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Reportage : FESTIVAL GAY (PAU) Les films présentés
Un Festival, des films

lundi 4 février 2002, par idir

Les 8 films présentés lors du Festival : nous vous présentons des résumés et éventuellement des liens vers des fiches plus complètes.

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-  Fucking Amal de Lukas Moodysson

Suède-1999-1h30 Avec Alexandre Dahlstroom, Rebecca Liljeberg

C’est tout à la fois une chronique adolescente et celle d’une petite ville suédoise. A Amal, Elin, 15 ans, voit son adolescence s’écrouler sans grande surprise ; refaire le monde avec les copines, sortir le samedi soir, flirter sans grand espoir de lendemains. Elle est prête à tout pour briser son ennui et quitter au plus vite cette ville qu’elle considère comme un trou perdu au milieu de nulle part. Agnès, 16 ans, solitaire car trop différente pour se fondre dans la masse des adolescents, se réfugie dans l’écriture, se tenant ainsi éloignée d’Amal et de ses habitants qu’elle déteste. Le chemin de ces deux jeunes filles va se croiser et cette rencontre va simultanément leur permettre de se révéler à elles-mêmes.

Lakuas Moodysson a eu le désir de faire un film sur la jeunesse avant que le regard qu’il porte sur elle ne soit celui d’un adulte, ne gardant qu’un lointain souvenir de ses émotions. Il dépeint avec beaucoup de fraîcheur et de sensibilité le chaos émotionnel que traversent les deux jeunes filles et prend comme moteur de l’action leur désœuvrement. La spontanéité des deux interprètes et la vivacité de leur jeu donnent un ton très juste, bien loin des clichés.Aller plus loin

-  Tableau de Famille de Ferzan OSPETEK

Italie-2001-1H51 Avec Marguerita Buy, Stefano Accorsi, Serra Yilmaz

Antonio, biologiste à Rome mène une vie de couple épanouie, quand elle perd brutalement son mari Massimo dans un tragique accident de voiture. Plongeant dans son intimité, elle découvre, bouleversée, qu’il avait une liaison depuis sept ans. En cherchant pourquoi, comment, et avec qui, Antonia découvre un monde haut en couleur qu’elle ne soupçonnait pas. Son mari vivait depuis sept ans une passion avec un homme. L’univers qu’elle découvre, elle en ignore tout, et notamment qu’il est mû par les mêmes sentiments, les mêmes passions que ceux qu’elle peut éprouver.

Derrière la caméra d’un cinéaste turc vivant en Italie depuis plus de vingt ans, cette découverte d’autrui prend une dimension plus universelle extrêmement forte. Le plus beau et le plus réjouissant est sans doute que cet hymne à la tolérance existe, malgré son point de départ dramatique, dans une œuvre chaleureuse et pleine de gaieté.voir la Fiche complète
-  Paragraphe 175 de Rop Epstein et Jeffrey Friedman

Etats-Unis-1999-1h 21 Avec la voix de Rupert Everett

Le documentaire proposé par Rob Epstein et Jeffrey Friedman s’intéresse au sort des homosexuels sous le régime nazi. Une loi votée en 1871 condamnait à la prison « les actes contre nature » entre hommes. Elle conduisit au port obligatoire du triangle rose, marque d’infamie équivalent à l’étoile jaune pour les juifs, ainsi qu’à l’emprisonnement et à la torture de 100 000 homosexuels dont plus de 10 000 furent déportés dans les camps, où 6000 d’entre eux furent exterminés. Cette loi, bien qu’adoucie, restera en vigueur en R.F.A jusqu’en 1969 et n’a disparu du code pénal qu’en 1994. Les homosexuels attendent toujours la reconnaissance officielle du génocide dont ils ont été victimes.

Les images d’archives débutent pas l’évocation heureuse du Gay Berlin des années folles d’avant-guerre : Les homosexuels semblaient trouver leur place au milieu des groupes de jeunesse dédiées au culte de la nature et du corps, avant que ceux-ci ne soient récupérés pas les nazis.

Les témoignages des rescapés de cette époque sont rares : Les quelques survivants, lorsqu’ils s’autorisent à parler, ont malgré tout du mal à évoquer leur homosexualité, tant ce paragraphe 175 les a persécutés.

Ce sujet reste jusqu’à ce film encore tabou et n’a pas jamais été abordé dans le cinéma en France, en dehors de ce film il n’y a que « The Bent » de Sean Mathias mais il reste inédit en France. Je vous cache pas que ce film m’a fait froid dans le dos, le sujet est traité avec beaucoup de simplicité et cela a suffit a me mettre mal à l’aise.voir la Fiche complète
-  Mulholand Drive de David Lynch

Etats-Unis- 2001- 2h26 Avec Naomi Watts, laura Elena Haaring, Justin Theroux Prix de la mise en scène , cannes 2001

Le film débute par une rencontre insolite. Sur Mulholand Drive, ce boulevard qui serpente au sommet des collines d’Hollywood, une jeune femme brune s’extirpe de sa limousine qui vient d’être percutée par une autre voiture. Elle trouve refuge dans l’appartement de Betty, originaire de l’Ontario et venue à l’Hollywood pour tenter de devenir une movie-star. Puis de multiplient les intrigues et les personnages parallèles qui finiront par se croiser. Cette abondance scénaristique, remarquablement mise en scène, est un des grands bonheurs du film. Chaque scène, mystérieuse, comique ou inquiétante porte en elle une charge dramatique, une tension, un suspense ou une part de désir.

Par cet enchevêtrement de personnages et de situations Mulholand Drive embrasse les différentes formes de rêve et comme toujours chez Lynch, explore les zones reculées de l’inconscient. Naviguant en permanence entre l’hyperréalisme et l’hallucination, il entraîne le spectateur dans les rêves mystérieux et le spires cauchemars de ses personnages.

Mulholand drive mène une réflexion sur le cinéma, et plus précisément sur Hollywood, en tant que machine à rêve cruelle, dont l’aveuglante lumière de sa gloire et de l’argent fait tourner la tête de nombreux innocents qui viennent s’y brûler et s’y détruire. voir la Fiche complète

Emporte-moi de Léa Pool

Québec/Suisse/France - 1999 - 1h34 Avec Karine Vanasse, Pascale Bussières, Nancy Huston

Hanna est une adolescente canadienne des années 6O. L’année de ses 13 ans sera l’année de tous les possibles. Entre un père juif apatride, poète tourmenté et inconnu, une mère catholique, fragile et étreinte, un frère tendre et complice et une amie douce et différente, Hanna s’éveille au monde. Elle va tenter de devenir une jeune femme libre et responsable de sa vie fascinée par le personnage qu’incarne Anna Karina dans Vivre sa vie de Jean-Luc Godard, la jeune fille éprouve les joies et les tourments de son modèle, mélange d’exaltation et dégradation.

Mnifestation autobiographique, Emporte-moi traite du passage incertain de l’enfance à l’âge adulte. Léa Pool réalise un film tendre qui tente de retrouver l’innocence de l’enfance. La romancière Nancy Huston, co-scénariste du film, fait sa première apparition à l’écran : Elle incarne le professeur d’Hanna à la troublante ressemblance avec Anna Karina. Emporte-moi est un classique du film d’initiation où la question de la sexualité fait partie intégrante de la recherche d’identité. Le site officiel

Quai des orfèvres de Henri-gorges Clouzot

France-1947-1h45 Avec louis Jouvet, Suzy Delair, Bernard Blier, Simone Renant

Quai des orfèvres dans une programmation de films gays et Lesbiens, voilà qui à de quoi surprendre ! Et pourtant... Le propos premier de Clouzot n’est certes pas l’engagement pour la liberté de choix des pratiques sexuelles mais il n’empêche. Il y a dans le film un personnage secondaire mais très important, celui de Dora, jouée par Simonde Renant : La photographe amie fidèle du couple Bernard Blier/Suzy Delair. Officiellement amie d’enfance du premier, secrétaire, mais très explicitement amoureuse de la seconde. Et non seulement ce désir lesbien est ouvertement montré, mais n’est ni caricaturé, ni condamné au nom de quelque morale que ce soit. Dès 1947, Quai des orfèvres faisait donc bien plus pour la tolérance que n’importe quelle comédie grossière de ces dernières années, sur le sujet. Une belle occasion de redécouvrir ce chef d’œuvre sous un éclairage nouveau.

Leçon de ténèbres de Vincent Dieutre

France- 2000 - 1h20 Avec Andrej Burzynski, hubert Geiger, Vincent Dieutre

Utrecht, Naples, Rome...trois villes et deux histoires d’amour quident l’itinéraire nocturne d’un homosexuel à la recherche de la beauté perdue. Entre journal intime et drame baroque, Leçon de ténèbres reconstitue par fragments ce voyage fatal. Vincent Dieutre incarne cet homme sans nom, rôdeur à la dérive, qui confesse en vois off ses dragues furtives, sa relation avec son compagnon et sa désaffection pour le monde. Son errance a pour toile de fond l’œuvre du maître Caravage, que l’auteur n’hésite d’ailleurs pas à comparer à la représentation actuelle de l’érotique gay. Plus largement, via cette peinture, Vincent Dieutre aborde aussi la confusion, voire le naufrage du monde contemporain, où l’atomisation de l’individu va de pair avec un besoin profond d’intimité.

Une vie normal de Angela pope

Grande-Bretagne -1996- 1h44 Avec martin Donovan, Sam bould, Ian Hart

Une vie normal s’attaque à un préjugé très solidement ancré dans nos sociétés : Le fait pour un couple homosexuel d’élever un enfant. Il s’agit ici d’un père divorcé qui vit avec un autre homme et qui reçoit son fils un Week-end sur deux. Du haut de ses huit ans, le petit Olivier ressent bien le malaise qui règne entre ses parents depuis leur séparation mais il les aime indifféremment et tout se passe dans une relative quiétude. Jusqu’au jour où l’enfant arrive chez son père avec des marques qui sont loin de ressembler à celle de bagarres de cour de récréation... Angela Pope plonge dans la réalité avec ce film très sensible, qui revendique ouvertement la liberté pour tous d’avoir un enfant.voir la Fiche complète

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