Le cadre juridique du couple :
"Je n’étais pas favorable à l’adoption du PACS ou un statut équivalent, mais j’ai évolué sur cette question. Chacun a sa propre sensibilité, son histoire, qui commandent souvent les premières réactions. Nous nous sommes très mal exprimés sur le PACS. Je suis attaché à la famille, à ce qu’elle représente, et j’ai ressenti le PACS, probablement à tort, comme un contre-modèle, donc comme une agression contre la famille. Sur ce point, nous nous sommes trompés, puisque le PACS n’a pas été le raz de marée que certains prédisaient et qu’il n’a pas menacé la famille. Je ne ferai pas abroger la loi sur le PaCS."
"Je ne suis pas pour accorder le droit au mariage aux personnes homosexuelles. Pourquoi vouloir imiter le mariage hétérosexuel, quand on demande, en même temps, la reconnaissance et le respect de la spécificité homosexuelle ? Il n’y a pas de raison de vouloir aligner tout le monde sur le même modèle. Pour des raisons que l’on n’effacera pas et qui tiennent à la procréation, un mariage engage un homme et une femme. C’est pourquoi je ne suis pas favorable au mariage homosexuel."
Le droit à l’adoption pour les homosexuels :
"La question de l’adoption demande beaucoup de nuances, de prudence et de respect. Il y a des enfants qui ont des parents homosexuels, qui ont changé leur vie depuis leur naissance et assument leur homosexualité. Et ce n’est pas parce que qu’on découvre ou qu’on décide d’assumer son homosexualité, qu’on cesse d’être père ou mère. Et ce n’est pas pour autant que les enfants cessent d’avoir besoin de leur père ou de leur mère. D’autre part les célibataires ont le droit d’adopter des enfants et, fort heureusement, on ne leur demande pas de comptes sur le sexualité à ce moment. Mais je ne suis pas favorable à l’adoption d’enfants par un couple homosexuel."
La lutte contre l’homophobie :
"L’homophobie me révolte et elle révolte mon parti. Je suis hostile à tout ce qui peut empêcher quiconque de fonder une communauté de vie, comme il le veut et avec qui il le souhaite. Chacun doit être libre de sa vie. J’ai soutenu la loi déposée par François Léotard. Je lutte contre toutes les discriminations, tous les termes méprisants. Mais la loi ne peut pas tout, il faut faire un travail de pédagogie pour que les mentalités évoluent et que les comportements changent. Je me suis toujours évertué à ne pas mélanger les genres. L’orientation sexuelle et la moralité sont deux choses distinctes. Je partage le terrain de la vie politique locale avec André Labarrère, [NDLR : le député maire PS de Pau] qui est ouvertement homosexuel. Je l’ai beaucoup affronté depuis vingt ans, et l’idée ne m’est jamais venue de faire usage de cet argument. Je suis d’ailleurs certain que les électeurs ne l’auraient pas admis, ils auraient eu raison."
François Bayrou n’a pas répondu à nos questions sur la lutte contre le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles.
Pour mémoire, il avait déclaré dans "Têtu", au sujet de la lutte contre le SIDA : "Il faut en faire une grande cause nationale, mais aussi une grande cause internationale".