Résumé
Existe-t-il rie de pire que de perdre sa mère ? Oui, n’en éprouver aucun chagrin.
Moi, quand la mienne est morte, je me suis réjoui de n’avoir rien de plus excitant à faire le jour de son enterrement. Alors j’y suis allé. Mais, première surprise : elle n’avait pas voulu être enterrée, elle avait souhaité être incinéré. Puis, deuxième surprise, ma sœur m’a demander de respecter la dernière volonté de notre mère : aller répandre ses cendres dans un ruisseau de son pays natal, les Landes.
Alors j’y suis allée. Enfin, pas tout de suite. Quelque chose m’en a longtemps empêché. Comme un goût de cendres dans la bouche.
Extrait
Ma mère a succombé la nuit dernière à une crise cardiaque. La vie ne lui avait pas fait de cadeau ; la mort ne lui en a pas fait non plus : elle est morte aux chiottes.
J’ai appris la nouvelle par un coup de fil d’Agnès. Je n’étais pas chez moi, elle a laissé un message. « Maman est morte cette nuit, rappelle-moi ».
J’avais souvent envisagé la mort de ma mère, particulièrement à la veille d’un événement excitant, comme un obstacle à mon plaisir. Je n’avais jamais vraiment décidé si je me priverais du plaisir en question pour me rendre aux obsèques. Je crois que pour certains projets, une course de montagne longuement préparée, ou un voyage longuement rêvé, ou un mec longuement convoité, j’aurai fourni n’importe quelle excuse pour ne pas y aller.
Comme je n’avais aucun projet excitant en perspective, j’ai rappelé Agnès. Elle n’était pas chez elle. J’ai laissé un message.
Mon avis
Après Le Garçon qui voulait être juif, voici le dernier roman de Jean-Paul Tapie. On change complètement de cadre pour retrouver la « vie » d’une urne pleine de cendre dans le gay Paris.
Fiche signalétique
Titre : Un goût de cendres
Auteur : Jean-Paul TAPIE
Maison d’édition : H & O Editions
Nombre de pages : 156 pages
Prix : 13€
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