Mais, tout d’abord, reprenons le cours logique des choses (bien que je ne sois jamais logique habituellement).
Quand j’avais dans les 11-12 ans je ne connaissais pas encore ce qu’était l’homosexualité... Mais je ressentais déjà de fortes attirances pour les garçons... Mais tout cela restait trouble car je n’avais pas d’amis ni de copains de classes (c’était les « noires années scolaires » qui ont duré depuis et pendant longtemps).
A cette époque, j’étais facilement rejeté car je faisais trop « intello » et surtout j’étais hyper-timide et puis j’avais un « mauvais caractère »... Mon rejet entraînait une associabilité naissance chez moi ! Mais, déjà, j’étais, inconsciemment attiré par les garçons, c’étaient d’ailleurs les seuls à m’intéresser et je ne me posais même pas de questions, c’était tellement naturel et inconscient...
Puis est venu Z, un garçon que j’ai rencontré alors que je redoublais ma 3ème secondaire générale (système belge... je crois que ça correspondant à la 4ème dans le système français). Il était le premier à m’avoir adressé la parole depuis longtemps (et oui je devenais tellement associal que je ne parlais même plus à l’école et j’étais hyper-turbulent à la maison mais toujours renfermé sur moi-même et très timide).
C’était aussi le premier que je regardais et je suis tombé sous son charme (physique) au premier regard. J’étais « amoureux » d’un garçon pour la première fois ! (et peut être bien la dernière... on verra...). Mais je ne me posais toujours pas de questions... Pour moi, tout ça était naturel et ne me posait pas de problème, à part le fait que j’avais jamais vu un garçon en aimer un autre... On n’en parlait jamais de « ça », nulle part ! (et c’est pratiquement toujours le cas... ou on en parle en mal en général). Je suis longtemps resté sous son charme.
En fait, pendant toute cette année scolaire là et la suivante malgré qu’il ait doublé et que je sois passé en classe supérieure. Il venait souvent chez moi et moi souvent chez lui. Un jour, il était assis sur ma chaise de bureau, occupé à mon PC, moi sur mon lit et j’ai commencé à lui caresser les cuisses... La fiction dépassait la réalité ! Après, lorsque je fus moi-même sur la chaise, il me fit de même. On en resta là... Pour cette fois-là ! Quelques mois plus tard, lorsque j’étais chez lui par une chaude journée de printemps, alors que ses parents et sa sœur étaient partis, nous avons eu notre seul et unique rapport sexuel.
C’est là, en rentrant à ma maison, que je me suis réellement rendu compte que j’était amoureux d’un garçon et que j’aimais les garçons et tout ce qui s’en suit. Ce fut « douloureux » dans le sens où lui n’éprouvait rien pour moi, il avait juste voulu « essayer »... Mais je m’en rendit compte bien tard... J’ai longtemps persisté à croire qu’il était aussi amoureux de moi (projection du soi sur l’autre dans le sentiment amoureux...), j’analysais tout, je l’observais etc...
Puis un an plus tard, je me rendit enfin compte qu’il n’éprouvait rien pour moi et je me suis forcé à l’oublier progressivement, et même à le haïr pour tous les « tours de cochon » (les mauvais tours, en bon français) qu’il m’avait joué. Ah oui, il s’était bien payé ma « poire » mais ça c’était une autre histoire...
Malgré que j’ai découvert mon homosexualité, je ne l’admettais qu’en partie et n’en savais encore que peu de choses. Je me rappelai alors le fameux mot « pédé » qu’un garçon de ma classe à une certaine époque antérieure à Z avait eu la finesse de me dire maintes et maintes fois (et oui les « étiquettes » et même « affiches », dans mon cas, ça se colle vite et n’importe où, c’est pire que les champignons sur un « cadavre » de pomme en décomposition en pleine forêt (vive la comparaison mdr)). Ce fût une sorte de « choc » lorsque je découvris pour la première fois les connotations dénigrantes se cachant derrière ces simples deux lettres... « PD ».
Il s’agit d’un mot que je hais toujours actuellement, tout comme les propos et les blagues homophobes en tout genres, aussi « légers » soient-ils. Les « blagues sur les pédés », je les hais tout autant : elle ne contribuent qu’à véhiculer des clichés sur les homos et à renforcer l’homophobie et l’hypocrisie sociales latentes.
La rencontre avec Z se fit en 1998-1999. Lors de mon entrée, en 2002, en 5ème, je découvris une nouvelle classe, où je fus plutôt bien accueilli dès le départ, notamment par Renaud et Annelise, que je ne remercierais jamais assez. Ils ont fait le premier pas, à une époque où j’étais méga-timide et n’osais pas broncher mot. Renaud (et Annelise par la même occasion) me parlèrent sur le « chat » (MSNM pour les connaisseurs) et je finis par leur « révéler » mon homosexualité au bout d’un moment.
J’étais alors dans une période de deuil de mon amour pour Z et très instable émotionnellement (enfin ça je le suis toujours...). Ils ne changèrent rien à leur attitude et le prirent assez bien. Ce fût ensuite progressivement une grande partie du reste de la classe qui l’appris... Ceci dit, j’en ai jamais vraiment su parler en classe... Car les réactions homophobes y sont bien présentes encore (venant surtout de quelques « oiseaux spéciaux » : machos et autres du style) et je ne me sens encore actuellement pas assez à l’aise, bien que ça évolue un peu, j’ai encore un peu de difficulté d’en parler non pas tant parce que je ne l’accepte pas (je l’accepte complètement) mais tant par la peur des réactions des autres (je n’arrive pas encore à me foutre du regard des autres).
J’ai aussi fait connaissance, à l’époque, un peu plus tardivement, de Salvatore, qui est indéniablement mon meilleur ami. Il est super gentil et sympa, il aime le rock (et me l’a fait découvrir), il est cool-relax-pépère, il est aussi timide (bien que lui arrive à surmonter bien mieux que moi sa timidité) et je l’adore trop ! (non j’en suis pas amoureux je vous assure... ce serait un vrai cauchement mdr, être amoureux d’un hétéro, « beurk » !). Lorsqu’il l’a appris mon homosexualité par l’entremise de mon pseudonyme de l’époque sous le « chat », il a d’abord eu un choc (c’est un peu normal...) et puis l’a tout de suite très bien pris et d’ailleurs m’aide toujours à surmonter mes « difficultés » avec mon homosexualité. Mon seul regret serait peut-être de ne pas arriver à parler « mecs » avec les filles (j’ai jamais vraiment eu d’amis ou d’amies avec qui je parle beaucoup, chez qui je vais etc... bien que maintenant cela change...).
Ensuite (enfin la dernière partie, enfin j’espère mdr !), le coming-out « sérieux » suivant, fût celui à mon père ! Et là, c’est le « pompon » ! Un mercredi soir, revenant du Karaté, la voiture s’arrête car le feu est au rouge, on est à l’entrée du centre de la ville, et là je lui dis d’un coup : « Papa, je suis gay » ! J’en reviens pas moi-même et me sens en même temps gêné (qu’est-ce qu’on a l’air con quand on dit ça... on devrait même pas avoir à faire ce foutu « coming-out », en voilà encore une de discrimination !) et là il me répond : « C’est bien. N’en dis rien à maman ni à F » (F est mon frère). Sur le moment je me dis, comme un con : ouais super il l’a accepté... En fait, je me suis complètement planté !
J’aurais dû à l’instant même me rappeler que ce « vieux bougre » est un raciste, xénophobe et homophobe (heureusement assez passif, donc uniquement verbalement). Un extrêmiste en puissance mais qui ne fait que sommeiller et qui rejette (curieusement) le Front National Belge et le Vlaams Blok... (allez savoir pourquoi). Heureusement qu’il n’a tout de même pas foutu à la porte mais c’est pratiquement comme...
Je suis écoeuré et ne sais que faire. Je ne supporte vraiment plus les tensions à la maison (d’autant plus avec les « emmerdements » créés par mon frère), l’homophobie latente, les blagues à 0.2 € sur les « pédés », les allusions (parfois perverses), etc... Le climat est insoutenable, entre mon frère et ma mère qui ont la maturité d’un enfant de 3 ans et qui sont aussi « homophobes » que mon père... J’en ai marre de TOUT, j’en arrive à broyer du noir en continu, à penser au suicide (enfin ça va mieux maintenant, notamment grâce à Salvatore), et même à développer de l’hétérophobie (ben oui, à force de ne voir que de l’homophobie on finit par devenir hétérophobe...) et je sais plus quoi faire ni penser. De plus avec mes 20 ans, mon demi-coming-out mal supporté à mon père, ma famille qui ne le sait pas du tout, mon poids excédentaire et le fait de n’avoir jamais eu de petit ami (c’est frustrant de ne pas connaître l’amour, le vrai, le réciproque, je vais finir par faire une grosse soupe... (au moins j’aurais de quoi nourrir des divisions entières de clowns souffrant de crises chroniques aiguës des zygomatiques)
Daniel de Belgique
PS : Désolé pour ce roman-fleuve l’eau de rose... très noire (ils ont enfin réussi à la créer ? si non, moi oui semble-t-il !) mais j’ai pas l’art de la synthèse !! Merci pour ceux qui ont lu jusqu’au bout !
PS2 : MonChoix.net vous êtes formidable, je vous lis tous les jours sans exception, au même titre que sont d’ailleurs formidables les visiteurs réguliers (membres ?) de ce site, et bravo à toi Mady et tous les autres parents qui soutiennent leurs enfants dans leurs difficultés rencontrées à cause de l’homophobie et non de l’homosexualité.
A faire
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