Monchoix.net a rencontré pour vous un bénévole d’AIDES de l’antenne de Pau, afin d’échanger quelques idées avec un acteur qui chaque jour lutte contre la maladie. Cette rencontre a permis de mieux appréhender le sujet par la suite et de mieux comprendre la situation actuelle. Nous remercions donc Serge pour sa participation et ses très bons conseils.
1- Sentiment au sein de l’association de Pau ?
A titre personnel, on a fêté l’anniversaire des 20 ans et le constat à titre personnel c’est que c’est un échec.
Pourquoi ?
On n’arrêtera plus le sida. En 2020 les estimations conduisent à 500 millions de contamination. Il n’y a plus d’échéance. C’est donc un constat d’échec dans son rôle de militant, mais on n’est pas maso. Si on n’était pas là on pense qu’il y aurait plus de morts. Au bout de 20 ans tout est à reprendre. L’urgence est à tous les niveaux. On a oublié l’histoire du SIDA.
2- Un constat : Encore aujourd’hui certaines personnes découvrent leur séropositivité lorsqu’elles tombent malade ?
Oui, il y a un gros problème ! 25% des séropositifs ne suivent pas de traitement aussi !
3- La peur de la contamination existe t-elle toujours ?
La peur irrationnelle, on parle plutôt de la notion de risques. La notion de risque est plus personnelle, certains voient dans le risque une forme de plaisir. L’échelle de peur est personnelle, pour certains telle pratique sera sans risque, pour un autre elle sera de risque faible. D’ailleurs l’affiche de AIDES avec les différents pictogrammes permet à certains de mieux se situer, et les poussent à se poser des questions.
Comment ça ?
Si tu veux on peut faire le parallèle avec la sécurité routière, tout le monde connaît les risques de la conduite, mais par contre tout le monde ne met pas de ceinture de sécurité. Les personnes ne sont plus au courrant. On nous pose les mêmes questions qu’il y a 20 ans !
Un petit exemple ?
« Est-ce que les moustiques transmettent le SIDA ? »
4- Les politiques de prévention sont-elles à l’épreuve des différents phénomènes que l’on observe dans le milieu gay ? ( Barebaking et relâchement )
Non, les homosexuels sont une population encore surexposée au niveau des chiffres. Les politiques de prévention ne sont pas encore assez claires, pas assez ciblées. Du coup la population homosexuelle a du mal à s’identifier. L’autre problème c’est qu’on connaît aussi bien un relâchement au niveau des prises de précautions, mais aussi au niveau des politiques de prévention.
Je voulais reprendre ce que j’ai dit à propos de l’importance du message. Si on prend un toxicomane, le ministère de la santé lui dit qu’il a 400 fois plus de risque qu’un homo d’attraper le sida ! Le message n’est pas clair : un toxicomane n’y comprend rien, il n’a pas de référence homos, et je doute fort qu’un homo aimerait servir de référence ! Il y a pire encore, au moment de la coupe du monde : « Il y a une déclaration de SIDA toutes les 2 heures, Une coupe du monde tous les 4 ans » … Que cela soit pour les homos ou pour toutes les autres personnes le problème vient sûrement des messages pas assez clairs et ciblés.
Exmple de message ciblé :