Le statut juridique du couple :
"Le PaCS est un premier pas vers l’égalité des droits mais il représente aussi la naissance d’un nouveau statut : celui d’un contrat de vie ouvert à tous les couples, homos et hétérosexuels, qui n’a pas pour but implicite la procréation et qui n’évoque pas le devoir de fidélité entre conjoints. Nous devons confirmer cette avancée de progrès. C’est pourquoi nous considérons qu’il faut améliorer le PaCS : en ouvrant à ce statut les mêmes droits que le mariage. En supprimant les délais ouvrant à la fiscalité commune. En restaurant la signature du PaCS en Mairie et en l’inscrivant dans l’état civil. En ouvrant l’accès immédiat à un titre de séjour et à la nationalité aux contractant-e-s étranger-è-s. En reconnaissant les familles homoparentales."
"Le projet que nous portons est celui d’une société fondée sur le principe d’égalité et sur l’autonomie et l’épanouissement de chaque individu. Pour cette raison - bien que, à notre sens, le mariage républicain mérite d’être dépoussiéré - nous sommes favorables à l’ouverture de celui-ci aux couples homosexuels. Il n’existe aucune raison pour maintenir dans notre législation une discrimination entre couples. L’égalité est entière ou elle n’est pas. Et nous considérons la justification de cette inégalité comme un élément fondateur de l’homophobie."
Le droit à l’adoption pour les homosexuel-le-s :
"Notre préoccupation est de voir l’intérêt de l’enfant primer alors que la limitation de l’autorité parentale au seul parent biologique, l’impossibilité de filiation juridique pour le parent non-biologique le dénient, provoquant ainsi des situations sociales et de droit discriminantes non seulement pour les enfants issus des familles homoparentales mais aussi dans le cadre des familles « recomposées ». Nous sommes favorables en effet à un aménagement de l’adoption plénière pour éviter que l’enfant soit l’otage de procédures qui, en cas de mort du parent biologique, renvoient l’enfant à la famille biologique, le privant ainsi de son autre parent et doublant par là même le traumatisme subi. Un enfant a le droit de pouvoir vivre avec les personnes qui l’ont élevé. Cette décision participe aussi d’une véritable prise en compte de la réalité des familles et d’une vision progressiste de la famille elle-même. Non pas campée sur des contraintes mais dans un libre choix de responsabilité et de partage qui épanouit l’ensemble de ses membres. Pour cette raison, nous sommes favorables à l’ouverture de l’adoption aux concubins, pacsés ou non pacsés, après un certain délai de vie commune et à l’exercice commun, entre parent adoptif et biologique, de l’autorité parentale."
"Nous regrettons profondément la décision de la Cour européenne qui conforte la pratique discriminatoire qui n’est soutenue par aucune indication législative, des services d’adoption envers les candidat-e-s ouvertement homosexuel-le-s. L’orientation sexuelle ne détermine pas la compétence parentale."
"Nous considérons indispensable de revoir le droit de la filiation à la lumière des changements intervenus dans notre société. Nous pensons particulièrement à l’exercice commun de l’autorité parentale, à l’ouverture de la filiation juridique au parent non-biologique. Tout comme nous estimons nécessaire d’engager un vrai débat sur la filiation homosexuelle et notamment sur l’ouverture des procédures d’adoption aux couples homosexuels."
La lutte contre l’homophobie
"La lutte contre l’homophobie doit être une pratique inscrite à tous les niveaux de la vie sociale. Elle doit être au coeur de la cité et se construire comme un espace d’éducation citoyenne, d’information et de formation civique à la lutte contre toutes les discriminations. Elle doit faire l’objet d’une formation spécifique des personnels au contact du public, du personnel de police au personnel hospitalier, administratif, etc. Nous considérons que l’éducation à l’égalité et la lutte contre toutes les discriminations doivent investir tous les espaces de la vie sociale. Lutter contre les amalgames signifie consacrer à cette lutte civique les moyens matériels et politiques d’être l’affaire de chacun et la responsabilité de la République.
"Les médias -et d’autant plus le service public dont la vocation pédagogique devrait primer avant tout- doivent contribuer à donner une image positive de l’homosexualité et des homosexuel-le-s."
"La lutte contre toutes les discriminations est un axe fondamental de notre projet de société pour la France en même temps qu’une urgence sociale à laquelle le législateur doit apporter des réponses. C’est pourquoi le Groupe communiste à l’Assemblée nationale a déposé, dès l’adoption du PaCS, une proposition de loi pour réprimer et prévenir les propos et l’incitation à la haine homophobe. Répression pour inscrire symboliquement dans la loi l’intolérable et éviter les dérapages dont nous avons été spectateur-trice-s lors des débats parlementaires sur le PaCS. Prévention pour déconstruire, dans les mentalités, la culture de l’exclusion qui fonde les pratiques discriminatoires et les amalgames."
Chez les jeunes :
"La lutte contre l’homophobie est, pour nous, une pratique pédagogique qui doit être inscrite fortement dans le système éducatif. Nous savons que souvent les jeunes rencontrent des difficultés, à la découverte de leur homosexualité, du fait de l’image sociale dont jouit celle-ci. La haine et le refus de soi qui souvent en résultent fragilisent l’individu et peuvent le conduire jusqu’au suicide (trois fois plus nombreux que chez les jeunes hétérosexuel-le-s)."
"La proposition que nous faisons avec le Parti communiste est d’intervenir tant en direction du personnel enseignant et administratif que directement au coeur des outils de formation, manuels et programmes scolaires eux-mêmes. Nous pensons également qu’il est indispensable que l’école puisse dispenser de véritable cours d’éducation aux sexualités tant d’un point de vue civique de respect de la personne que dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le VIH."
Dans le monde du travail :
"Nous nous sommes déclarés favorables à l’extension aux couples pacsés des avantages sociaux des couples mariés, dans les conventions collectives notamment."
Sur le plan international :
"Les droits de la personne demeurent encore trop souvent quantité négligeable dans les relations internationales. Il est indispensable de réorienter la politique de la France, comme la construction européenne, vers l’affirmation de la primauté de l’individu et de ses droits fondamentaux et le refus de toute pratique discriminante, dont celles fondées sur l’orientation et l’identité sexuelle. La France, ce à quoi nous nous employons, peut et doit contribuer de façon déterminante à cette prise de conscience, par sa tradition et son poids politique, en Europe et dans le monde. L’attitude des gouvernements qui persécutent une partie de leurs citoyen-ne-s en raison de leur orientation ou de leur identité sexuelle (dont l’Egypte et l’Arabie Saoudite sont de tristes exemples) peut être remise en cause par une volonté politique forte articulant pression internationale et refus local de composer avec des régimes qui bafouent les droits de la personne."
"La reconnaissance du droit d’asile aux personnes persécutées en raison de leur orientation ou de leur identité sexuelle est une proposition que nous avons défendu avec le P.C.F. et notamment lors des débats relatifs au PaCS et que nous avons consigné dans notre proposition de loi contre l’homophobie. nous considérons urgent d’oeuvrer à une refonte et à l’élargissement des critères d’accès au droit d’asile en France et d’étendre cette réflexion à l’ensemble des pays de l’union européenne."
La lutte contre le sida et les MST :
"Une véritable prise en compte des pratiques sexuelles tant dans les messages de prévention qu’en termes de pratique pédagogique est l’axe principal pour déployer une véritable politique de lutte contre le sida."
"Les messages de prévention en direction des homosexuel-le-s doivent être véritablement signifiants (nous ne pouvons pas prétendre faire de la prévention en direction des gays en les représentant par 2 paires de chaussures d’hommes) et prendre en compte les pratiques sexuelles, être donc mieux ciblés et être l’objet de campagnes grand public et non l’exclusivité des lieux de vie et de rencontre homosexuels."
"La lutte contre le sida, les conditions de son éradication sont des choix politiques. Nous exigeons que la France mobilise tous les moyens médico-sociaux pour garantir aux malades et aux séropositifs l’accès rapide aux nouvelles molécules, pour créer les conditions d’une bonne « compliance » pour tous et toutes et donc lutter contre la précarisation et l’exclusion dont les porteurs de VIH sont victimes, pour faciliter la vie avec le VIH et garantir la dignité des personnes atteintes."
"Après vingt ans d’épidémie, des millions de morts et de séropositifs, dont plus de la moitié en Afrique sub-saharienne, demeure l’exigence d’une mobilisation massive et concertée de la communauté internationale pour éradiquer le sida. Face aux exactions des laboratoires pharmaceutiques, au cynisme de l’OMC et à ses tentatives de marchandiser la santé, une question demeure inlassablement posée : quelle vie, quelle société, quel monde voulons-nous ? Révélateur social et politique, l’étendue de l’épidémie dans les pays du sud témoigne du manque d’engagement et des relations que les pays riches entretiennent avec les pays pauvres. Nous avons la responsabilité de changer cette configuration où le profit justifie le sacrifice de millions d’individus. C’est pourquoi, comme d’autres organisations et associations, nous nous sommes résolument exprimés contre le diktat de l’OMC, pour la création d’un fonds international d’aide. Pour l’accès des pays du sud aux nouvelles molécules et aux pratiques de dépistage. Le P.C.F. s’est engagé dans la bataille pour la copie, la production et la diffusion massives de médicaments en cas d’urgence sanitaire et nous avons soutenu le Brésil et l’Afrique du Sud dans le procès qui les voyait opposés à des laboratoires pharmaceutiques réclamant l’application des accords internationaux sur les brevets."
"L’engagement communiste dans cette campagne présidentielle est celui du choix de la responsabilité contre le désengagement politique qui laisse la santé être une marchandise comme une autre. C’est celui d’une politique de santé qui ne fasse pas de la lutte contre le sida une panoplie de médicaments mais un véritable dispositif de prévention et de soins. Le devenir de la lutte contre le sida relève de la responsabilité de chacun. De celui de la France et de sa politique d’accès aux soins, de sa lutte contre l’exclusion, la précarité et les discriminations. Les réponses à une épidémie mondiale dépendent des choix politiques qui sont opérés dans chaque pays. C’est ce monde, cette citoyenneté que nous entendons faire vivre."