Fiche technique et artistique :
Film américain écrit et réalisé par Julian Schnabel d’après l’œuvre de Reinaldo Arenas
Directeur de la photographie : Xavier Perez Grobet
Compositeurs : Laurie Anderson, Lou Reed et Carter Burwell
Avec Javier Bardem, Olivier Martinez, Johnny Depp, Andrea Di Stefano, Sean Penn, Michael Wincott…
Date de sortie : 13 juin 2001
Durée : 2h13
Titre original : « Before night falls »
Synopsis :
Sea, sex and sun. Après avoir été abandonné à sa naissance par son père, le petit Reinaldo Arenas est emmené par sa mère à la campagne chez les grands-parents maternels. Pauvre matériellement, le jeune Reinaldo développe une grande richesse intellectuelle qui le mène très vite à l’écriture et à la poésie. A 14 ans, il rejoint les rebelles castristes qui luttent contre la dictature de Fulgencito Batista. Mais une dictature en amène une autre et celle de Fidel Castro rejette violemment les éléments « anti-sociaux » de l’île que sont les intellectuels, les écrivains et les artistes. L’homosexualité est également violemment condamnée… Pour Reinaldo, homo libre et affranchi, c’est le début de la fin…
Mon avis :
Badland. C’est sur l’île de Cuba que se déroule la majeur partie du dernier film de Julian Schnabel « Avant la nuit ». Une île qui par définition se trouve entourée de mer, d’eau vive et peut ainsi symboliser la prison, l’enfermement tout comme la liberté, le paradis. Reinaldo Arenas est comme cette île : emprisonné et libre à la fois. Quand il a vingt ans, trois choses font son bonheur : sa machine à écrire, la liberté recherchée par lui-même et de nombreux adolescents de son âge et la découverte de la mer. Sa condition homosexuelle sera déterminante dans sa vie : elle lui amènera le meilleur comme le pire.
Dans la première partie du film, c’est le meilleur : son travail à la bibliothèque nationale, ses amis poètes, ses relations avec les hommes, la plage, le soleil et ses livres. Il obtient d’ailleurs à vingt ans le second prix littéraire pour son unique livre publié à Cuba « Celestino antes del alba ». Dans la seconde partie du film, c’est le pire : la chasse aux « déviants » par Castro, la prison, les livres interdits et certains publiés clandestinement à l’étranger (« El mundo alucinante »), la prison, les évasions, le SIDA.
Mais Schnabel montre la rage de vivre de cet homme soif de liberté. Si le film est dur et triste, osons dire qu’il est optimiste. Dans l’univers de la terreur que subissaient les artistes engagés et autres intellectuels, Schnabel montre leur combat face aux oppressions. Ainsi, Arenas a des amis formidables (quand ils ne le trahissent pas) dont un Olivier Martinez qui est parfait en jeune hétéro meilleur ami de Javier-Arenas-Bardem, rôle qui lui a ouvert les portes d’Hollywood (on l’a beaucoup vu depuis sur les écrans américains, notamment aux côtés de Richard Gere dans « Infidèle » ou Mira Sorvino pour « Semanta Santa »). Johnny Depp fait aussi partie de ces coins de ciel bleu qui savent si bien embellir Cuba et la vie d’Arenas. Acteur à deux visages dans le film, il inspire aussi bien le rire, quand il met sa robe et sa perruque, que la peur, quand il enfile l’uniforme militaire. Son rôle de travesti vaut le coup d’œil car Depp n’en rajoute pas et interprète un passeur de papiers de cigarette aussi inventif qu’inoubliable !
L’ensemble du film respire la beauté des longs-métrages de Terrence Malik (« Badlands »). On pense à « La ligne rouge » pour son côté grave, au sens premier du terme. « Avant la nuit » est également proche du documentaire pour la complexité de l’histoire et les détails de l’Histoire. Schnabel prend enfin le même plaisir que Malik à filmer la nature comme ses personnages principaux la voit, c’est-à-dire belle et forte. Belle et forte : comme la personnalité de Reinaldo Arenas magnifiquement interprété par Javier Bardem, un acteur incroyable. Plus connu pour ses rôles dans des films de Perdo Almodovar (petit rôle dans "Talons aiguilles", grand dans "En chair et en os"), il joue ensuite de son image de macho dans "Bocca a bocca" et se retrouve dans la peau de Reinaldo Arenas qui lui vaut deux nomminations du meileur acteur pour les Golden Globes et les Oscars.
Le film finit à New York où se retrouve en exil Arenas, chassé de son paradis cubain. Une nouvelle terre qui lui fit perdre ses plus beaux atours. Non vraiment, il n’aura jamais retrouvé ce qu’il a pu vivre dans sa jeunesse… et qu’il a retranscrit dans un dernier livre « Before night falls » publié en 1993, trois ans après sa mort…
Liens :
Pour en savoir sur la vie et l’oeuvre de Reinaldo Arenas : http://www.axelibre.org/litterature...
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