Aujourd’hui tatie va vous parler de la survie en bar gay lors de sa première sortie.
A mon époque lointaine, du temps ou j’étais encore trop timide pour sortir en lamé or de chez moi, l’Internet n’existait pas bien sur et le seul moyen de faire des rencontres était d’aller dans un bar ou une boite.
Je vous imagine tout comme moi vous préparant à cette expédition exaltante, excité et inquiet pour votre première sortie. Tout frais sorti de la baignoire, petit slip affriolant, pantalon et Tshirt taille 12 ans, vous voila parti sautillant à la poursuite du prince charmant.
A quelques mètres du lieu de débauche choisi votre pouls augmente sensiblement (le mien était une boite célèbre de Toulouse où le patron n’en était qu’a son 2eme lifting. Maintenant les gens n’osent plus lui dire « jeune homme » sans rire).
Une fois la porte franchie, horreur !!! A première vue, ils ont tous une bonne décennie de plus que vous et on vous regarde avec tellement d’insistance que vous vous sentez comme une palombe invitée à un congrès de chasseurs Sartois.
Vite on se glisse au bar et bafouille "un diabolo menthe" au serveur qui vous regarde avec un grand sourire entendu (du genre, « tiens, une nouvelle »).
Une fois accoutumé aux projos de la DCA fixés sur vous, on commence un rapide coup d’oeil. Mais qu’est ce que je fous là ? Ensuite, les différents acteurs présents commencent à se montrer : la grue (attachée à son pan de mur, l’air mauvaise mais qui zieute tout ce qui bouge), le dépressif noyé dans son verre qui attend qu’on lui parle mais fait pas envie, les folles qui à elles seules font plus de bruit que tout le monde réuni, le plouc ( il y en a toujours un, si si) probablement sorti de sa campagne, habillé à la mode d’il y a 10 ans ET, OUIIIIII, le p’tit mec mignon qui était passé inaperçu en entrant tout à l’heure.
Votre coeur ne fait qu’un bond, c’est lui, il est là, il est venu !!! Maman a bien fait de mettre un cierge à Lourdes hier !
Bon maintenant, comment l’aborder se demande notre Roméo en herbe ? Déjà, va-t-il me regarder ? Oui, on dirait, mais si j’insiste il va peut être le prendre mal. Angoisses et interrogations. (notez que, comme tatie à l’époque, notre héros ne connaît pas les techniques de base dont la plus célèbre : j’ai une subite envie d’aller uriner, voyons si je suis suivi . !)
Encore un verre, cette fois ci un monaco, il y a de la bière dedans ça fait un peu plus viril pis ça va me donner du courage. Bon, cette fois je me lance et je lui fais mon regard mortel, celui que je pratique depuis des années devant la glace pour amadouer maman quand elle ne veut pas m’acheter des fringues.
Bien, ça semble marcher, le lien est établi.. Niark niark niark, je suis trop fort !
Une demi heure passe. Ce coup ci je suis au Gin tonic, finalement c’est moins mauvais pour l’haleine. Décidément, il n’a pas l’air de se décider à venir me parler. Arggghhhhhhhhh ! Bon ben faut que j’y aille, Sainte Marie priez pour nous pauvre pêcheurs (enfin futur pêcheur j’espère).
Salut, ça va ?
Oui et toi (regard de biche effarouchée)
Oui
(silence gêné)
.
C’est la première fois que tu viens ici, non ?
vi (il a un rhume ou il parle vraiment du nez tout le temps ?)
.
heu, tu t’appelles comment ?
Kevin (prononcé khheuvin).
Ouais, heu c’est un chouette prénom, moi c’est Thibaut.
Et là tout dérape, le Khhheuvin s’avère être un grand fan de Dynastie, ne tarit pas d’éloges pour le Steevie (ben oui, tatie aussi a la télé mes chéris) et semble avoir couché avec la moitié du bar.
Notre héros ne sait pas ce qui l’attend, car une fois scotché, ce type de personnage est plus collant qu’un rémora. La fuite s’impose.
Finalement, retour à la maison. Il est deux heures du mat, vous vous êtes ruiné en boissons (après le quatrième Gin on ne fait plus trop attention à ce genre de détail) et DESEPEREMENT SEUL ! En plus, comme vous êtes sympa, vous avez donné votre vrai numéro de portable à Khheuvin qui vous a déjà envoyé 3 SMS... La déprime guette.
Heureusement Marguerite est là et ce genre d’aventure ne vous arrivera pas ! Prenez des notes mes petits amours.
Pour votre première sortie dans le milieu :
n’y allez pas seul ! vous trouverez toujours une copine (male ou femelle) pour vous accompagner, voire même un hétéro (je vous assure, je vous raconterai ça un jour)
avant de partir, répétez vous 10 fois : « je ne rencontrerai pas l’homme de ma vie ce soir, pas même un bon plan »
attendez vous à être sérieusement mangé du regard (allons allons, on peut tout dire à tatie, je sais que ça ne vous déplait pas tant que ça)
si un garçon vous plait, parlez lui, ne le regardez pas des heures avant d’oser l’aborder. Car si au final vous ne le trouvez pas bien, il va être soit déçu, soit trop idiote pour comprendre et va vous coller des heures.
Quant aux vieux shnocks libidineux, ignorez les ou jouez avec ils ne méritent que ça !
Je sais que vous serez des jeunes gens tout à fait corrects pour votre première sortie, mais au cas où, ne pas oublier vos gants mappa et un peu de gel (on en trouve dans les supermachés au rayon parapharmacie, ça se cache facilement sur le tapis à la caisse sous une botte de poireaux).
Soyez sages et à bientôt pour de nouvelles aventures,
Marguerite.