Noël 1949.
Thérèse travaille comme vendeuse dans un grand magasin au rayon poupée. Toute la journée elle voit défiler des parents pressés de trouver la poupée commandée par leurs enfants. En pleine effervescence, Thérèse croise alors le regard gris d’une femme. Comme foudroyée, elle en vient à oublier sa cliente et ne redescend sur terre qu’une fois que cette femme s’approche d’elle pour lui demander une valise. Gravant le visage de la femme dans sa mémoire, Thérèse finit sa journée sur un nuage.
Elles vont se revoir bien sur, elles vont apprendre à se connaître. Carol va faire découvrir l’amour à Thérèse. Seulement, toute histoire d’amour serait trop simple sans péripétie. Carol est en plein divorce, et son mari, au courant des ’penchants pervers de sa femme’, utilise leur fille comme moyen de chantage.
Carol a connu un grand succès dès sa parution en version poche en 1953, aussi bien auprès des lesbiennes que des gays. En effet, à une époque où tout livre relatant une histoire amoureuse entre homos se terminait de façon tragique par le suicide d’un ou des deux protagonistes ou un retour à la ’norme’, Carol vient apporter un souffle de légèreté, et surtout d’espoir.
Elles se regardèrent au même instant. Thérèse avait levé les yeux de la boîte qu’elle était en train d’ouvrir et la femme venait de tourner la tête vers elle. Elle était grande et blonde, longue silhouette gracieuse dans un ample manteau de fourrure, qu’elle tenait entrouvert, la main posée sur la hanche. Ses yeux étaient gris, décolorées et pourtant lumineux comme le feu, et ceux de Thérèse, captifs, ne purent s’en détacher. [...] Puis elle la vit lentement s’approcher vers le stand. Son cœur battit à coups redoublés comme pour rattraper un temps d’arrêt. A son approche, elle sentit le sang affluer à son visage.
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