Fiche du film :
Film français réalisé par Sébastien Lifshitz
Avec Jérémie Elkaïm (Mathieu), Stéphane Rideau (Cédric), Marie Matheron (Annick), Dominique Reymond (la mère), Laetitia Legrix (la sœur), Nils Ohlund (Pierre)...
Synopsis :
C’est un amour de vacances, une histoire sans lendemain ? Mathieu passe ses vacances chez sa tante avec sa mère et sa sœur près de Nantes au bord de l’océan. Il rencontre Cédric qui lui fait découvrir son homosexualité. De l’acceptation à l’amour naissant et jusqu’au coming-out, Mathieu passera par des étapes difficiles qui le conduiront à une tentative de suicide.
Les homos sont-ils tous fans de Mylène Farmer ? C’est une histoire difficile que raconte Sébastien Lifshitz, complexe malgré ses airs de comédie de vacances. Il ne choisit pas la meilleure manière pour décrire le parcours du jeune Mathieu découvrant son penchant pour les garçons. En effet, construite comme un triptyque chronologique, (trois périodes plus ou moins distinctes : les vacances et la liaison amoureuse, l’hôpital après la tentative de suicide, et le retour à la maison de vacances et la convalescence), l’histoire alterne, voire mélange, les flashes back dans une confusion parfois dommageable. Seul le choix de deux ambiances (chaude et ensoleillée pour les scènes des vacances et froide et bleue pour l’hôpital et la convalescence) tranche vraiment. Cela en dit long également sur l’état d’esprit de Mathieu, son avant et après tentative de suicide, grande ellipse du film.
Les situations sont un peu convenues, on assiste à un catalogue des activités à ne pas rater quand on est en vacances (mer, visite touristique la journée, boîte de nuit, fête foraine, bain de minuit le soir...). En revanche quand Lifshitz se penche sur son personnage principal, Mathieu, il donne vie à un garçon torturé, en constance remise en cause de lui-même, fragile... Jérémie Elkaïm (vu dans le téléfilm « A cause d’un garçon »), regard profond mais charisme absent, joue en finesse et ose la nudité tout comme Stéphane Rideau, vigoureux, bronzé et beau sous le soleil de l’Atlantique. Sa carrière l’a souvent conduit dans des films sur l’homosexualité, en témoigne « Les roseaux sauvages » d’André Téchiné, « A toute vitesse » de Gaël Morel et « Sitcom » de François Ozon. Son jeu est parfait, comme d’habitude, et sa dégaine fait toujours autant rire !
Du côté des comédiennes, le casting réserve de belles surprises avec notamment la tante Annick, jouée par Marie Matheron, excellente dans son rôle de médiatrice et de comique de service. On se souviendra de ses talents de cuisinière qui ne plaisent qu’à elle ! La sœur, enfin, interprétée par Laetitia Legrix inspirée lorsqu’elle sort ses insultes et ses coups vaches face au frère qu’elle perd. Des comédiennes drôles pour des situations cocasses voire franchement hilarante. Des rires également face aux dialogues à la limite du grotesque notamment quand la tante frappe à la porte de la chambre de Mathieu qui lui ouvre torse nu un peu tardivement et où on voit Cédric torse nu en arrière plan : Annick demande pourquoi ce retard et Mathieu de répondre : on jouait aux fléchettes ! Ou lorsque Stéphane Rideau et Jérémie Elkaïm chantonne une version arrangée sauce gay d’un célèbre tube de Mylène Farmer... Cela fait beaucoup rire et pour une comédie dramatique, c’est déjà ça !
Retour sur la page La nuit du cinéma gay et lesbien