Fiche technique :
Film indien réalisé par Pan Nalin
Scénariste : Pan Nalin & Tim Baker
Directeur de la photographie : Rali Raltchev
Monteur : Isabel Meier
Musique : Cyril Morin
Durée : 2h15
Date de sortie : 30 avril 2002
Titre original : The Samsara
Fiche artistique :
Shawn Ku : Tashi
Christy Chung : Pema
Neelesha Bavora : Sujata
Avec aussi : Lhakpa Tsering, Tenzi Tashi, Jamayang Jinpa...
Synopsis :
Ces temps au Tibet. Dans le nord de l’Inde au Ladakh, Tashi, un jeune moine, est « libéré » après 3 ans, 3 mois, 3 semaines et 3 jours de réclusion dans un ermitage, une épreuve qui lui permettra de devenir grand moine dans le monastère bouddhiste qu’il a intégré à l’âge de cinq ans. Mais son engagement spirituel est bouleversé quelques jours après son retour. Son corps s’exprime contre la volonté de son esprit, il désire, et des doutes l’assaillent sur son avenir au sein du monastère… Et si la vie à l’extérieur était celle qui lui convenait le mieux ? Tashi décide de franchir la frontière du Samsara, « le monde des hommes » dans la terminologie bouddhiste, et se met en tête de conquérir le cœur de Pema, une jolie paysanne…
Mon avis :
Little big Bouddha. C’est un grand film que vient de réaliser Pan Nalin. Un grand et beau film, d’une ambition inattendue. Ce que nous connaissons des films sur le Tibet sont pour la plupart réalisés ou produits par des américains : « Sept ans au Tibet » de Jean-Jacques Annaud avec Brad Pitt, « Little Bouddha » de Bernardo Bertolucci avec Keanu Reeves, ou « Kundun » de Martin Scorsese mais il ne faut pas oublier « Himalaya, l’enfance d’un chef » du Français Eric Valli et « La Coupe » de Khyntse Norbu, né au Bhoutan. Tous ces films, qu’ils soient bons ou mauvais, ont tenté de retranscrire au mieux la culture et les traditions des Tibétains. Pour preuve, Eric Valli, grand spécialiste de ce monde était recruté dans l’équipe himalayenne sur le film d’Annaud « Sept ans au Tibet » et même Khyntse Norbu était conseiller auprès de Bertolucci sur « Little Bouddha ». C’est dire l’attachement recherché par les réalisateurs pour rendre leur film sur le Tibet le plus authentique possible. Les années passent et les longs-métrages se ressemblent… les occidentaux voient alors les Tibétains dans d’identiques clichés. Puis, il y a deux ans, arrive un petit bijou sur nos écrans « La Coupe » qui nous montre comment les tibétains sont finalement des hommes comme les autres au travers de la retransmission de la coupe du monde de football 1998 dans l’enceinte même d’un monastère bouddhiste !
« Samsara » continue cette belle percée dans le traditionalisme-moderne. En effet, Pan Nalin, le réalisateur, voit plus grand, plus loin qu’un film sur la vie bouddhiste, les traditions tibétaines ou l’incursion de la culture occidentale dans cette contrée… Il mêle ces grandes thématiques dans la vie d’un homme, Tashi, déchiré entre son engagement spirituel et son désir charnel. Un homme qui sort des traditions pour vivre une histoire d’amour, l’histoire de sa vie, tel Kevin Costner abandonnant le fort militaire dans « Danse avec les loups » pour vivre avec l’indienne Dressée avec le poing l’histoire d’amour qu’il croit juste, sincère et tellement forte qu’il la voit éviter toutes les barrières des traditions et des cultures. Sera-ce le cas pour Tashi et Pema ? Tel est l’enjeu du film !
Pan Nalin réussit donc son pari grâce à une œuvre universelle, magnifiée par des paysages hors du temps, des images sensuelles inventives et astucieuses. On est souvent surpris voire bluffé. La musique nous envoûte du début à la fin et on ressort transporté avec tout de même ce goût amer de devoir déjà retourner dans la réalité urbaine !!
Revue de Presse :
Première : Pan Nalin a mis de l’ampleur dans sa première réalisation (...). L’érotisme soft est surtout agréable à l’oeil mais ne parasite pas la lecture du film, un examen de conscience traité comme du grand spectacle.
Libération : Ce premier long-métrage étonne constamment par la fraîcheur de ses aceurs, tous non professionnels, la beauté chromo de ses paysages, la naïveté heureuse de son récit.
Le Parisien : Le film monte peu à peu en intensité pour se transformer en une magnifique parabole sur le désir et la fragilité des passions.
Le Monde : "Samsara" est l’équivalent cinématographique de la musique New Age, un objet fabriqué pour apaiser tout en donnant l’illusion de la profondeur philosophique et intellectuelle.
Mon lien :
Le site Web du film