Habitant au fin fond de la Vendée, vous pouvez présager dans quelle situation je me trouvais. Si mon identité sexuelle ne me posait aucun problème, dans ma propre conscience, en revanche, il m’était impossible de ne pas le cacher. Mes parents, comme toute la commune où je vivais ne devait pas connaître mon homosexualité. L’homophobie, omniprésente, risquait de compromettre mon avenir déjà si hasardeux.
J’avais donc décidé, dans un premier temps, d’attendre la fin de mes études supérieures pour tout leur dire. J’avais alors déjà 20 ans. Il m’était de plus en plus difficile de cacher ce dont j’étais de plus en plus fier. C’était une partie de moi, et de ce fait, je ne pouvais le nier.
Lorsqu’arriva alors une opportunité invraisemblable. Après avoir été troublé par la diffusion d’un film que certains connaissent déjà sous le titre « Juste une question d’amour », relatant la vie d’un jeune gay face à l’incompréhension de ses parents, je décidai donc de récolter un maximum d’informations. J’allai donc sur le net, et trouvai par hasard le site de « ça se discute ». Un appel à témoin attisa ma curiosité. Ils recherchaient des personnes ayant un rapport étroit avec le mensonge. Voyant tout à fait la relation avec ce que je vivais jusqu’alors, je répondis donc à cet appel. Le lendemain, on me proposa de témoigner dans l’émission.
Avant de monter à Paris, je téléphonais à mes parents pour tout leur annoncer : que j’allais participer à une émission et que j’étais gay depuis toujours. Leur réaction furent violente. Je montais ensuite à Paris enregistrer l’émission. Une semaine après, c’est-à-savoir le mercredi 9 février 2000, 5.5 millions de téléspectateurs ont eut l’occasion d’assister à mon coming-out grand public.
Le lendemain, ma mère m’a traité de tous les noms d’oiseaux, voir même d’assassin. Puis on perdit contact. Elle fit ensuite une dépression pendant un mois. Au bout de trois mois, nous reprîmes contact. A présent, mes parents sont de nouveau derrière moi. Ils ont encore du mal à entendre des mots tel que « gay », « homosexuel » ou encore « petit ami », mais les choses ne font que s’améliorer désormais. Aujourd’hui, du haut de mes 22 ans, j’ai écrit mon aventure sentimentale sous forme de roman. On croît tous que nous sommes différents, mais au fond, nous courons tous, malgré notre originalité, vers la même histoire d’amour… !