Fiche technique :
Film français
Date de sortie : 13 février 2002
Durée : 1h30
Réalisateur : Patrice LECONTE
Scénario : Serge FRYDMAN
Directeur de la photographie : Eduardo SERRA
Costumes : Christian GASC
Fiche artistique :
Patrick TIMSIT : P’tit Louis
Laetitia CASTA : Marion
Vincent ELBAZ : Dimitri
Catherine MOUCHET : Lena
Isabelle SPADE : Camille
Synopsis :
Qu’est ce que c’est que ce bordel ? Paris, 1945. La Grande guerre se termine. P’tit Louis est chez lui au "Palais oriental", la maison close où il est né une trentaine d’années plus tôt. Il est au petit soin pour toutes celles qui donnent du plaisr à ceux qui en ont besoin. Il ne rêve pas d’une vie meilleure, l’une d’entre elle : si. Elle, c’est Marion, "le plat du jour" comme ils disent (c’est-à-dire une pute sans maison attitrée). Lorsque P’tit Louis la rencontre, il tombe amoureux d’elle dès le premier regard au point de tout faire pour la rendre heureuse, y compris lui trouver l’homme de sa vie. L’homme de sa vie, c’est Dimitri, le prince charmant sous le charme qui aime plus les jeux d’argent que Marion et par qui les malheurs vont arriver...
Mon avis :
Un film noir en couleurs. L’intérêt du film de Leconte ne vient pas dans ce qu’on en attendait le plus. Tous ceux qui auront misés sur une formidable comédie romantique ou sur un drame policier passionnel seront déçus. C’est plutôt un film mélancolique, très souvent froid dans ses images (hormis dans les maisons closes où Leconte trouve ses moments les plus chaleureux) et tiède dans son histoire. Autant "La Fille sur le pont", son film sorti en 1999, était en noir et blanc mais à l’ambiance colorée, autant "Rue des plaisirs" est un film noir mais tourné en couleurs.
Les acteurs dégagent ce qu’ils peuvent, mais le charisme n’est pas au rendez-vous. Seul Timsit, touchant en benêt sympathique, tire son épingle du jeu.
Le réalisateur filme intimiste et filme temporel. De ce point de vue "Rue des plaisirs" se perd joyeusement dans les méandres du temps à l’image du jeune P’tit Louis et d’Elbaz "présents dans le futur". La poésie légère du film apporte une touche bienvenue à l’histoire approximative du trio amoureux et du suspense policier.
La musique du film est, en revanche, un vrai bonheur. En reprenant des titres de Mistinguett et d’Arletty, Leconte rend un bel hommage au cinéma des années 40. Mais ce plaisir est bien trop orphelin pour vous conseiller d’aller le voir... Nous verrons ce que donne le prochain Leconte qui devrait sortir à la fin de l’année et où Jean Rochefort fait la rencontre de Johnny Halliday !
Revue de presse :
Les Inrockuptibles : le cinéaste exploite ici sa meilleure facette : son talent d’illustrateur. Mais c’est aussi sa limite. Un peu burlesque, un peu tragique, au total c’est un digest léger, un recyclage de tout ce qui a déjà été fait sur le sujet.
Première : Leconte a certes traficoté des projets plus ambitieux ("Tandem", "Ridicule"...) mais son savoir-faire et sa mise en scène élégante rendent son film drôlement agréable à regarder.
Chronic’art : "Rue des plaisirs" est un film creux, un objet cinéphilique qui fleure bon le panégyrique rétro.
Studio : là où les chassés-croisés de regards entre Auteuil et Paradis nous envoûtaient [dans "La Fille sur le pont"], les héros de "Rue des plaisirs" ne parviennent pas à nous toucher. Dommage ! On aurait souhaité aimer ces bordels où la truculence côtoie le rêve.
Mes liens :
le site officiel du film
Un beau dossier sur Patrice Leconte (biographie, filmographie, box-office...) sur Ecrannoir.fr