Réaction d’une maman
Quelques mots mis sur le papier des nuits d’insomnie...
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jeudi
2 octobre 2003
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La réaction d’une maman un mois après avoir appris que leur second enfant était homosexuel.
24 février 2001
"Ecrire, grimper, courir, hurler... Qu’importe : il faut un exutoire, un défouloir, un mur où se cogner ! Un moyen d’exprimer, d’évacuer sa douleur, sa stupeur Un papier pour coucher tous les mots qui pourront peut-être atténuer les maux..... Il faut trouver un début de délivrance A ces atroces affres d’indicible souffrance Mal au ventre, mal au coeur, mal au corps. Pendant des jours, des mois, retenir ses pleurs, Ressasser ses angoisses, ses nuits de cauchemars, Ces efforts épuisants pour essayer de "faire comme si" Cacher ses soucis, ces heures de cafard, Ce trou noir où parfois l’on se sent happé, Ce désir d’en sortir, mais cette difficulté à remonter, Qui comprendra la profondeur de ma douleur ? J’ai tellement voulu être Mère ! Ce fut à chaque fois un bonheur tellement immense, Une joie innommable, des années de don total pour eux, Des nuits de veille pour soigner leurs petits ou gros "bobos", Des joies et des soucis à chaque étape de leur vie. Mais aussi, sans que l’on y prête attention, des perspectives tacites sur leur devenir Savoir aujourd’hui qu’il faut changer d’avenir, Comprendre que d’eux ne naîtra pas la vie ! Admettre que notre lignée soit déjà finie... en aurons-nous la force ? notre couple y survivra-t-il ? Seul le temps connaît la réponse : lui seul peut nous aider dans ce travail de deuil, deuil de nos projets, deuil de notre descendance, deul de lendemains "traditionnels" tels que nous les envisagions de par le conditionnement qui nous a façonnés depuis notre premier jour.... Réjouissons-nous cependant de leur courage, de leur loyauté envers eux-mêmes et à notre égard. Si nous sentons qu’ils sont heureux, nous le serons aussi. Ne continuons pas sur le chemin où nous nous étions engagés, bifurquons vers celui qu’ils veulent nous faire emprunter,osons aborder l’inconnu pour le découvrir, l’apprendre, le comprendre, l’apprécier. Regardons les vivre leur vie, leur Amour, dans la clarté, la franchise. Ils sont et seront à jamais notre légitime fierté. Savourons cette bonne entente entre nous 4, accueillons leurs amis comme des fils supplémentaires ; soyons auprès d’eux pour lutter contre les préjugés, les discriminations. L’EVIDENCE DE LEUR BONHEUR SERA NOTRE RECONFORT. Il nous faut aujourd’hui puiser au plus profond e nous le courage de continuer. Ils sont ma raison de vivre, ils sont toute ma vie, ils sont le fruit de notre Amour ; ils ont été tellement désirés, tellement attendus ; ils sont la réussite de nos vies. Ils connaissent notre souffrance, mais nul n’est responsable de leur différence. Cette épreuve nous renvoie à une question fondamentale : "pourquoi fait-on des enfants ?" : pour se faire plaisir ?, pour connaître les joies et le bonheur d’enfanter, de pouponner, de câliner, pour que s’accomplisse un désir viscéral et légitime de procréer ? La situation de Parents est une longue alternance de joies immenses, de bonheur total, et de douleurs insoutenables, de tortures épuisantes, de questionnement sans réponse. Comment prévenir, prémunir... les parents et futures parents contre ces événements brutaux, leur donner les moyens de faire face à ces séismes dévastateurs qu’aucune échelle de Richter ne saurait quantifier ! Comment retrouver le goût de la vie, le goût des autres, repartir sur d’autres bases, d’autres voies, et puis où, comment, avec qui, pour qui ? Espérer en leur bonheur, se projeter quelues années en avant pour les voir et les savoir bien dans leur peau, bien dans leur vie affective et professionnelle. Ne plus pleurer, ne plus se questionner, ne plus culpabiliser, ne plus en vouloir à la terre entière, ne plus se morfondre, ne plus se demander pourquoi ?, pourquoi eux ?, pourquoi chez nous ? Faire taire cette tempête de questions, remplacer le froid et le vide qui sont entrées en nous depuis que "nous savons" et laisser le soleil nous réchauffer....."
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> Quelques mots mis sur le papier des nuits d’insomnie...
17 novembre 2003, par legoly
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Chère Mady, j’ai pu remarquer ta présence partout sur ce site. Cela montre que tu t’intéresses à la vie des homosexuels, donc à la vie de tes enfants.
Personnellement, je parle très ouvertement de mon homosexualité à mes parents, sans problème. Mais ils n’ont jamais voulu me faire part de leurs sentiments lorsqu’ils l’ont deviné. Je suppose que ça leur a fait de la peine et qu’ils n’ont pas envie de me dire que je les ai en quelque sorte déçus. Mais j’aimerais bien savoir comment eux, ont vécu cela. A chaque fois, ils changent de sujet. Tu n’aurais pas une astuce pour les faire parler, une manière d’installer ce dialogue ?
En attendant, je t’embrasse bien fort.
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> Quelques mots mis sur le papier des nuits d’insomnie...
18 novembre 2003, par Mady
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Cher Legoly,
Merci pour ton message ; çà peut te paraître paradoxal, mais mes fils ne me parlent (encore moins à leur papa)jamais de leur homosexualité. Juste de temps à autre qques allusions à leurs compagnons respectifs (1 que nous connaissons l’autre que nous n’allons par tarder à connaître). C’est moi qui provoque souvent la discussion, à propos (par exemple) d’un film, d’une personnalité, d’un article dans la presse, etc.. mais ils répondent très succintement. Pour eux je crois que c’est acquis, ils savent que nous les acceptons sans problème ; ils savent aussi notre souffrance mais à quoi bon en reparler, personne n’y pouvant rien changer. Maintenant ils nous voient sereins de les sentir bien dans leur peau, bien dans leur vie et là est sûrement l’essentiel.
Excuses moi d’avoir encore une fois "parlé de mon cas" mais pour ta question, je n’ai franchement pas "d’astuce" à te communiquer, si ce n’est aussi d’engager la conversation à l’occasion d’une émission, d’un fait divers, etc.. Sans doute n’ont-ils, comme nous tous, pas envie de revenir (par souci de se préserver et de TE préserver) sur leur souffrance, leur stupeur au moment où ils ont appris. Difficile de te conseiller sans connaître le contexte (ont-ils d’autres enfants, auront-ils ou ont-ils la chance d’avoir des petits-enfants, tout ça toi seul le sait et peut donc analyser en fonction).
Courage en tout cas,
Bises,
Mady
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> Quelques mots mis sur le papier des nuits d’insomnie...
2 octobre 2003, par matthieu
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Chère Mady ;
J’admire toujours les réponses que tu donnes aux différents intervenants, j’apprécie la chaleur que tu mets dans tes termes pour réconforter chacun et l’aider à avancer... Et aujourd’hui, c’est toi qui te livres. C’est toi qui nous dit la douleur d’avoir un enfant homosexuel. C’est toi qui nous racontes tes souffrances. Je comprends qu’il vous (parents) faille faire le deuil de l’enfant idéal. Mais ce deuil, ne l’aviez-vous pas fait depuis longtemps ? Et puis, tes réflexions sur la fin de la lignée : tes enfants adopteront peut etre, et puis, l’essentiel est le bonheur de chaque individu composant la famille, pas le bonheur de la famille en tant que telle. Je peux arriver à comprendre tes souffrances, mais ne souffre pas pour eux, pour ce qu’ils sont susceptible de vivre (de négatif) du fait de leur homosexualité ; et pour finir ce long bla-bla, une petite citation (j’adooooooore les citations) : Si les enfants devenaient ce qu’en attendent ceux qui leur ont donné la vie, il n’y aurait que des Dieux sur terre. A bientot j’espère Matthieu
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> Quelques mots mis sur le papier des nuits d’insomnie...
2 octobre 2003, par Mady
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Merci Matthieu de ces quelques mots. Moi aussi, j’adore les citations. Celle là je connaissais ; elle résume bien les attentes que l’on a (à tort) pour sa progéniture.. mais que veux tu c’est comme ça. Bien sûr qu’il y a plein de moyens d’avoir des enfants mais les probabilités sont moindres qu’avec des enfants hétéros, tu en conviendras... Je sais aussi qu’il n’est pas sûr du tout qu’avec des enfants hétéros, nous aurions été grands-parents, je sais tout ça, bien sûr... mais n’empêche. Tu parles du deuil de l’enfant "idéal", c’est quoi ?? Non nous ne voulions rien d’idéal, nous avions dans notre tête le tracé d’un avenir un peu plus "conventionnel", c’est tout.. Comme je l’ai dit à Idir en envoyant cela, il faut resituer le fait que ce fut écrit un mois après "l’annonce"... Depuis, nous avons fait du chemin, nous avons un peu cicatrisé. Nous savons où est l’essentiel : le BONHEUR DE NOS FILS. Quant à ne pas s’inquiéter pour leur devenir : trouve moi un parent (digne de ce nom) qui ne s’inquiète pas pour ses "petits" même quand ils ont 30, 40 ans.. et plus ; crois moi c’est une espère rare ces parents-là..
Ne t’inquiètes pas. Nos enfants sont formidable, gentis, très attentionnés avec nous ; nous avons de vrais amis, une famille solide et solidaire.
Moi aussi, je te dis à bientôt,
Bises,
Amicalement,
Mady
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> Quelques mots mis sur le papier des nuits d’insomnie...
14 octobre 2003, par Mady
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Cher Matthieu,
Je connais cette citation mais je ne l’ai jamais fait mienne. Je voulais juste préciser que pour moi, la douleur ne vient pas d’avoir un enfant homo mais de la conséquence du fait que TOUS MES ENFANTS le sont..., c’est différent je crois.
Je reprécise que j’ai fait bcp de chemin dans ma tête (et dans mon couple) depuis février 2001, même si je sais qu’il m’en reste bcp à faire... !
Bien sûr que l’essentiel est le bonheur de chaque membre de la composane "famille".
Quant à ne pas s’inquiéter pour l’avenir de nos fils.... ça, c’est une autre "paire de manches"....
Bises,
Amicalement,
Mady
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