Film lesbien
"La répétition" de Catherine Corsini
avec Pascale Bussières et Emmanuelle Béart
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lundi
12 janvier 2004, par Mat
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Catherine Corsini choisi de traiter une histoire peu conventionnelle pour son huitième long-métrage. De l’amitié à la haine, en passant par l’amour, le destin de deux femmes que l’innoncence a perdu...
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Fiche technique :
Film dramatique français de 2001
Réalisatrice : Catherine Corsini
Scénaristes : Catherine Corsini et Marc Syrigas
Compositeurs : Pierre Bondu et Fabrice Dumont
Directrice de la photographie : Agnès Godard
Monteur : Sabine Mamou
Chef décorateur : François Abelanet
Durée : 1h35
Date de sortie ciné : 22 août 2001
Disponible en DVD  Fiche artistique :
Emmanuelle Béart : Nathalie
Pascale Bussières : Louise
Jean-Pierre Kalfon : Walter Amar
Sami Bouajila : Nicolas
Dani Levy : Matthias
Marilu Marini : Mathilde
Pierre-Loup Rajot : conseiller d’ambassade
Synopsis :
C’est l’amour-mour-mour-mour ! Louise et Natahlie sont deux filles inséparables depuis leur plus tendre enfance. Mais quand, étudiante, Louise se sent trahie par son amie elle ne voudra plus la revoir coupant les ponts définitivement avec cette dernière. Pourtant leur chemin vont se recroiser et Louise, comme pour se faire pardonner, fera tout pour le bonheur de Nathalie... tout... par amour.
Mon avis :
Les histoires d’amour finissent mal en général. De l’amitié à l’amour puis de l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas pour Catherine Corsini, la réalisatrice de ce film noir. Les retrouvailles de Louise et Nathalie sont révélatrices : Louise est émue aux larmes quand elle la revoit sur scène avec surprise, elle est impressionnée du travail que Nathalie a pu réaliser au théâtre, elle fouille même dans sa loge. Nathalie, elle est plus en retenue et la fera patienter...
Mais cette première rencontre après des années -pendant lesquelles Louise s’est mariée et Nathalie a construit une relation solide avec un metteur en scène- déclenche une obsession castratrice chez Louise pour son ancienne amie, elle fera ressurgir ses pulsions les plus inavouées et les plus enfouies en elle. La deuxième rencontre n’est pas le fruit du hasard. Louise commence à mentir, et le film montre le début d’une relation ambigüe et malsaine entre deux anciennes amies qui vont peu à peu se retrouver, s’apprécier, s’aimer, se détruire...
 Autour d’elles, les hommes sont punis... personne ne sort indemne de ce désastre engendré par Louise... Matthias, le metteur en scène, quitte Nathalie. Et Louise se désintéresse de Nicolas, son mari, et de son mariage qui ne s’en remettra pas. D’un point de vue personnel, c’est pire... Nathalie sombre dans l’alcool et la dépression alors que Louise s’usera à s’occuper de celle qu’elle désire.
 Car Louise est maladroite : le mensonge, le vol, elle ne reculera devant rien pour l’amour de Nathalie... Une Nathalie intelligente, qui n’est pas dupe... mais pourquoi cette insistance ? A peine est-elle seule que Nathalie fait appel à son amie. Alors comme Nicolas on ne comprend pas la nature de leur relation... Surtout quand Nathalie rejette violemment Louise... Le "Je t’aime moi non plus" fonctionne un temps, mais le spectateur, au bout d’une heure, se lasse quelque peu de ces jeux de rôles. Louise est l’amie, Louise est la mère, Louise est l’amante, puis Louise est l’indésirable, Louise est la méchante, Louise est la vénéneuse... Nathalie est adorable, Nathalie est la déprimée, puis Nathalie est perdue, Nathalie est méchante...
Pour les actrices c’est un travail formidable ! Béart et Bussières sont extraordinaires dans la joie comme dans la détresse. Mais les changements d’humeur, les hauts et les bas incessants que nous inflige le scénario fatiguent. Dommage.
Pour ce film, Corsini fait appel à trois figures emblématiques de la culture gay au cinéma : Pascale Bussières en premier lieu, québéquoise bien implantée en France qui a fait ses débuts outre-atlantique dans "When night is falling" où elle vivait une relation passionnée avec une autre femme. On retrouve également Sami Bouajila, le "Drôle de Félix" du couple Ducastel et Martineau qui a également joué dans des films comme "Change-moi ma vie" ou "Nos vies heureuses". Enfin, Pierre-Loup Rajot, premier rôle masculin du précédent film de Corsini "La Nouvelle Eve" et amant de Sami Bouajila dans "Drôle de Félix", fait ici une petite apparition.  Revue de presse :
Studio : la cinéaste n’est jamais aussi juste, aussi bouleversante, que lorsqu’elle est dans le vif de la passion. Que ce soit dans les éclats, la ferveur et les déchirements, les ambiguités et les incertitudes. (...) l’intensité des deux actrices est pour beaucoup dans cette réussite.
Télérama : "La Répétition" multiplie les pistes et y puise sa richesse : suspense du film de genre, sensualité d’une étreinte homosexuelle, dissection d’une rivalité amoureuse, c’est en accumulant les thèmes que Catherine Corsini parvient à rendre fascinante la relation qui unit Louise à Nathalie - et qui les déchire.
Ciné Live : La réalisatrice fait ici le choix d’un scénario qui frise parfois la psychologie appliquée et donne un sentiment qui assèche le film. Il y demeure néanmoins de réels moments de grâce, dûs en grande partie à ses talents de directrice d’actrices et à ses deux comédiennes.
Libération : Malgré ces maladresses, le film ne se laisse pas facilement oublier. Quelque chose de vraiment authentique l’habite. La douleur sourde, qui traverse le film de part en part, a quelque chose de non feint et de vraiment prenant.
Les Echos : On pense parfois au scénario de « Harry, un ami qui vous veut du bien », en plus sensuel, et subtil d’abord. Et puis, la subtilité devient cliché, la perversité trouble manichéisme... répétitif, et l’on se lasse.
L’Express : Une histoire glauque, mi-thriller, mi-tragédie, dont on attendait qu’elle soit racontée avec plus de distance et d’humour par la réalisatrice de La Nouvelle Eve. Décevant.
Les Cahiers du Cinéma : Oscillant entre le grotesque (...) , les fausses bones idées (...) et quelques moments d’éclat (...) , La Répétition désole comme désolent les films sages et scolaires qui se veulent risqués et enflammés.
Mes liens :
Le site officiel de Catherine Corsini
Le site de Emmanuelle Béart en anglais
Le site complet sur Pascale Bussières
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