Mon coming out parental :
Bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Malick, j’ai 27 ans, je suis étudiant et je vis en couple depuis 5 ans(avec un garçon, bien évidemment !!). Tout se passe bien avec mes parents ; mais çà n’a pas toujours été ainsi...
Tout commence vers l’âge de 8 ou 9 ans lorsque mon copain de jeux du moment me fait remarquer mon comportement : « pourquoi tu te tords le cul comme une fille quand tu marches ?! », alors là je dois bien avouer qu’il m’avait piqué au vif, et je me souviens avoir répondu agressivement : « j’suis pas une fille !!! » en m’enfuyant chez mes parents ...c’est en tout cas à mes yeux le tout premier souvenir où je me suis senti différent des autres garçons.
Durant mes années de collège, j’étais admiratif devant les garçons plus grands (soit parce qu’ils avaient déjà redoublé, soit parce qu’ils étaient plus précoces que moi !), en tout cas j’aurais aimé être comme eux à l’époque (mais je me doutais déjà que c’était un peu plus que de l’envie !!)
J’étais assez réservé et je restais à l’écart des jeux brutaux à la récré : j’étais plutôt avec les filles, mais je n’ai jamais eu à souffrir de la situation car je n’étais heureusement pas la « tête de turc » de l’école (eh oui, il en faut toujours un ou une, allez savoir pourquoi !).
Puis arriva le lycée : il fallait partir à l’internat dans une grande ville terrible et effrayante, et c’est vrai que les premiers temps loin de mes parents furent pénibles pour moi : je ne connaissais personne et n’étais pas très habitué à aller vers les autres !
Mais avec les semaines qui passaient, j’ai fini par sympathiser avec quelques filles de ma classe, eh oui : les garçons restaient pour moi une curiosité alléchante qu’il ne fallait pas approcher !
J’ai pourtant fini par me trouver un amoureux : le hasard a bien fait les choses...mais je vous raconterai ma première histoire d’amour une autre fois !
Notre relation n’aura duré que quelques mois et ce fut un amour platonique : c’est lui qui à décidé de rompre.
Après cet épisode, je suis devenu très taciturne et passais mes week-end chez mes parents enfermé dans ma chambre à écouter de la musique pour éviter de penser à lui et à mes études qui prenaient une tournure catastrophique : c’était la chute libre...
Finalement ma mère est venue me voir et s’est assise à côté de moi sur mon lit, elle voulait savoir pourquoi çà n’allait pas en ce moment. « C’est rien » lui ai-je dis, mais elle insista : ma mère savait toujours quand je lui cachais quelque chose alors c’était perdu d’avance !
Je me souviens m’être effondré en pleurs et lui avoir dit que j’avais connu un garçon de 18 ans (j’en avait 15) et qu’on s’était embrassé plusieurs fois (mais je lui ai caché que j’en était amoureux car je sentais que c’était bien pire que ces quelques bisous !) .
Sa réaction à été de me rassurer en me disant que çà allait passer et que c’était normal de vivre ça à mon âge, non sans me faire jurer que çà n’avait pas été plus loin que des bisous ! (elle m’avoua des années plus tard quelle avait failli le poursuivre pour détournement de mineur !).
Le problème, c’était comment leur annoncer que çà n’était pas qu’une passade mais bien une réalité :les filles ne m’intéressaient pas du tout sentimentalement parlant, et je ne ressentais pour elles aucune attirance sexuelle ! Pourtant je ne me faisais pas trop de soucis car mes parents étaient cools...
Je les avais même entendu dire une fois qu’ils n’avaient rien contre les homos (dans une discussion entre amis), et que si leur fils leur annonçait un jour qu’il est homo, ils ne le prendraient pas mal...
Durant 2 ans, je ne suis pas parvenu à en parler, ça restait coincé comme un nœud au creux de mon ventre, alors j’essayais de le leur faire comprendre en prenant des attitudes efféminées, en portant des bagues...mais ça n’avait pour seul effet qu’énerver ma mère : on se disputait pour tout et n’importe quoi et je n’avais personne à qui me confier.
Alors, désespéré, j’ai tenté un dernier appel au secours durant des vacances horribles avec mes parents : j’avais 17 ans et j’ai tenté de me suicider en avalant des médicaments...heureusement que j’ai été hospitalisé à temps, sinon je ne serais pas en mesure de vous donner ce témoignage !
Quelques semaines après ça, j’ai dit à ma mère que j’aimais toujours les hommes, que je n’y pouvais rien, c’était comme çà.
Elle a très mal réagit, me disant que si je voulais être comme çà (elle comparait l’homosexualité à de la prostitution), ce serait ailleurs que chez elle et que je pouvais prendre mes clics et mes clacs et ne plus jamais revenir...ce fut un choc car je ne m’attendais pas à celle là !
Ainsi ont commencé pour moi toute une série de fugues plus ou moins longues : j’avais décidé de trouver quelqu’un qui m’accepte tel que j’étais, et au diable les études : je ne savais même pas ce que je voulais faire plus tard et je m’en moquais bien !
A chercher on fini par trouver, et ce ne fut pas long : je décidai de partir avec un couple de restaurateurs d’environ 25 ans de plus que moi. Pour me libérer de l’emprise parentale je serais cuisinier !
Mes parents étaient désarmés et ils n’ont rien fait pour me retenir : ils ont très bien fait car je ne les aurait pas supporté plus longtemps !
J’étais en formation, j’avais un toit pour dormir et deux amants : au début, je ne pouvait rêver mieux comparé à ce que j’avais connu !
Cette relation à durée 2 années qui furent essentielles en m’apportant stabilité et maturité, et je revoyais quand même mes parents une fois par an lors de mon anniversaire.
Après 2 ans d’exil, je suis revenu chez mes parents suite à une violente dispute avec mes ex.(au passage, je déconseille les ménages à 3 !), et ma mère m’a finalement dit qu’elle m’acceptait comme j’étais car elle n’avait qu’un fils et qu’elle ne voulait pas me perdre !
Tout est bien qui finit bien même si j’ai encore un peu d’amertume envers mes parents...
Il en aura fallu du temps, des angoisses et des larmes pour enfin renouer les liens ; mais je suis conscient que cela prend parfois beaucoup plus de temps aux parents pour assimiler l’homosexualité de leur enfant comme normale et faisant partie intégrante de leur personnalité !
Tout ceci pour vous mettre en garde, vous qui vous apprêtez à tout révéler à vos parents : ce n’est pas parce qu’ils ont l’air d’être ouverts d’esprit en ce qui concerne les autres, qu’ils le seront aussi avec vous !
Sur ce terrain là, il faut avancer avec prudence et savoir s’entourer de confidents (amis, famille éloignée...) avant de le dire à ses parents car ça permet d’avoir un aperçu des réactions possibles et des avis différents sur la façon d’aborder le sujet, et donc plus de soutien et d’assurance !
Il me reste à vous souhaiter bon courage à toutes et à tous, beaucoup de bonheur et surtout de l’amour... Gros bisous, à bientôt peut-être !!!
Par : ticarabin