Cadre juridique du couple
"Le Pacte Civil de Solidarité est aujourd’hui une loi de la République, qui à ce titre s’impose à tous. Je n’envisage donc pas de le remettre en cause. Certains avaient pu craindre que le Pacs ne porte préjudice au mariage, mais il s’avère que ces réserves ne se sont pas vérifiées dans les faits, puisque le nombre de mariages a augmenté dans notre pays. Une réflexion mérite néanmoins d’être menée sur plusieurs points de la loi, qui sont notamment de l’ordre du juridique et du fiscal, tels que l’évaluation des dispositions prises en cas de rupture du Pacs. Par ailleurs, le Pacs ne résout pas, loin s’en faut, tous les problèmes rencontrés par les couples homosexuels, notamment en ce qui concerne le logement et les successions. Il pourrait donc être opportun de lancer une enquête complète sur le sujet, étudiant le système actuel et émettant des préconisations concrètes."
Concernant le mariage :
"Je suis très attaché à la valeur et au sens de l’institution du mariage, car il m’apparaît que la force, la stabilité et les règles de cet engagement en font le cadre le plus propice au développement de la famille, et un fort instrument de la protection des intérêts de l’enfant. Je pense que le mariage doit rester le socle de la fondation d’une famille, c’est la raison pour laquelle je ne suis pas favorable au mariage des personnes homosexuelles."
Droit à l’adoption :
"Concernant l’adoption, il m’apparaît que l’intérêt supérieur de l’enfant doit prévaloir avant toute autre considération, et l’ensemble des réflexions sur les différentes formes de structures familiales doit intégrer ces critères : bien-être, épanouissement, équilibre de l’enfant, en toute priorité. Il ne s’agit pas là d’une question de bonne volonté ou de capacité personnelle à élever un enfant, mais selon moi d’une donnée psychologique. Pour construire son identité, je pense que tout enfant a besoin d’une mère et d’un père, c’est-à-dire de références féminine et masculine. L’adoption par des couples homosexuels est donc une évolution à laquelle je ne suis, à titre personnel, pas favorable."
Lutte contre l’homophobie :
"L’homophobie, désignant un comportement manifestant une hostilité à la personne homosexuelle en tant que telle, est inadmissible, au même titre que le sexisme ou le racisme. La liberté de choix de son mode de vie est en effet fondamentale. A l’instar du dispositif en place pour d’autres phénomènes de rejet, il faut à l’évidence une condamnation de l’homophobie."
"Il est naturellement important que les enfants aient une éducation à la sexualité dans le cadre scolaire, même si j’estime que cette éducation passe d’abord par les parents. Cette dimension pédagogique, incluant la connaissance de soi et le respect de l’autre, est fondamentale. Cela passe aussi par la lecture et l’apprentissage des sentiments, pour éviter toute banalisation de la sexualité."
"Je suis par ailleurs favorable à ce que l’on communique autour de la condamnation de l’homophobie, sous différentes formes : à condition d’associer les parents, une réflexion pourrait s’engager pour voir s’il y a lieu d’inclure dans les programmes d’éducation civique, à partir d’un âge approprié, la condamnation de l’homophobie, comme de toutes formes de discrimination. Pour lutter efficacement contre toute forme de discrimination, un effort de formation et d’information doit être mené en collaboration avec l’ensemble des personnels des services publics : personnels hospitaliers, professions de santé, enseignants, travailleurs sociaux... et aussi auprès du monde de l’entreprise."
"Il existe une corrélation entre suicide à l’adolescence et découverte de sa différence sexuelle, ou manifestations d’homophobie. Il faut de toute évidence intensifier la politique de prévention du suicide chez les jeunes, quelle que soit la cause de leur malaise existentiel. Il est également impératif d’agir bien en amont : apprendre aux jeunes à mieux se connaître, à mieux comprendre les différences d’orientation sexuelle, à être tolérants."
International :
"Je pense fondamentalement que tout être humain a le droit de vivre la sexualité qui est la sienne, tant que cette dernière ne porte pas atteinte à la dignité d’autrui. Qu’en certains lieux du globe, telle ou telle pratique ne corresponde pas aux schémas culturels dominants ne doit, en aucun cas, entraîner des conséquences aussi injustifiées qu’inhumaines. La liberté du choix de son mode de vie est une valeur fondamentale. L’acceptation de l’autre et de sa différence est facteur d’enrichissement, et il faut défendre ces valeurs d’humanisme et de tolérance qui fondent l’identité de la France et l’universalité de sa parole à travers le monde."
"La France, patrie des Droits de l’Homme, doit combattre toute atteinte à la dignité et à l’intégrité de l’être humain. Concernant le droit d’asile, les lois aujourd’hui en vigueur prennent en considération de nombreux facteurs humains, sociaux, économiques, politiques... qui permettent l’accès au droit d’asile, conformément aux principes qui sont les nôtres, et à nos valeurs. Il faut également veiller à ce que les demandeurs d’asile soient toujours accueillis avec humanité."
Lutte contre le Sida :
"L’implication de tous dans la lutte contre l’épidémie s’impose. Les appréciables succès en matière de traitement n’ont pas démobilisé les acteurs impliqués dans la lutte, mais plutôt le grand public qui se sent, à tort, protégé. On constate une augmentation préoccupante des cas de séropositivité dans la population hétérosexuelle mais aussi homosexuelle, due à un relâchement des pratiques de prévention. Il faut rebâtir, avec l’implication active des associations, un nouveau discours adapté aux enjeux actuels et donc mobilisateur. Il faut poursuivre la politique de réduction des risques qui, depuis 1987, a démontré son efficacité, notamment auprès des populations toxicomanes. Il faut donner aux associations les moyens, notamment financiers, de mener leurs actions, bien sûr en les évaluant. Enfin, il est essentiel d’améliorer l’environnement de vie des malades : accès au logement, retour à l’emploi, dans le privé comme dans le public... Ainsi seront vraiment déclinés les principes de solidarité et de fraternité. La lutte contre la maladie passe aussi par la recherche des traitements. L’Etat, en partenariat avec les centres de recherche hospitalo-universitaires, doit investir massivement dans ce secteur, et encourager la recherche privée par le biais d’incitations fiscales."
"Il est certain que les campagnes de prévention ne sont plus, depuis quelques années, à la hauteur du retour du danger épidémique. Pour ma part, je n’ai cessé de marteler et de rappeler au gouvernement une vérité : on meurt toujours du Sida et la prévention est une priorité absolue. Nous devons nous inspirer des exemples étrangers, et nous mobiliser davantage. Des campagnes d’information à destination des femmes doivent être organisées, car on constate une hausse significative des cas de contamination, les femmes représentant désormais près du tiers des malades dans les hôpitaux."
"On ne peut pas parler du sida sans aborder le combat que nous devons tous mener pour les malades d’Afrique et des pays pauvres. Je me bats pour cette cause depuis des années. J’ai déploré à plusieurs reprises la diminution de nos crédits d’aide au développement, alors qu’il fallait au contraire faire plus contre ce fléau. La création du Fond Thérapeutique Mondial à l’initiative de la France ne saurait être, dans mon esprit, qu’une première étape. Les pays riches doivent se mobiliser pour que tous les malades puissent être soignés dans le monde. La France a vocation à montrer l’exemple."