Faut-il parler de son homosexualité aux enfants ?
Chris Donner, Lettres de mon petit frère, L’école des loisirs (1991)
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jeudi
10 janvier 2002, par Monchoix.net
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Faut-il parler de son homosexualité aux enfants ? Partant du principe que de toute façon ils en entendent parler, et presque toujours de manière caricaturale, voire franchement homophobe, Christophe Donner aborde le sujet. Il le fait indirectement, avec pudeur, dans un style limpide assez éloigné de son œuvre pour adulte (voir par exemple, Quand je suis devenu fou, histoire d’amour passion entre le narrateur et un jeune prostitué d’Amsterdam ). Les Lettres de mon petit frère sont un conte. Tout est bien qui finit bien. Entretemps, les difficultés s’accumulent à un rythme invraisemblable. Mais c’est drôle, tendre, et bien vu.
Mathieu a neuf ans. Il passe le mois d’août avec ses parents, dans une maison louée en Bretagne au bord de la mer. Mais cette année là, tout va de travers. Maman rate ses sauces tomate, Papa a failli faire naufrage, le petit frère fait pipi à la culotte, la petite sœur pleure tout le temps et les voisins sont insupportables. C’est que Christophe, l’indispensable grand frère, n’est pas là. Et Mathieu ne comprend pas bien pourquoi. Parler de Christophe met Maman sur les nerfs. Et si l’on parle de son copain Florian, c’est encore pire, elle devient franchement hystérique. A en croire Maman, Florian est un "monstre", un "voyou vicieux".
Le grand frère absent a demandé à Mathieu de lui écrire tous les jours pour le tenir au courant. Le petit frère râle et réclame du fric pour les timbres. Christophe avait promis d’être là la première fois qu’il serait amoureux et maintenant, il ne sait pas quoi faire avec une chipie rencontrée à la pharmacie du coin. Enfin la catastrophe familiale atteint son maximum. Une seule solution : appeler Christophe au secours. Il arrive alors sur sa grande moto, avec son copain Florian, même si Maman a eu un peu de mal à l’admettre. Et tout rentre dans l’ordre. Tout ce temps perdu parce que la petite sœur a vu Christophe embrasser son copain Florian sur la bouche et qu’elle s’est empressée d’aller le dire à Maman.
Ce que dit le petit garçon est tout simple : "Si on a plus le droit d’embrasser ses copains où on veut, autant aller en prison tout de suite." Christophe a un rôle à jouer dans cette famille, et ce n’est pas parce qu’il embrasse son copain Florian sur la bouche que ça doit changer quelque chose. Nous ne sommes peut-être pas tous des grands-frères idéaux, des faiseurs de miracles hors catégorie comme Christophe, mais rares sont les familles qui méritent d’être abandonnées à elles-mêmes. Faire accepter qui l’on est et qui l’on aime n’est pas toujours simple, mais le petit Mathieu semble nous dire que ça en vaut la peine. Et que les enfants peuvent comprendre bien des choses pourvu que l’on ne devance pas leurs questions et qu’on respecte leur pudeur.
http://perso.wanadoo.fr/citrouille/Forum/foDonner.htm Un forum autour de l’ auteur
http://if-duesseldorf.org/biling/clf/fiches/donner/donner.htm Biographie de l’auteur
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Les lettres de mon petit frère
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> Chris Donner, Lettres de mon petit frère, L’école des loisirs (1991)
28 septembre 2002, par HASSAN CECILE
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ce livre, etudié en classe de sixieme par mon fils, a déclenché un tollé en reunion parents professeurs, certains parents estimant les allusions à l’homosexualité malvenues dans une classe ou la moyenne d’age est 11 ans ; je suis très surprise de ces réactions ; qu’en pensent donc les gens qui vous rapportent leurs impressions ?
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> Chris Donner, Lettres de mon petit frère, L’école des loisirs (1991)
28 septembre 2002, par Stefan
Nouveau message
Pour de nombreux parents d’élèves, et c’est la position de la puissante FCPE, parler de l’homosexualité au collège revient à rompre la "neutralité" du milieu scolaire.
Pour ma part, j’ai eu droit à un plus soft "ca ne les intéresse pas à cet âge, ils ne se sentent pas concernés" de la part de la principale du collège où je travaille. C’est faire bon marché de la précocité de certains gamins, ou de situations familiales parfois difficiles à vivre parce que l’on croit qu’il ne faut pas leur parler de l’homosexualité de leur frère ou soeur, de leur oncle ou tante...
Le livre de Christophe Donner n’a pourtant rien de choquant sur le fond. Ce qui est évoqué explicitement, c’est un baiser surpris par le garçonnet, que ça n’a pas franchement traumatisé. Ce qui le choque au contraire, c’est la manière dont les parents parlent du grand frère.
Peut-être est-ce cela qui gêne les parents, fachés de voir qu’un livre (c’est dangereux un livre, ça incite à l’esprit critique) peut encourager leurs enfants à trouver leurs valeurs dépassées.
Pour ma part je persiste à croire que l’ouvrage de Christophe Donner, qui respecte la pudeur de ses jeunes lecteurs tout en dédramatisant le sujet, a toute sa place dans les CDI de collège.
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