Livre
A Visage découvert
De Stephane Riethauser
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jeudi
1er novembre 2001
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Pour la première fois, 30 jeunes gays et lesbiennes de Suisse Romande racontent leur histoire à visage découvert. Avec élégance, talent et philosophie, mais surtout avec une honnêteté et un courage qui forcent le respect, ces jeunes gens évoquent la découverte de leur homosexualité et l’affirmation de leur identité dans un monde a priori hostile à la différence. Non sans émotion, ils racontent les souffrances que génère l’homophobie et le combat qu’ils ont dû mener pour briser les tabous et faire leur « coming out », c’est-à-dire sortir du placard dans lequel ils étaient enfermés. Des récits de vie qui rappellent certaines valeurs essentielles et qui soulignent qu’au-delà de nos différences, nous avons tous besoin d’amour et de liberté.
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| Je l’ai dit : « Maman, je suis homo ».C’était il y a trois ans. Je ne regrette rien. Cet instant représentait le résultat d’un long cheminement intérieur, une remise en question de tout ce qu’on m’a appris à être. Antoine, 17 ans, Fribourg |  | J’ai refoulé, j’ai accentué, maintenant je ne veux qu’être, rien de plus. J’ai 18 ans... et j’aime trois femmes : celle qui est en moi, celle qui me tient la main, et celle qu’on appelle vie... Virginie, 18 ans, La Chaux-de-Fonds |  | Si la découverte de mon homosexualité m’a causé bien des tourments, je ne la considère aujourd’hui plus comme un problème. Et mon regard se pose en toute quiétude sur tous les beaux garçons que je croise dans la rue. Ludovic, 20 ans, Payerne |  | J’ai décidé d’en parler, pour ne pas continuer à vivre dans un demi-jour, sans vraiment mentir, mais sans dire la vérité non plus. Annick, 21 ans, Genève |  | Les gens qui m’entourent ont compris que ce n’est pas en jugeant mon orientation sexuelle qu’on peut apercevoir mes qualités. Si je peux dire aujourd’hui que je suis gay et que je vis pleinement ma vie, c’est grâce au soutien de mes parents et de ma sœur que j’aime. Didier, 21 ans, Martigny |  | On dit que l’une des choses les plus difficiles est de vaincre sa propre homophobie ; je n’y suis pas encore totalement parvenue : trop souvent je me sens fausse vis-à-vis de personnes qui se confient à moi et auxquelles, ma foi, je ne parviens pas à révéler cette part pourtant non négligeable de ma personnalité ; peur du rejet évidemment, mais crainte aussi de disparaître derrière cette seule et unique étiquette que serait mon homosexualité. Luana, 20 ans, Neuchâtel |  | Pour être sûr qu’on me laisserait tranquille avec les histoires de filles, je me suis mis à dire que je voulais devenir prêtre : dans mon esprit, il valait mieux que mes copains me trouvent original plutôt qu’ils me sachent gay. Stan, 23 ans, Châtel-Saint-Denis |  | Etre visible est pour moi une nécessité absolue : je ne me sentirais pas honnête avec moi-même si je devais me restreindre de quelque manière que ce soit pour "préserver" certaines personnes. De plus, il faut être visible pour les gays et les lesbiennes qui souffrent du manque total de repères et de figures représentatives. Barbara, 25 ans, Lausanne |
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