Fiche technique :
Film américain réalisé par Ron Howard
Scénario : Akiva GOLDSMAN d’après le livre de Sylvia NASAR
Directeur de la photographie : Roger DEAKINS
Musique : James HORNER
Date de sortie : 13 février 2002
Titre original : "A Beautiful mind"
Fiche artistique :
John Forbes Nash Jr : Russel CROWE
William Parcher : Ed HARRIS
Alicia Nash : Jennifer CONNELLY
Docteur Rosen : Christopher PLUMMER
Charles : Paul BETTANY
Bender : Anthony RAPP
Ainsley : Jason GRAY-STANFORD
Sol : Adam GOLDBERG
Synopsis :
Une histoire vraie. 1947, université de Princeton, USA. Le jeune John Forbes Nash Jr étudie les mathématiques à sa manière et cherche un sujet de thèse original, ambitieux, un peu à son image, afin de laisser une empreinte indélébile dans son école. Il y parviendra en élaborant une théorie implacable qui va bouleverser le monde économique et financier. Quelques années plus tard, le Département de la Défense américaine fait appel à ses qualités de déchiffreur. John Nash aide ainsi le gouvernement à décoder des messages secrets russes. Il fait alors la connaissance de William Parcher, homme d’ombre, qui lui confie d’importants travaux de décodage ultra confidentiels. Le contexte et la pression entraînent soudain Nash dans une folie paranoïde.
Mon avis :
Monsieur "Happy Days" se la joue "Happy End". La vie et l’œuvre de Nash sont assez conséquentes pour tenir dans un film de 2h15. Etudiants à part, génie de première, professeur je-m’en-foutiste, décodeur professionnel, apprenti agent secret, paranoïaque angoissant et amusant (à la fin du film), John Nash a de toute évidence une vie idéalement adaptable pour le cinéma.
Malheureusement ce n’est ni Michaël Mann ("Heat", "Ali"), ni David Fincher ("Fight Club") qui s’attellent au projet mais Ron Howard (acteur de "Happy days" et réalisateur de "Le Grinch"). Avec son scénariste, Goldsman, ils choisissent de raconter 47 ans de la vie de cet homme d’exception comme ils l’entendent, c’est-à-dire à l’eau de rose avec un personnage principal malade mental. C’est une caricature que de dire ceci, mais on n’est pas loin de la vérité... Howard et Goldsman réinvente l’histoire vraie de John Nash en omettant certains côtés des plus croustillants et des plus irrévérencieux de son caractère.
Ainsi, rien dans le film ne dit que John a eu plusieurs enfants dont un qui n’est pas de sa femme Alicia, qu’il a fréquenté de nombreux sympathisants communistes et qu’il a eu dans sa jeunesse des relations homosexuelles (démenties par Alicia à la sortie du livre biographique de Nasar). Howard et Goldsman justifient ces omissions en affirmant que c’est un choix délibéré d’orienter le film sur la confrontation intérieure du personnage de Nash entre son génie et sa maladie.
Mais involontairement l’ambiguïté sexuelle de Nash transpire quand même à l’écran. Voyez par exemple comment John entretient des relations très amicales avec un seul étudiant du campus. Ce dernier, le copain de chambre, représente l’ami (le petit ami ?) qu’il rêverait d’avoir et qu’il revoit souvent avec une vive émotion comme s’il y avait un manque (affectif). Autre source de questionnement son ami n’a ni femme, ni enfant mais une nièce...
Avec sa schizophrénie, Nash s’invente un petit monde qu’il idéalise au plus profond de son subconscient mais qu’il ne peut assumer et donc qu’il rejette violemment. Russel Crowe ("Gladiator", "L.A. Confidential") interprète parfaitement ce personnage torturé psychologiquement sans surjouer ce qui lui a déjà valu un Golden Globe et qui lui vaudra peut-être un Oscar. A ses côtés Jennifer Connelly est radieuse et confirme tout le bien qu’on peut penser d’elle après sa superbe prestation dans "Requiem for a dream". La réalisation de Ron Howard colle parfaitement au rythme du film et le réalisateur trouve, par moments et à l’image de son héros, des idées de génie qui font voler sa caméra ou bien comprendre le plus simplement du monde une équation mathématique...
Un bon film en somme mais qui aurait mérité meilleur traitement dans le contenu même de l’histoire.
Revue de presse :
Ciné Live : Réunissant tous les ingrédients d’un film à Oscars, Ron Howard passe souvent à côté de son sujet faute d’originalité, mais l’interprétation impeccable de Russel Crowe et de Jennifer Connelly lui sauvent la mise.
L’Express : Un homme d’exception est un film lisible, bien emballé, propre, respectueux de tout - du scénario comme du cinéma - et qui se laisse voir sans déplaisir, même si ce polissage intégral finit par lasser.
Chronic’art : Là où il y avait un film à faire, un sujet à traiter, il n’y a plus que l’édifiante platitude d’un parcours individuel.
Studio : "Un homme d’exception" n’a d’exceptionnel que le titre. John Forbes Nash Jr. et son génie méritaient un bien meilleur hommage.
Mes liens :
Le site officiel du film
Un intéressant dossier sur le film par rapport au livre sur cyberpresse.ca