La fidélité s’impose comme un modèle assez rassurant et tranquillisant. Rassurant vis-à-vis de l’image sur laquelle elle nous renvoie, celle du couple classique et traditionnel, tranquillisant vis-à-vis du SIDA. Doit-on être fidèle ?
La fidélité comme synonyme de sécurité et de stabilité
La fidélité est le terrain propice à l’épanouissement du sentiment amoureux, ciment du couple.
La communication comme moyen de vivre librement sa sexualité
Vous avez sûrement entendu certaines personnes dire qu’elles restent fidèles à leur partenaire lorsqu’elles vont coucher avec d’autre(s). Elles se justifient par le fait que leur compagnon est au courrant. Dans les cas d’infidélité, le couple a beau communiquer, de savoir et discuter sur les tromperies, elles ne font pas la fidélité et ne font pas supporter davantage ce qui blesse. Il n’en demeure pas moins que si au moins l’un des deux n’est pas d’accord sur ces attitudes-là, il y a toujours dans ces histoires un mec qui respecte et un autre qui ne respecte pas. Et ça, ce n’est pas tolérable. Si les deux sont d’accord (ce qui est rare) je ne vois pas de problème mais qu’on ne vienne pas parler de fidélité. Mais si ce n’est pas le cas, celui qui a chaud au cul doit se retenir par respect pour son compagnon ; il lui doit bien ça, après tout. L’amour vaut bien ça, non ?
La fidélité comme moyen de construire son couple
Il faut être fier d’être réservé à la personne que l’on aime. Même si notre besoin sexuel nous dépasse quelque fois, on peut quand même s’efforcer de regarder d’autres garçons et s’arrêter là. La sexualité se vit dans le couple, il faut en parler, discuter de nos fantasmes, on se décrit ce qui nous plait ou pas, bref, on se donne ce que la nature humaine permet. Sinon, je n’ai qu’à rester célibataire, ne rien construire, être toujours en train de courir après le vide et dans le vide, ne jamais être satisfait, baiser de tous côtés et puis ensuite ? La vie et l’âge adulte c’est aussi de gérer les contraintes pour aller plus loin dans la satisfaction que l’on construit. Une vie construite et riche, l’amour, les plaisirs d’un quotidien, ça se mérite et ça se construit, ça ne tombe pas du ciel. Le sentiment et les choses sensibles, le partage des bonheurs comme des malheurs ce n’est pas du cul. Le cul est important mais c’est dommage de le vivre à l’extérieur et de détruire ce que l’on pourrait développer à l’intérieur. Peut-être que ces personnes là ne le savent pas ou alors elles ont peur de s’investir et de se découvrir, de se dévoiler plus dans leurs faiblesses et leurs forces.
La fidélité : limitation de l’intimité au couple et non pas à la place publique
L’intimité doit être celle du couple et pas un partage public ! Les idées de hippies n’ont pas fonctionné. Ces derniers se sont détruits le moral et leur identité. En dehors de la fidélité du couple, le reste c’est de la baise infidèle tout de même !
Trouver des excuses à celui qui trompe
Lorsqu’on se trouve trompé, on cherche des excuses à son compagnon. C’est juste une histoire de cul, moi il m’aime c’est le plus important. Cela ressemble à du sacrifice humain de trouver toutes les excuses à celui qui trompe... en réalité c’est un mécanisme de défense qui s’appelle la "rationalisation" et qui fait que l’on trouve toutes les excuses possibles à l’autre parce que la réalité nous est intolérable, c’est une façon de ne pas péter les plombs ou de ne pas lui péter la gueule.
L’infidélité comme moyen de se prouver qu’on est toujours en phase avec le "marché" !
Il existe aussi des mecs qui doivent toujours se prouver leurs performances sexuelles et séductrices. Ce sont des blessés du narcissisme et de l’image de soi. Ils auront toujours besoin de conquérir tant qu’ils ne se seront pas soignés. Ils ne se sentent valorisés que sur l’action de séduction et l’aboutissement est le rapport physique puisque l’on cherche à coucher avec ceux que l’on désire. Si tu couches avec moi, c’est que je suis désirable. Ensuite, comme ils n’ont pas d’équilibre au fond d’eux, ils ne sauront pas bénéficier de l’apport du couple puisque leur problème est en amont et inconscient et hors du couple. Ils vont donc tomber dans l’habitude et surtout ne plus y trouver l’intérêt auprès duquel ils courent : séduire puisque c’est déjà fait. Et ils vont repartir dans la chasse séductrice. Ce sont des shootés de la drague. C’est comme une sorte de dépendance : le besoin, la consommation, la chute et la boucle est bouclée.
Puis il y a aussi les inconstants, et aussi ceux qui ne sont pas mûrs et qui voient le couple comme la fin de leurs capacités séductrices. Il y a aussi les purs égoïstes qui fonctionnent comme des capricieux qui doivent tout posséder et ceux-là ne respectent rien ni personne et dévorent tout pour eux et rien que pour eux. Ils gobent tout ce qu’ils désirent y compris quelques bites au passage.
L’adulte, lui, ne gobera pas tout ce qu’il désire. L’adulte sait gérer l’envie et les frustrations, c’est le propre de la maturité, il n’est pas utile de tout avoir, l’adulte n’est pas un enfant dans un magasin de bonbons !
Et puis, il y a les "sexuels", ceux qui veulent du "sexe à tout prix", même au prix de gâcher une relation amoureuse en trompant. Ce sont des personnes qui ne savent pas élever la relation à des niveaux supérieurs à bite-cul. Donc, sans la subtilité des sentiments et des émotions, ils banalisent le sexe et n’accordent pas autant d’importance à la fidélité qui pour eux est en partie conservée car, comme ils disent ce n’était que sexuel, ce n’est pas grave. Ils n’intègrent pas la sexualité dans la sphère intime, c’est encore plus restreint, la sexualité pour eux est individuelle et égoïste. Le couple n’est pas concerné, c’est du vidage de couilles avec les amants comme avec le mari. Ce sont des "masturbateurs" individuels et égoïstes, leurs baises équivalent à des "masturbations égoïstes" puisque l’autre n’est qu’un objet sexuel, tout le temps.
Le célibat donne une entière "liberté"
Pour conclure, lorsqu’on parle du couple homosexuel aucun modèle de vie en couple nous vient en tête. C’est vrai que cela nous offre une certaine liberté. Mais pourquoi se casser la tête à essayer d’en inventer un totalement nouveau ? On peut s’inspirer de ce qui est déjà fait et qui fonctionne. L’infidélité n’est pas dans la démarche de construire un couple.
Autrement, il existe le célibat qui, lui, donne l’entière "liberté" de ses actes sans prendre en otage un compagnon, ni le détruire, ni lui manquer de respect. Quelqu’un qui se rend vulnérable en ouvrant son intimité. Car la trahison dans l’intimité met en danger et fragilise. Au contraire, dépositaires de cette intimité, nous avons le devoir de la préserver et la protéger. Au risque de casser une idée reçue la fidélité existe aussi chez les gays et les lesbiennes.