Voilà un poème que j’ai fait il y a quelques mois en m’inspirant d’un sujet d’arts plastiques dans lequel j’avais ou j’ai voulu exprimer les obstacles constants que rencontrent les homosexuels...
Premier texte
Cet homme me sourit
Comment expliquer
Que je ne suis pas comme ça,
Tel que l'on m'a rêvé ?
Comment exprimer
Cette différence qui est là,
Et que l'on voudrait me voir refouler ?
Aujourd'hui mon cœur de verre
Est fendu de toutes parts ;
Le moindre souffle d'air
Le ferait s'envoler en éclats
Son sein presque brisé
En lui retient encore
Le souffle tiède presque éteint
Qu'il m'a offert la première fois
Un ruban de velours,
Rouge de ma passion,
Mince mais pourtant tenant,
Enserre mon cœur, en retenant les fragments.
Autour de moi la terre asséchée
S'abreuve du sang qui coule
Des mes ailes blanches de liberté
Qui désormais ne me portent plus
Les chaînes rouillées de ces valeurs,
Vétustes et enracinées,
Mordent mon esprit et mon corps,
Scellées par cette serrure
Dont la clef est tenue éloignée
De la portée de ma volonté blessée.
Eparpillés aux quatre vents,
Je vois les morceaux,
Ceux des visages de porcelaine
De ceux qui par la peur on été détruits,
Dont les larmes aujourd'hui me font vaciller
Les feuilles mortes du désespoir
Emplissent la rue mon désir
Et la pluie froide du Jamais Plus
Traverse mon manteau de papier
Le rosier immaculé grimpe,
Les roses d'influences et prêcheuses
Déchirant ma peau deviennent rouges,
Epuisant peu à peu sang et amour,
Puis se fanent dans soupir victorieux
Les entraves des idées
Me tiennent éloigné de lui,
Mais de même m'y rattache tant et plus
Je soupir enfin, et je sais,
Le lien de notre idylle n'est pas flétri
Vous qui dites vouloir mon bonheur,
Qui vous cachez derrière des masques,
Ecoutez la complainte chantée par mon cœur :
« Une félicitée telle que celle-ci
Ne pourra pas être surpassée ;
Je veux simplement être près de lui
Je veux juste être avec lui
Je veux encore pouvoir
L'embrasser sous la pluie
Surprendre son sourire dans mon miroir
Et sentir sur ses épaules
Son manteau trop grand pour moi
Etre dans ses bras est une volupté,
Lui parler me charme,
Etre contre lui m'enchante,
Et plus que son souffle rien ne peut m'apporter de chaleur.
Son corps est ma demeure,
Ses lèvres mon plaisir,
Son être la moitié de mon cœur
L'Amour n'a pas de sexe
Et n'a aucune règle,
Il frappe comme un traître,
Sans demande et sans accord
Cet homme me sourit
Et celui que je suis se donne à lui,
Alors laissez-le m'aimer ;
Vos paroles peuvent s'envoler,
Mais laissez-moi l'aimer.
Le deuxième :
ce texte est un poème d’amour désespéré...que j’ai écrit quand je déprimait...
Vœux stériles
J'aimerais quand j'ai froid
Quelqu'un qui soit là, près de moi.
Sans que l'hiver mordant de la solitude
Pénètre par mes fenêtres ouvertes.
J'aimerais quand je pleure
Quelqu'un qui me console
Et sèche les larmes trop acides
Qui surviennent en place d'ivresse.
J'aimerais quand la mélancolie me pèse
Quelqu'un qui sache me faire rire.
La grisaille qui recouvre mes pas
N'en serait alors plus passagère.
J'aimerais quand je me promène
Quelqu'un qui prenne ma main
Et me montre le chemin
A travers les pièges et les appâts.
J'aimerais quand je ne trouve le sommeil
Quelqu'un qui veille sur mes rêves.
Las de me battre contre mes sombres songes,
Je pourrais alors m'égarer serein.
J'aimerais qu'un nom soit sur mes lèvres
Quand je me réveille le matin.
Prononcé encore et toujours,
Il invoquerait le sentiment.
J'aimerais que l'on m'apprenne
A vivre sans larmes ;
J'aimerais que tu ne t'échappes pas
Dès que je crois te saisir.
Mais, entêté, tu t'éloigne
Sans que j'arrive à te retenir.
Tes contours se troublent et s'effacent
Ainsi que ton souvenir qui s'estompe
Pour ne plus laisser de traces.
Le troisième :
Ce poème-là est un sujet d’espagnol de mon année de troisième... A l’origine, il était en espagnol, mais je l’ai traduit...
Si tu m’aimais ! (inspiré des albums de Yann Tiersen)
Si tu m'aimais, oui, Si tu m'aimais !
Ma vie monochrome
Jusque là faite
D'absence et d'échec,
De mes espoirs épars
Comme des éclats de miroirs à mes pieds
Dans lesquels je revois les fragments
De mes lettres d'explications,
De mes rêves froissés,
Serait de nouveau une vie !
Si tu m'aimais !
Ce ne serait plus moi chaque fois
Qui gagnerais la coupe,
La coupe de neige maculée
Et de rêves aux fleurs déjà fanées.
Si tu m'aimais !
Toi et moi dans la rue remplie d'automne
Sous le ciel humide et clair.
Moi, je surprendrais un de tes sourires
Entre les chevaux d'un manège ;
Toi, et la chaleur sur mes épaules
De ton manteau trop grand pour moi.
Si tu m'aimais !
Tu me laisserais m'égarer
Dans le dédale de tes paroles,
Comptine d'un autre été,
Echarpe de ton souffle chaud sur mon cou.
Si tu m'aimais !
Toi, celui en qui j'aimerais voir
Une autre réponse enfin.
Si seulement tu me voyais
Entre les ombres de la foule !
Si tes mots remplaçaient mon silence !
Si ta chaleur chassait mon hiver !
Avant ma chute dans le fond du puits,
Si tu me rattrapais !
Si tu m'aimais, oui,
Si tu m'aimais !
Le quatrième, enfin...ce poème-là, c’était pour Alain quand il est passé de Alain85 à Zoga, ce que m’a inspiré sont adieu virtuel qui m’a tellement chamboulé :
Adieu
Quand la languissante romance des violons
M'enlace et fait valser mon esprit,
Quand la pluie tiède efface ici
Le souvenir de toute vie
Quand les rayons pâles de l'astre d'or blanc
Irriguent la terre de lumière,
Je sens mes yeux qui se ferment…
Quand j'entends dans le jardin Les fleurs qui se meurent,
Quand le rire froid de la lune
Me fait grelotter,
Quand les ombres grandissantes
Hurlent leurs peurs aux étoiles,
Je sens mon corps tomber…
Quand les feuilles succombent au sol
Et que leurs sœurs ricanent du haut des arbres,
Quand le vent rude et froid
Chante sa victoire sur les champs abandonnés,
Quand la marée sombre des nuages
Déferle sur le ciel d'acier,
Je sens ma pensée s'écrouler…
Quand les routes de mon voyage
Touchent ici à leur fin,
Quand les notes qu'égrène le piano
Se perdent dans les brumes mais résonnent,
Quand le silence étend sa cape autour de moi,
Les horloges du temps se sont arrêtées.
Et je sens mes larmes couler…
Quand tous ici, tous ceux que j'ai tant aimés,
Et le parcours que jusque là j'ai mené tourne,
Quand on j me dit que tout cela est terminé, à jamais,
Alors que pourtant le bonheur s'est imprimé,
Quand la cage qui l'abrite ne sera plus qu'un étrange rêve,
Il suffira de l'ouvrir pour me libérer…
Et je sens mon âme s'envoler,
Sans qu'elle sache qu'un jour,
Je renaîtrais.
Rochel (pour le joindre directement :inorganicangel@wanadoo.fr)
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