Dès l’ouverture, le décor est planté. La morale victorienne, avec son esprit de caste, sa pruderie et ses faux semblants, est toute entière dans le discours pompeux que fait un vieux professeur à Maurice Hall. Maurice a quatorze ans et vit entouré de femmes. Mr Ducie lui donne donc une leçon de choses sur le mariage, la beauté de la procréation et l’idéal de l’homme chaste.
C’est armé de ces principes que Maurice rencontre Clive Durham cinq ans plus tard à Cambridge. Les deux garçons entament une suite de discussions passionnées. Maurice, d’abord rigide -il pense que lorsque l’on a des doutes, il faut avoir l’élégance de les garder pour soi- se laisse peu à peu aller à cet amour pour Clive qu’il sent grandir en lui.
Rencontres secrètes, serments romantiques, baisers passionnés... Ne manque que le passage à l’acte.
Puis vient la fin des études et là tout se complique. Clive est appelé à devenir un notable, bientôt un homme politique. Socialement, il est nécessaire qu’il se marie, et lui-même aspire à la normalité la plus plate. Maurice devrait alors accepter de n’être plus qu’un ami de la famille.
Ce qu’il refuse, en se jettant dans les bras d’Alec, le garde-chasse de Clive. La réaction de Clive dévoile en conclusion toute la vérité de son caractère.
Maurice est un beau roman classique, qui peut se lire aussi bien comme une belle histoire d’amour que comme le portrait acide d’une société étouffante et hypocrite. Maurice a été adapté au cinéma par James Ivory en 1987, avec Hugh Grant.
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Maurice