J’avais oublié....
La vache...
J’avais oublié....
Je n’en reviens pas...
J’avais oublié que j’étais homo. C’est aussi simple que ça. Comme, j’imagine, un hétéro l’oublie aussi, tant cela va de soi. Je suis devenu homo « par défaut » sans m’en rendre compte. J’en suis tout retourné car cela dépasse de loin tout de dont j’ai pu rêver. Est-ce que c’est ça l’aboutissement, le signe de l’acceptation totale ? Est ce que ça veut dire que je ne suis plus atteint de cette maladie sournoise appelée la « honte de soi » ? Ai je enfin trouvé ma place ?
Mon cher et tendre y est sûrement pour quelque chose, ainsi que mes proches. Sans oublier ces 12 articles publiés sur monchoix.net. Il y a encore un an, je commençais ces « chroniques », sans trop savoir pourquoi. Les mots comme « homo » ou « pédé » n’y apparaissaient pas, ou alors en demi-teinte. Et, aujourd’hui, j’en arrive à oublier ce fardeau que je croyais devoir porter toute ma vie, châtiment injuste d’une faute inconnue.
Je crois que j’y ai repensé car je suis rentré en France pour quelques jours. Et qu’y a t’il dans ce pays, outre des fromages et un paquet de gens malpolis ? Mes parents... J’ai lu récemment un texte de Mady où elle parle de ses enfants, de sa peine, ses peurs. C’est assez bouleversant de voir de l’autre côté de ce miroir tant redouté. Mais, malgré toutes ces larmes, l’amour est bien là. Elle aime tant ses enfants que j’ai peu de doutes quant à l’issue heureuse de cette période de doutes et de craintes intenses.
« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour » disait Malraux (ou Cocteau, je ne sais plus). Alors, aurais je suffisamment d’amour pour faire confiance à mes parents et tout leur expliquer ? Le départ. Pourquoi je ne suis pas rentré. Pourquoi ils doivent être heureux. Sûrement...Et eux pour accepter ? Espérons. Je suis bien aujourd’hui...Ni fier, ni honteux d’être homo. Ni fier, ni honteux d’être différent. Pas trop ghettoïsé (je pense), ni trop caricatural (j’espère). Juste là, au milieu de tout le monde. Heureux. Avec la vie que je voulais.
Alors, quel bilan tirer de cette année écoulée ? Le sentiment d’accomplissement, le sentiment d’être soi, d’être heureux, d’être à ma place, entouré de M. et de mes proches. Juste le sentiment que tout s’est arrangé et qu’il faut y croire.
Et c’est bien connu, le bonheur, c’est un peu ennuyeux...Donc plus grand’chose à vous raconter, je crois...
M. vient de rentrer dans la pièce. Sans aucun doute, je peux décréter que je l’aime. Il est tout gentil, tout doux, tout beau. Est ce le bon ? Et mes parents ? Et cette fuite loin de chez moi ? Et quelle vie j’aurais dans 3 ans ? Et mes amis ? Et le boulot ? Pas mal de doutes, de questions mais sans grands rapports avec mon homosexualité...C’est peut-être ça la « vraie vie »...
Alors, un petit « au revoir à tous » s’impose...
Et un très sincère « merci »...
Sylvain