Bonjour à tous. Voilà qu’arrive la fin de mon aventure dans le mystérieux monde du Coming Out, moi, Altoba, 16, qui vous raconte en détails cet important passage de ma vie. Cette fois, le sujet n’est pas des moindres, et loin de là, puisqu’il s’agit du coming out maternel. Pour certains, ça pourrait être le coming out parental mais comme je vis seul avec ma mère, celui-ci se limite à elle.
Ma mère et moi avons traversé de difficiles épreuves ce qui nous a énormément rapproché. Elle est assez tolérante, la preuve, elle a des amies lesbiennes avec qui elle entretien de très bonnes relations. Et de plus elle a énormément confiance en moi, je crois qu’on ne peut pas imaginer qu’une mère puisse autant avoir confiance en son fils.
Avant que je ne découvre mon homosexualité et que je commence à me sentir mal, j’avais l’habitude de souvent lui parler. Il y avait une grande communication entre nous, je lui disais tout, tout, tout. Et puis, en un à deux mois, je me suis refermé sur moi-même. Au collège, cela ne s’est presque pas remarqué puisque j’avais l’habitude d’être un grand solitaire, par contre, à la maison, ma mère me questionnait sur ce changement. Puis, à force d’essuyer mes refus de parler, elle s’est mise à ne plus y faire attention. Mais, sans en parler directement, comme elle sentait que quelque chose allait mal, elle essayait d’ouvrir le dialogue, sans résultats.
Bref, les années sont passées, je me suis assumé, puis j’ai entamé mon CO, les amis qui la connaissaient me conseillaient fortement de lui en parler, mais je ne me sentais pas prêt. Je savais à l’intérieur de moi qu’il fallait encore que j’attende, que le bon moment n’était pas arrivé. Puis, le coming out, comme dit précédemment, a tourné à la catastrophe.
Mon oncle appelait à la maison et j’avais vraiment peur qu’elle l’apprenne par lui. Je me suis donc rendu à l’évidence : il fallait que j’en parle à maman, que je sois prêt ou pas. J’ai demandé conseil à tous mes amis, qui, à partir de ce moment, m’ont soutenus comme ils le pouvaient et je me suis mis à l’affût de la bonne occasion.
J’ai commencé par des approches, du genre « je vais mal en ce moment, il se passe plein de choses dans ma vie mais, ne t’inquiète pas, ce n’est pas de ta faute, de toutes façons, tu le sauras bientôt. » Je faisais tout mon possible pour qu’elle ai des doutes : posters d’hommes, de chanteurs, thème d’ordinateur Rainbow,...
Un soir, tandis que je faisais mes devoirs, ma mère est venue me demander quelque chose puis, s’est assise à coté de moi. On a alors parlé comme ça ne nous était pas arrivé depuis longtemps. Et, sans que je le veuille, la discussion s’est portée sur mon oncle. Ma mère m’a dit qu’en ce moment, lorsqu’elle l’avait au téléphone, il semblait distant et expéditif.
Alors j’ai commencé à me sentir mal à l’aise, prenant ma tête dans les mains, je lui ai dit : "Tu sais, ce que je garde pour moi depuis si longtemps, je sens que je vais te le dire." Elle m’a fait comprendre qu’elle était prête à m’écouter puis je lui ai demandé de m’aider, alors elle a commencé à me poser des questions, je lui ai dit que c’était personnel et elle m’a demandé si j’avais une copine : je lui ai dit que non, si je voulais sortir avec une fille : non plus, et enfin, si j’avais un copain. Là, bien évidemment, j’ai dit la vérité.
Elle a semblé ne rien ressentir, ça ne lui faisait visiblement rien, comme si de rien n’était, elle a juste dit, "Ah bon." sur un ton simple. Ca m’a semblé bizarre et puis...
A suivre... Le jugement dernier : de l’enfer au paradis.