Bonjours à tous. Voilà maintenant 8 mois que j’ai commencé mon coming out. Tout semble aller pour le mieux. Ma vie à coté, c’est-à-dire ce qui n’est pas directement concerné par l’homosexualité, s’active. Je commence à sortir souvent, notamment avec des ami(e)s de la danse. Ils sont tous plus vieux que moi, certains n’ont qu’une classe de plus, d’autres sont indépendants. Parmi ceux qui ont une classe de plus, il y a N.
J’ai connu N en 5e, alors que je commençais la danse en UNSS. Elle a deux ans de plus que moi et je m’entends très bien avec elle. Je l’écoute souvent, on parle parfois plusieurs heures. Cette année là, elle était en Terminale et arriva le jour des résultats du bac. J’avais passé la journée ailleurs et je l’avais rejoint le soir alors que rien n’était encore arrivé.
Elle était assez pessimiste et pensait aux rattrapages. Lorsque les feuilles ont été affichées, je l’ai entendu crier sa joie de l’avoir obtenu... Ensuite, tout le monde a pleuré, enfin, vous pouvez facilement imaginer la profusion d’émotion dans ce genre de situation.
La soirée est arrivée et il était inimaginable de ne pas fêter ça. On s’est donc retrouvés dans un bar de ma ville où on a passé la soirée à féliciter les bacheliers. Et moi, sans trop de retenue, je me suis mis à taper de plus en plus dans le mètre de bière. Mais, bien sur, la bière ne suffit pas à rendre "joyeux" un homme. La nuit s’est continuée à l’autre bout de la ville, chez l’un des bacheliers mais cette fois, un tout autre type d’alcool était présent : VoDkA.
Je buvais moins que les autres mais suffisamment (sans entrer dans les détails) pour arriver à une ivresse qui relativiser mon contrôle de moi-même... A ce moment, je parlais à N et subitement, je l’ai prise à part pour lui dire "quelque chose". J’ai commencé par le classique « J’ai quelque chose à te dire » avant d’arriver, bien plus rapidement que dans tous mes autres CO, au « Je préfère les garçons » qui était de circonstance.
Elle fut très surprise et me regarda les yeux écarquillés pendant un moment. Et puis, je lui ai dit que si je lui disais, c’était sûrement du à l’état dans lequel je me trouvais. Elle me promit de la garder pour elle, etc.
Après cette soirée, sur le coup des 4h du mat, on décidait d’essayer d’aller dans la seule boîte accessible à pied, que se trouvait à l’opposé de la ville. Sur le trajet, N et moi on parlait beaucoup, restant à part du groupe. Puis, à force de marcher, je commence à redevenir sobre et réalise l’impact de ce que je venais de faire. Certes, N était une super bonne copine mais je doutais de ma confiance en elle.
On est arrivé en boîte juste avant la fermeture et il ne nous restait plus qu’à revenir sur nos pas pour rentrer. Comme N et moi habitons le même quartier, on repart à deux et elle m’invite à passer chez elle. Une fois arrivé sur le coup de 6h chez elle, on est tous les deux fatigués mais on continue à parler. Cette nuit s’est achevée vers 7h quand je l’ai quittée. (Le lendemain, enfin, le jour même, j’avais rendez-vous à 9h chez le médecin...)
Avec le temps, je peux constater que mes relations avec N se sont nettement renforcées grâce à cette aveux d’une nuit et je lui fais totalement confiance maintenant. Je suis loin de regretter cela, elle est un appuis dans un groupe d’amis où je n’en avais pas.
L’alcool a enlevé mes inhibitions, ce qui m’a nettement aidé à parler mais je ne contrôlais pas tout à fait ce qui se passait et ne mesurait plus trop les conséquences de mes actes. Je suis content que ça se soit bien passé mais conscient que ça aurait pu très mal tourner. Je reconnais que j’ai eu de la chance. Enfin, je ne le referais pas, mais je dois avouer que c’est une drôle d’expérience que de faire un CO dans cet état !
A suivre...