Bonjour à tous. Voici ce qui est le quatrième opus du journal de mon CO. J’ai déjà fait mes deux premiers comings outs, voilà que se prépare le troisième. Cette fois-ci, après une longue réflexion, je pensais tout révéler à mon meilleur ami. Tout comme E, j’ai rencontré T en seconde, à mon arrivée au lycée et on a toujours été très amis. Comme avec tous mes amis, j’avais pour habitude d’écoute ses problèmes sentimentaux et de l’aider en le conseillant le mieux possible. Je lui avais dit à lui aussi que je portais un secret assez important. Il en avait un aussi et nous avions décidé de tout ce dire en même temps.
Pendant les vacances de Noël, j’invitais T à venir dormir à la maison. Il était comme E en internat et il vivait loin de la ville où est notre lycée, il allait donc passer deux jours ici et dormir chez moi. Le soir venu, on est allé au cinéma, puis on est passé au bar, pour boire une bière avant de rentrer autour de minuit. On a commencé à parler de tout et de rien, semblant redouter l’un comme l’autre LE moment où nous allions devoir révéler nos secrets respectifs.
Vers 1h00, je commençais à me sentir prêt mais n’arrivait pas à engager la conversation. Comme s’il l’avait senti, il me dit qu’il était prêt à me dire son secret et le fit. Ce fut mon tour. Je commençais à avoir très peur, on avait éteint la lumière et je voyais à peine son visage dans l’obscurité de ma chambre.
Je lui ai d’abord demandé s’il avait l’esprit ouvert et s’il saurait entendre ce que j’avais à lui dire. Bien évidemment, il m’a répondu que oui et je m’en doute car dans ce genre de conditions, on se voit mal répondre non... Alors je lui ai dit « voilà, je suis homosexuel » et il est resté muet de surprise. Il m’a dit qu’il trouvait ça surprenant et bizarre. Et puis il a mis sa tête dans l’oreiller en se reprochant des choses qu’il n’avait pas à se reprocher, il m’a dit qu’il s’excusait pour les utilisations abusives de mots comme "PD" ou "enculé" qu’il avait l’habitude d’utiliser contre les joueurs des équipes de foot adverses ou les personnes qu’il détestait.
Bien sur, ça n’avait aucune importance pour moi bien que le fait qu’il y ait pensé m’ai touché. Ce qui a le plus compté c’est qu’il m’ait dit qu’il était mon ami, quelle que soit ma sexualité et que ça ne changeait rien. J’ai évidemment eu le droit à LA question « T’es pas amoureux de moi ? ». Je me suis empressé de lui mentir, pensant que ça aurait trop fait à la fois et surtout que nous devions passer le nuit dans la même pièce... Mais je lui ai dit la vérité dans la semaine qui a suivi.
Bref, selon moi, rien de mieux que le tête-à-tête. Il y a eu une certaine angoisse, j’ai eu du mal à cracher le morceau, mais au moins, j’ai eu sa réaction immédiatement, j’ai pu répondre à ses questions avant qu’il ne s’invente des réponses. Depuis, on est toujours amis et il est même flatté de la confiance que j’ai en lui. D’ailleurs il me le rend bien.
A suivre...