Je me rapelle encore de son nom, je me rapelle encore de son visage et de moi, me découvrant ainsi.
Dans un petit village perdu au milieux du desert humain, là, arrivé depuis trois jours, je ne savais vraiment pas si j’allais pouvoir supporter ce vide, moi, le garçon des villes. Mais il était là et sans qu’il n’y ait rien eu entre nous je le savais dès lors (et autant qu’on puisse le savoir à cet âge) : j’étais une de ces fleurs de narcisse.
Le temps passa, les chances de lui avouer l’obsession que j’entretenais à son égard aussi... Ce fut la plus grande de mes obsessions. Mais la ville m’appellait déjà. Ironie du sort, je trouvais à ce moment là qu’il était peut être trop tôt (ou trop tard alors), enfin que ce n’était pas le bon moment pour partir, je ne pouvais pas partir non, ce n’était pas la bonne époque, le bon jour, j’avais choisi ce jour pour tout lui avouer. Sur le chemin du retour je pleurais de grosses larmes en moi. A vrai dire chaque jour était le jour choisi pour tout avouer.
De retour à la Ville, il s’en fallut d’un an et de quelques poussières de temps pour que je me remette plus ou moins. Je ne suis pas sûr de l’interet de raconter ce qui s’en suivit ; petites histoires sur petites histoires. Des mois de folies, d’opulence sexuelle et surtout de pauvreté affective. Mais un point positif, je me suis assumé vis à vis de moi et de ceux qui m’aiment ainsi. Je peux (inédit !) regarder un homme qui me plait sans mauvais sentiment envers le monde.
Le point final de cette "envolée sauvage" fut enfin la trouvaille de ce que je cherchais. J’ai dû bien trop en faire puisqu’il s’évopora au bout de trois semaines, lui avec ma grosse valise de projets et de bonheur. Retour à la case départ, sans toucher mon dû : un retour à la source en somme.
Encore 8 mois, vide sans personne. Le peu que j’ai tenté me tintait ’moche’ en moi. En effet j’ai dû être bien moche à courir après de si petites choses. Mais me voilà aujourd’hui, je suis sans personne... ou presque. Je recommence à zéro avec juste quelqu’un de bien, d’ici que ça dure je n’en sais absolument rien mais voilà mon vrai coming out, le plus difficile, le plus long n’était pas celui où je disait à qui voulait l’entendre "voilà je suis gay" mais bien celui où j’accepte en moi et vis-à-vis des autre "voilà je vais vieillir gay" seul ou accompagné mais en essayant d’être plein et heureux ainsi... Alors l’amour, aujourd’hui ou demain, si c’est vraiment l’amour, qu’importe. Il y à beaucoup à faire pour s’occuper dans une vie, et attendre, là, à ne rien faire à part à penser, lobotomisé par cela, sincerement, ça ne fait qu’étaler et rendre plus plat le temps qui nous est offert. ;-)
Par : neil