Tu n’y avais pas pensé, mais après avoir tourné et retourné le problème dans ta tête, tu t’es rappelé que l’homo est plus fêtard que l’hétéro (souviens-toi, tes parents qui te rappelaient que l’homo avait tout loisir pour s’amuser telle la cigale, parce qu’il se retrouvait fort dépourvu de moutards emmerdants à s’occuper) et que donc il passait ses soirées à s’amuser dans des lieux de débauche. Et là-dedans, doit bien se trouver le prince charmant. Tu te décides donc de sortir un samedi soir. Tu sélectionnes ta boîte après avoir fait des visites comparatives et recherché la boîte où le prince charmant ira. Tu remets la belle chemise flashy qui met ton corps en valeur (la même que tu n’as pas remise depuis la mémorable soirée avec cet hétéro super mignon), le parfum Calvin Klein (euh le slip aussi d’ailleurs, mais ça je ne suis pas censé l’écrire) et zou, tu es enfin prêt pour cette soirée mémorable. Non, le quatrième commandement n’est pas : "ne confonds pas marque de ton slip et de ton parfum." ;-)
Bien sûr, tu arrives bien en avance et il n’y a pas encore grand monde quand tu arrives. Il y a bien un garçon mignon là-bas, mais tu n’oses pas aller l’aborder. Tu t’élances sur la piste de danse et insensiblement avec une maladresse touchante, tu te rapproches de ce corps si charmant. Boum, c’est lui qui t’aborde avec ces deux mots magiques : "Calvin Klein ?". Tu bondis sur l’occasion et tu lui réponds tout de go : "Toi aussi, tu mets le même parfum ?". Et lui avec un sourire adorable t’envoie gentillement : "non, ta braguette est ouverte." Tu rougis et tu t’éloignes à grands pas de cet éphèbe en remontant discrètement ta braguette. Et le quatrième commandement (le vrai cette fois-ci) : "sois sublime jusque dans le moindre détail."
M’enfin, tu ne te décourages pas pour si peu et avec ta braguette fermée, tu repères un charmant jeune homme en tee-shirt moulant blanc qui danse comme un dieu. Tu fonces tête baissée et oh miracle, tu te retrouves en face à face. Tu commences à lui parler avec le plus beau sourire que tu peux lui sortir, mais lui te réponds avec un sourire désolé plein de compassion : "désolé, je suis hétéro". Et ton rêve s’écroule. Tu t’imaginais déjà signant le PaCS, avec un adorable petit appartement en commun, et plouf, tout tombe à l’eau. Tu repars tête basse, complètement défait en te lamentant. Cinquième commandement : "même dans les lieux gays, il subsiste des hétéros, des hétéros qui ont le physique de l’homo, les vêtements de l’homo, l’humour de l’homo, mais qui (bouh, c’est trop triste !)sont des hétéros."
Tu finis ta soirée désespérée, accoudé au bar en matant le sublime gogo dancer qui se trémousse sur des rythmes endiablés. Ah la la...