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Danielle CHARLES, animatrice sociale est candidate sur la liste alternative, membre des Verts.
Région : Midi-Pyrénées
Réponses aux 3 questions
Monchoix.net : Le jeune Sébastien Nouchet a été agressé, aspergé par du liquide inflammable et brûlé vif. Face à de telles actions, quelle est votre position sur la répression des actes homophobes ? Que pensez-vous de la création d’une loi contre l’homophobie au même titre que les lois contre le racisme ou la xénophobie ? Pensez-vous qu’une loi verra le jour ?
D. Charles : Dans une société violente à l’égard de ses habitants, violences institutionnelles, (sans droits, sans abris, sans revenus ...) force est de constater que les plus exposés sont les mêmes historiquement aujourd’hui qu’hier : femmes, non blancs, homosexuel-le-s, enfants, toute personne non représentative de l’idéologie dominante. L’arrêt de la violence d’individus à d’autres individus, passe donc par un climat socialement apaisé, constitué de partage et de solidarité.
L’homophobie est fort peu dénoncée comme acte raciste. Un des premiers actes serait de lui redonner ce statut en l’intégrant dans la question raciste et sexiste qui prévoit la sanction de ces actes. Légiférer spécifiquement ne me semble pas utile :
1) Tout acte violent doit être jugé et sanctionné : l’arsenal des lois existe pour lutter contre ces actes
2) Comment protéger sans stigmatiser ? Comment dire "oui, les homosexuel-les sont des gens comme tout le monde, ils-elles travaillent, mangent, vivent, intégrés socialement économiquement, culturellement ... et faire des lois spécifiques ?
L’homosexualité n’appartient pas à un parti. Mais il faut reconnaître que les députés de droite, majoritaire à l’heure actuelle à l’assemblée, ne souhaitent pas s’exprimer sur l’homosexualité, ni sur le PACS, ni sur la prostitution féminine ou masculine, ou des questions de maladies sexuellement transmissibles. Alors si une loi devait voir le jour, il faudra changer le parlement... afin d’interpeller des députés qui soient courageux politiquement et dans le dialogue avec les associations.
Monchoix.net : Quelle est votre position face au mariage gay ? A l’heure ou la Californie marie les couples gays, la France, de son coté, PaCS les homosexuel(le)s avec un contrat que l’on ne peut pas encore qualifié de parfait((PACS, 3 ans déjà !)) Que pensez-vous du PaCS ? Comment améliorer ce droit citoyen ? Quel rôle pouvez-vous jouer à l’échelle de la région ?
D. Charles : Que peux demander un pays, une région que d’avoir des citoyens qui s’aiment et vivent en paix ?
La revendication d’un mariage gay est un paradoxe dans un pays où les femmes ont longtemps cherché à s’affranchir de la tutelle économique, et patriarcale du mariage. Le mariage gay a la même signification : reconnaissance de droits réciproques, et de liens économiques. Le mariage, acte consenti, est légitime, et relève du droit de chacun, de disposer de sa vie.
Quel rôle peut jouer la région ? Qu’attendez vous de la région dans le cadre de ses compétences : de résoudre des questions de logements, de santé, de lutte contre le suicide des jeunes homosexuel-le-s ? de rattachement familial dans le cadre d’agents territoriaux pacsés ?
Monchoix.net : L’homoparentalité ou l’adoption pour les homosexuel(le)s sont également des thèmes récurrents de la communauté gay. Pensez-vous qu’il sera un jour possible aux parents homosexuel(le)s d’offrir tout l’amour dont ils disposent à de jeunes orphelins ?
D. Charles : Le désir d’enfant traverse la plupart des adultes : après avoir reçu, ils souhaitent transmettre, s’inscrivant ainsi dans un espace temps. La sexualité n’est pas un critère pour la qualité de l’éducation : ça se saurait ! Je suis à priori favorable à l’adoption homoparentale sur des critères de stabilité affective, éducative, donnant à l’enfant les moyens de s’épanouir.
Le rôle du législateur est de prendre en compte les faits de socièté et de les réglementer. On ne va contre l’histoire : de nombreux homosexuel-le-s élévent dès à présent des enfants
soit qu’ils soient issus d’union hétérosexuelles antérieures
soit qu’ils soient issus d’adoption de "célibataires"
soit qu’ils soient issus d’entente de couples homosexuel-le-s.
L’à priori que j’émets, est que j’aimerai en savoir plus. L’enfant, petit être conformiste, passe dans son évolution, et sa maturation par des phases d’identification au groupe, qui lui permette socialisation et personalisation. La compétence régionale pourrait insuffler des études longitudinales sur ce sujet. Seule la législation dans un cadre centralisateur, à l’heure actuelle peut changer la loi sur l’adoption.
Nous vous remercions pour vos réponses.
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