Situer un peu : de 10 à 17 ans, de 95 à 2002 à bordeaux, j’en parle à mes parents et à mes ami(e)s, les réactions sont bonnes et mauvaises
Mon histoire
Bonjour à tous et à toutes,
J’ai commencé à ressentir de l’attirance pour l’homosexualité à l’âge de 10 ans et demi, à mon entré en 6ème. J’ai toujours été attirée par des gars qui étaient gays, dès que je craquais sur un gars il était gay. Un jour je regardais la télé, un film qui racontait l’histoire d’une jeune fille de 16 ans, qui été attirée par son prof de piano, qui lui même était gay, à la fin du film le prof. de piano dit à la jeune fille : tu sais les filles qui sont attirées par les gays, sont homosexuelles au fond d’elle. Ce film m’avait fait vraiment cogiter.
A l’époque j’étais attirée par une fille de ma classe Aurélia, je n’en avait parlé à personne. Personne, de toutes façons je n’avais personne à qui parlait. J’avais une seule et unique amie Audrey. Je ne voulais pas accepter le fait que j’étais attirée par les filles, je ne m’acceptais déjà pas physiquement, car j’étais petite, grosse et vilaine. Les gens se moquaient déjà de moi par rapport à mon physique, je ne voulais pas qu’ils se moquent aussi de mon attirance pour les filles. Puis j’ai oublié l’idée que j’étais attirée par cette fille Aurélia, de toutes façons elle était hétéro.
Ensuite j’ai redoublé ma 6ème, même topo, les gens se moquaient toujours de moi, même situation, en plus, une nouvelle amie Camille. J’étais toujours amie avec Audrey. Attirée toujours par une fille, Eloïse. Classe de 5ème même situation.
Je suis arrivée en 4ème, là où je me suis vraiment dit, bordel tu es réellement attirée par les filles. Je m’étais fait plusieurs amies filles et je commençais à avoir des amis garçons. Je ne m’acceptait toujours pas physiquement, de plus j’avais beaucoup de problème à la maison. Toujours personne à qui parler, peur de la réaction de mes amis, peur de les perdre. Je ne pouvais pas parler à mes parents, car nous n’avions jamais parlé ensemble, même pas de sexualité, même pas d’adolescence, de rien du tout. Mon père était toujours partit chez sa maîtresse, et ma mère souffrait, elle ne me parlait jamais. Quand je rentrais le soir, j’étais seule, personne à qui parlait, pour seul compagnon un journal intime dans lequel je me lâchais, dans lequel je parlais de mon attirance pour le même sexe. Je ne m’acceptais toujours pas physiquement, j’étais tombée dans la boulimie depuis la 5ème, j’avais fait des tentatives de suicide car je ne voulais pas vivre dans ce monde que je qualifiais de monde de merde.
Ensuite je suis arrivée en 3ème. Changement ... Je suis tombée dans une classe superbe, où tout le monde était mes amis, où j’avais de bonnes notes, ... Je n’allais toujours pas bien au fond de moi, mais je me sentais mieux en apparence. J’ai vraiment eu de bonnes amies Isa, Audrey, Carine, Camille, et beaucoup d’autres. J’étais vraiment mieux. Mais là je suis tombée malade, une anémie, qui m’a coûté 6 mois au lit. J’ai dû suivre des traitements longs.
A cause de cette maladie, j’ai loupé mon année, et j’ai redoublé ma 3ème. Toutes mes bonnes amies sont parties au lycée. Je suis arrivée dans une classe où je connaissais personne. Je me suis fait vite des amies, notamment Flore. Entre temps j’ai rencontré une fille Joanna, qui était lesbienne, je me suis sentie proche d’elle, je là questionnais sur ses relations avec les filles, et un jour je lui ai avoué que je sentais que j’étais attirée par les filles, elle m’a dit : si tu sens que tu aimes les filles, sort avec une fille. J’ai commencé à prendre confiance en moi. Je me suis lancée pour parler, j’ai parlé de mon attirance pour les filles à Flore, je pensais qu’elle était vraiment une bonne amie, et elle a trouvé le moyen de me trahir, elle en a parlé à tout le collège, j’étais la grosse lesbienne du collège, voila comment les gens me surnommait. Alors j’ai tout plaqué, j’avais mon brevet, alors je suis partie du collège en mai 2001.
J’avais eu ma première relation homosexuelle en mars 2001, ça m’avait énormément plus, alors je suis sortie avec d’autres filles, mais j’avais peur, alors je me cachais, je ne voulais pas me montrer dans la rue.
En octobre 2000, mes parents se sont séparés, j’étais forcée de vivre avec ma mère. Je ne voyais mon père que le week-end et le soir de temps en temps j’allais manger chez lui, car il habitait pas très loin de chez ma mère. Un jour en avril j’ai présenté mon copain, oui oui copain, à mon père, ça n’était pas le premier gars avec qui je suis sortie. Et on était à table, mon papa et moi, et il m’a dit : ton copain il sait que t’as un look particulier, il sait que t’as une façon de penser particulière aussi ??? Que t’as un esprit qui se mélange entre gothique et hippie (oui drôle de mélange !!!). J’ai répondu non à mon papa. Il m’a dit : mais en générale les filles comme toi sont lesbiennes. Et j’ai dit : ou bi ... Et il m’a dit : tu es attirée par les filles ??? J’ai répondu : oui. Et il m’a dit : je le savais, pour moi ça change rien, je trouve ça même super bien. C’est mon papa qui m’a redonné confiance en moi. De cette confiance j’ai voulu en parler à ma mère. Autre topo ...
Juin : j’ai été à ma deuxième Gay Pride, j’avais eu des prospectus pour des bars gays et lesbiens. J’étais avec une amie Alice, et on allait à la fête du Fleuve (la Garonne, petite fête où il y a des présentoirs de bouffe, de jeux, et des estrades avec de la musique. On était dans la voiture de mon beau père, avec ma mère. Et j’ai demandé à ma mère où se trouvait la rue truc, qui était en fait la rue du bar, elle m’a dit : dans le quartier derrière le quartier des Antiquaires, mais c’ets le quartiers gay par là. Je lui ai dit : oui, c’est la rue d’un bar gay, dans lequel je voudrais aller. Elle m’a balancé : parce que tu traînes dans les endroits de pd et de guines. Je lui ai dit : oui maman, je suis bi. Elle a hurlé : ma fille est une sale guine, une sale guine. Mon beau père en a rajouté, alors j’ai laissé tomber.
L’été 2001, à été le moment où je l’ai dit à mes amies du collège. J’ai raconté tout à mes amies, à Audrey, Isa, Carine, Camille, ... Et elles l’ont toutes bien pris. Et j’étais contente de voir que mes amies m’acceptaient.
Septembre 2001, entrée au lycée, nouvelles têtes, nouvel environnement, ... Là j’ai fixé les choses directs, quand on me demandait si j’avais un copain, je disais : oui (car à ce moment j’avais un gars), je suis bi et je préfère les filles. Personne ne l’a mal pris, tout le monde m’accepte, et ça c’est la meilleure chose au monde.
Maintenant je suis fière d’être bi, d’aimer les filles, je dis haut et fort à qui veut l’entendre que je suis bi et que je préfère les filles. Je sors dans les bars et dans les boites gays. Je m’accepte pas trop physiquement, mais j’accepte mon look punk goth, je m’assume pleinement, je suis épanouie et heureuse. Ce qui me regarde mal, ben pour moi ils n’existent pas. Je dis fuck à tous les gens qui sont contres les différences, merde on vis en 2002, tous les gens sont différents, il faut accepter les différences.
Après plusieurs années de galère, maintenant je vis pleinement, les gens m’acceptent, je mène la vie qui me plait, je suis dans un lycée en arts et ça me plait. La vie me sourie à nouveau, même s’il y a des coups de blues, mais ça, ça arrive à tous êtres humains, on ne peut pas vivre sans eux.
Alors je dis : acceptez vous, fuck à tous les gens qui sont contre les différences, vivez votre vie comme vous l’entendez.
Je vous embrasse tous et toutes.
Courage à vous.
Flo