abord j’ai refusé car je ne voulais pas que ma grand-mère le sache, elle est vieille et elle a une image de moi très bonne du type "élève brillant et bien élevé" que je ne voulais pas briser. Comme je refusai de lui dire, mon père me colla une grosse gifle. Je l’ai dis à ma grand-mère et mon père me balança sur lit et arrachait ma tête.
Mon père est un gros salaud, je suis dégoûté qu’il m’ait forcé à le lui dire, dans la soirée, j’ai dis à ma grand mère que cette histoire d’homosexualité n’était pas vraie sinon ma grand-mère ne m’aurai plus rejeté.
Après, je me suis enfermé dans la petite salle de bain du 1er étage, je croyais que je saurais en sécurité, mon père défonça la porte, la porte pourtant solide ne résista pas à sa force, et là, il me bâta encore et encore inlassablement, ma grand-mère essayait de l’empêcher. C’était horrible, je croyais que ce genre d’histoire n’arrivait que à la télé ou dans les journaux.
Au final m’on père m’a battu environ 45min.
45 minutes de douleur, de cris et de pleurs que je ne pourrais jamais oublier.
Mon père prit la voiture et partit. Ma grand-mère m’emmena chez elle. Quelques heures après, j’ai appelé ma mère qui bien sûr était de mon côté.
Ensuite je suis resté quatre jours chez ma grand-mère le temps que le vieux se calme. J’avais des traces sur les jambes et les bras et surtout un gros oeil au beur noir.
Quand je suis revenue au lycée, heureusement que j’ai des amies très proches qui me soutiennent, elles étaient indignées, je suis ouvertement gay au bahut et j’ai même un mec tendre et sympa...
Mais il y en avait beaucoup qui se demandaient comment j’avais eu cet oeil au beur noir. Bientôt tout ceux de ma classe l’ont sus mais je n’ai pas de problème d’homophobie dans mon collège, au contraire je suis bien accepté. Bien sûr y’a toujours des cons qui te propose de sucer pour un choco mais bon c’est pas leurs fautes si ils sont cons...
Les mois qui suivirent ont été presque normal, mon père avait recommencé à "m’adorer", il est affreux, il me met la pression pour que je réussisse, il m’a forcé à prendre des cours par correspondance en langue étrangère, il dit tout le temps qu’il m’aime alors que moi je ne peux pas l’aimer, il est tellement ignoble.
La semaine dernière, un de ses amis cons est venu à la maison et a bricolé l’ordinateur, cette espèce de con a dit à mon père que j’avais consulté des "sites de pédé", en effet, je consulte souvent des sites avec de beaux étalons... Je partis me coucher rapidement en disant à mon père que c’était mes copines qui allaient sur ces sites.
Le lendemain, il était 08h00, j’entendis de mon lit mon père gueuler après la secrétaire dans son bureau (il est le patron d’une entreprise de bois) aussitôt, je me suis enfermé dans la salle de bain du 2ème étage. J’entendais mon père qui gueulé car il avait demandé à la secrétaire de lui donner la liste des sites, ce coup, il ne m’a pas tapé mais il a encore cassé une porte, celle de son bureau.
Pendant ce temps j’étais dans ma salle de bain, il n’y avait pas de chauffage et j’étais à jeun, bref c’était affreux. Je suis resté enfermé de 08h00 à 14h00 quand ma mère arriva et que mon père soit parti. Ma mère était choqué que je sois allé sur des sites de Q, je lui ais dis que c’était normal à mon âge et que tout le monde y aller. Encore une fois je dormis chez ma grand-mère pour calmer la tension. Quand je suis rentré a la maison ; j’ai dit à mon père que c’était un virus qui avait attrapé toutes ces adresses et que c’était pas ma faute, heureusement pour moi, il m’a crut.
Voila l’histoire de mon coming-out, je sais que si j’avais été aux flics balancer mon père, il serait en taule maintenant car on n’a pas le droit de battre son fils comme ça même s’il est homo.
J’ai pas choisi d’être homo mais j’ai choisi de l’assumer même si mon père me croit quand même hétéro, en tous cas il le souhaite, il pense que je vais me marier, avoir des enfants (il rêve !)
Mais j’aime les hommes et quand j’aurais 18 ans et du fric, je me casserais de cette maison et je couperais les ponts avec mon père mais jamais avec ma mère et mon frère.
Je me dis que ma vie commence et que j’ai envie de vivre heureux avec l’homme que j’aime et que dans ma vie il y a des obstacles comme mon coming-out et que je dois vaincre ces obstacles...
Réfléchissez bien avant de faire votre coming-out, c’est un moment important et si vous n’avez pas les bonnes conditions pour le faire alors ne le faîtes pas, attendez le bon moment.
A faire
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