« Qui suis-je ? » ou plus exactement « Que suis-je ? », question métaphysique typique de l’homme, à laquelle on aimerait tenter de donner une réponse, sans jamais y parvenir. Pourtant la réponse la plus évidente, et sans doute la plus probante à ma connaissance, est la suivante : je suis un Homme, un mammifère de la race des hominidés, disposant d’un libre arbitre, ce qui me donne la possibilité de déterminer, avec plus ou moins de force, certaines choses inhérentes à ma vie. Ainsi je suis seul arbitre de moi-même, et je sais que si je veux mettre un T-shirt rouge demain matin, je le peux, c’est mon droit.
Je suis libre, c’est une chose, mais puis-je pour autant être sûr que le choix que j’ai fait est judicieux ? Non, évidemment non. La certitude est un acquis de l’expérience, et je ne serais certain du bon sens de mon choix (.net ou non) que quand je l’aurais expérimenté, quitte à le réviser par la suite. J’ai décidé de mettre mon T-shirt rouge un peu plus haut dans mon écrit, mais l’expérience m’a démontré que la couleur rouge avait une fâcheuse tendance à jurer avec mon pantalon vert pomme... Mon choix n’était donc pas judicieux, cependant, je prends la liberté (c’est donc là encore un choix de ma personne) de changer de T-shirt, en prenant un assorti avec mon pantalon.
Je peux donc choisir la couleur de mes vêtements, mais -et je vous rassure de suite- je peux aussi choisir bien d’autres choses -ouf...- comme par exemple mon orientation sexuelle. Ainsi donc au matin de mon éveil sexuel, alors que je commence à m’intéresser aux autres pour autre chose que leur arnaquer leurs billes, je peux ressentir une irrépressible attirance vers les personnes de mon sexe, du sexe opposé, ou bien encore des deux, c’est-à-dire que je me sens homosexuel, hétérosexuel ou bisexuel. Je peux alors faire un choix : j’assume ce que je suis à part entière, ou je n’assume pas. Quoi qu’il en soit, il restera toujours une part de doute en nous, une part qui n’acceptera pas ce choix, même si au fil du temps cette part se réduit, et finit par devenir négligeable.
Chacun a donc tout loisir de définir lui-même son orientation sexuelle, sans avoir à se soucier du regard des autres, mais il est certain que ce choix est entièrement lié à une perception instantanée des choses, et qu’il est par voie de conséquence révisable à volonté, chaque fois que la perception des choses change. Loin de moi l’idée de dire aux indécis(es) qu’ils/elles doivent faire les girouettes, j’entends plutôt leur conseiller une analyse plus complète des choses. Si vous êtes tiraillés entre les hommes et les femmes, c’est peut-être parce que vous êtes bisexuels...
De toute façon il n’y a pas à « craindre » de faire un choix, étant donné que rien ne vous force à le conserver à vie, selon Darwin : le propre de l’homme est l’évolution...