On passera sur les témoignages de spectateurs hostiles (une femme divorcée en plus !) qui déniaient aux homosexuels le droit d’être parent quand ils adoptent car ils n’ont pas conçu l’enfant…. On aura même remarqué la bonne tenue des débats qui ont évité les clichés. Au niveau des positions des intervenants, on peut noter que sur France 5, trois des quatre intervenants y étaient clairement favorables (un psychiatre, la présidente de l’APGL – -Association des Parents Gays et Lesbiens -, une représentante du Conseil de l’Adoption). Sur France 2, il y avait deux psychiatres d’avis opposés et deux pères (l’un avait adopté et l’autre avait pratiqué la coparentalité).
La seule personne qui était plutôt hostile était le psychiatre Jean-Pierre Winter (présent sur les deux émissions) : son argumentation se basait sur l’absence de recul nécessaire pour juger des résultats essentiellement. Les risques qu’il présentait sont l’absence de référent des deux sexes. Tous les autres intervenants ont contesté ce point de vue, rappelant que la différence des sexes ne se faisait pas forcément par les parents mais plutôt par la fréquentation d’hommes ou de femmes à l’extérieur.
En France, une seule étude a été menée par Stéphane Nadaud avec l’université Bordeaux II. Cette étude conclut à l’absence de différences notables sur le comportement des enfants. Jean-Pierre Winter a critiqué cette étude, lui reprochant de prendre appui sur l’APGL, association dont l’avis n’est pas neutre sur la question pour lui. Mais, premièrement, c’est quasiment la seule association où on peut avoir des exemples. Quoi qu’il en soit, les parents homosexuels auront toujours tendance à défendre l’adoption ou la coparentalité. D’autre part, pour Nadaud, cette association est en province assez peu militante et ses buts sont d’ordre pratique (aider les homosexuels à adopter ou à trouver une personne pour une insémination artificielle et ensuite élever l’enfant).
Toutefois, la position de Winter n’était pas hostile par principe. Il s’agissait plutôt de l’expression d’un doute quant aux risques. Les parents homosexuels peuvent être porteurs d’amour comme n’importe quel parent. Espérons juste que l’irruption de ces débats à la télévision soit prémonitoire d’un changement dans les mentalités.