Tout est parti d’un simple constat : pourquoi ne suis-je pas plus heureux alors que j’ai tout ce dont j’ai toujours rêvé ?
Une copine m’a alors envoyé cette citation miraculeuse :
"Dans chaque histoire d’amour fou, il y a un tournant ; cela peut venir plus ou moins vite mais en général cela vient assez vite ; la plupart des couples ratent le tournant, dérapent, font un tonneau et vont s’écrabouiller contre le mur, les quatre roues en l’air. La raison en est simple : contrairement à ce qu’on avait cru pendant les premières heures, les premiers jours, tout au plus les premiers mois de l’enchantement, l’autre ne vous a pas métamorphosé. Le mur contre lequel on s’écrase après le tournant, c’est le mur de soi. Soi-même : aussi méchant, mesquin et médiocre qu’auparavant. La guérison magique n’a pas eu lieu. Les plaies sont toujours là, les cauchemars recommencent. Et l’on en veut à l’autre de ce qu’on n’ait pas été refait à neuf ; de ce que l’amour n’ait pas résolu tous les problèmes de l’existence ; de ce que l’on ne se trouve pas, en fin de compte, au Paradis, mais bel et bien, comme d’habitude, sur Terre." (Nancy Huston)
Alors, là, je n’en reviens pas : on nous aurait menti ? Ce n’est pas parce qu’on a trouvé l’Amour avec autant de grands « A » que possible que tout va s’arranger ? Où est passé le « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » dont on nous tartine et retartine les oreilles à ras bord depuis des lustres ? Salope de Blanche-Neige !!! Tu ne perds rien pour attendre !!!!
Je me demande depuis un certain moment pourquoi j’ai quasiment toujours été heureux, malgré ces peurs terrifiantes qui me clouaient au sol et m’empêchaient d’avoir "une vie" comme mes amis. En fait, de vie, j’en avais une. Une vraie, contrairement à ce que je croyais. Pour mes amis. Pour ma famille. Pour moi aussi. Je ne suis pas né en faisant mon coming-out. Je commence donc à comprendre l’origine de ce malaise insidieux qui me ronge depuis peu : je me sens mal car j’ai l’impression d’avoir perdu mes liens, mes racines vers mes proches, ceux qui comptent. Il me faut aussi me réapproprier mon passé, oublier l’idée absurde que j’ai radicalement changé.
Ma vie ne se résume pas à moi, mon mec et ma maison. Le matérialisme ambiant m’a atteint. Ou plutôt, je l’ai laissé m’atteindre...
Je suis rongé par un égoïsme que je ne crois pas être mien. Ma relation avec M. m’a changé un peu, c’est vrai. J’ai appris pas mal de trucs sur moi, accepté un bon paquet de choses. Mais je ne suis certes pas métamorphosé. Alors, comment trouver cet équilibre entre soi, l’Autre et les autres ????????? Les livres ? Le boulot ? La famille ? Les amis ? Un psy ?
Comment éviter tous ces écueils ? Ne serait-ce pas au travers des Autres que je vais pouvoir consolider ma relation avec cet homme formidable ? Comment résister à la tentation de s’enfermer avec lui dans une bulle ?
Cette même amie qui m’a envoyé la citation pense que « notre insatisfaction chronique provient du fait que nous ne nous engageons plus au sein des hommes et du monde ... que nous vivons en grande majorité pour nous-mêmes mais finalement, c’est assez peu enthousiasmant, nous avons besoin de quelque chose de plus vaste, de plus noble, qui rejoindrait une certaine transcendance » (elle parle bien, non ?).
Peut-être. Sûrement.
Maintenant que ce constat est fait, comment se dépatouiller avec tout ce beau bordel ?
La suite dans le prochain épisode...