Bon, ok, je réalise que là, c’était un coup bas. Cette coupure arrive vraiment au moment crucial. Pardonnez-moi, je ne suis qu’Altoba, 16 ans, vous racontant son Coming Out à sa mère et s’amusant à faire gentiment durer le suspens.
Bon, trêves de plaisanteries, ma mère, ne montrant ni surprise, ni larmes, ça me surprenait un peu. Alors, je lui ai dit : « je n’ai pas simplement un copain, je suis homosexuel. » Là, j’ai senti quelque chose changer dans son regard. Elle n’avait pas compris cela. Alors, elle m’a dit qu’elle s’en fichait, que je faisais ce que je voulais de ma vie, l’essentiel pour elle étant que je sois heureux.
J’étais alors super content, que demander de plus ? Le monde entier aurait pu me trouver horrible et dégueulasse d’être "PD", je m’en foutais puisque ma mère m’approuvait. Et là, alors que tout allait bien pour moi, elle m’a semblé mal et j’ai compris qu’elle retenait ses larmes. Je lui ai dit que ça lui ferait sûrement du bien de pleurer, qu’elle ne devait pas se retenir, alors elle s’est lâchée et elle a pleuré des heures, toutes la nuit, elle a pleuré.
Elle m’a dit que c’était du au relâchement, que pendant tous ces mois, elle s’était demandé ce qui clochait et qu’elle s’était remise en question en se demandant ce qu’elle pouvait faire pour que j’aille mieux. Et là, elle savait, il était là le choc, le stress descendait. Ce n’était pas de sa faute, en aucun cas elle n’était responsable. Alors, il fallait qu’elle pleure pour lâcher la pression et se détendre, enfin.
Le soir, elle est allée en parler à une amie, sa vraie amie. Pendant un moment, j’ai été un peu énervé qu’elle lui en parle sans me demander mon avis et lorsque j’ai compris que ça lui étais nécessaire, je m’en suis voulu. C’est vrai qu’après ce genre d’épreuve, il faut en parler.
Maintenant, le bonheur est revenu dans la maison, ma mère et moi, on se reparle comme avant, il lui a fallu un peu de temps avant de se faire à l’idée que je ne parlerais plus de filles mais de garçons et que donc, on pouvait échanger nos avis (elle aime les barbus, beurk !!).
C’était vraiment le plus important, le plus dur, celui qui comptait le plus. Ce coming out et le plus grand de tous, après, je me suis senti si bien de savoir que quand ma mère me dis qu’elle m’aime, elle aime vraiment MOI, pas ce guignol caché derrière un masque, c’est MOI qu’elle aime. Je ne l’ai pas déçue, je n’ai pas brisé ses rêves, je n’ai pas bouleversé sa vie. Quel bonheur. Alors les amis, choisissez bien le moment, mais si vous vous sentez prêts et que vous pensez que vos parents l’accepteront, prenez votre courage à deux mains et décollez pour le bonheur...
FIN.
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