Ma réaction face à ton Coming Out
Qualifié d’homophobe, voire d’homosexuel refoulé, je partais avec un handicap sérieux pour émettre un avis intéressant face à un Coming Out. Mais bon, comme les homos aussi peuvent avoir tort, je ne me suis pas arrêté là.
La vérité c’est qu’avant tout ça, jouer les folles perdues ou traiter ses potes de tantouzes me faisait bien rire. C’était un jeu, une blague, ça n’avait rien de réel, le monde gay n’existait simplement pas.
Alors quand tu m’as appris ton homosexualité, tu comprendras que je me suis trouvé un peu bête et je n’étais pas bien préparé pour avoir une réaction, disons, utile. J’étais balancé dans une autre dimension et ça m’a obligé à réfléchir beaucoup (ce qui ne pouvait pas me faire de mal).
En fait, je n’ai pas mis longtemps à me décider : j’ai fait table rase de (presque) tout ce que je pensais et plutôt que de te dire des platitudes, j’ai essayé de t’exprimer ce que je ressentais : d’abord une grande fierté face à cette confiance que tu mettais en moi, ensuite une sorte de devoir à mériter cette confiance. Bien sûr, j’ai pas échappé à quelques moments de pure niaiserie même si j’ai évité les « tu es sûr ??? » ou les « c’est pas grave tu sais … »
Je sais peu de choses en vérité, mais je ne crois pas que tu voulais que je te déballe ma théorie sur l’homosexualité (je suis sûr que tu es assez calé). Je crois plutôt que tu voulais savoir si j’allais rester ton ami comme avant, si mon regard sur toi allait changer.
Il paraît qu’il y en a qui ne te parlent même plus après …
Moi, ça m’a rapproché de toi … et c’est pas si étrange que ça, juste une question de confiance et d’amitié sans doute. Oh, j’ai pas compris grand chose, je t’ai dit des choses autant pour me rassurer que pour te soutenir. J’étais maladroit et hésitant. Comment réagir correctement face à quelque chose de si important pour toi ? Il aurait fallu ne rien dire c’est vrai … parce que ça ne doit rien changer justement. Mais bon, je me sens toujours obligé de donner mon avis quand un ami vient me voir.
J’ai juste essayé de te faire ressentir que je serais toujours là et que ce n’était ce genre de chose qui dresserait un mur entre nous. Voilà… bon, je ne suis pas tomber non plus amoureux de toi parce que, étrangement, tu es resté toujours aussi con qu’avant J.
Quant aux raisons qui t’ont poussées à faire ton CO, tu les connais mieux que moi et ces quelques lignes ne suffisent pas à les exprimer.
J’ai terminé. Je suis pas très fier de ce que j’ai écris. Tu as le droit de te moquer mais songe bien que pour un homophobe convaincu comme moi, ces quelques mots sont déjà un exploit.
Ton ami, Marc