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Fiche technique :
Drame français de 1997
Réalisatrice : Anne Fontaine
Scénariste : Gilles Taurand et Anne Fontaine
Directeur de la photographie : Caroline Champetier
Musique : Edouard Dubois
Chef monteur : Luc Barnier
Durée : 1h37
Fiche artistique
Stanislas Merhar : Loïc
Miou-Miou : Nicole Kunstler
Charles Berling : Jean-Marie Kunstler
Mathilde Seigner : Marylin
Nanou Meister : Yvette

Synopsis :
Programme 3 : mélanger les couleurs ! A Belfort, la vie est morose pour Jean-Marie et Nicole, un couple de la petite quarantaine vivant d’un commerce peu commun : le pressing ! Lui est bien plus obsédé par son travail que par la vie tumultueuse de son couple ! Elle recherche davantage le risque, le danger. Ils le trouveront un soir dans un dancing en la personne de Loïc, jeune homme transformiste qui leur permettra de faire la grande lessive dans leur vie.
Mon avis :
Un film qui lave plus blanc. L’adultère, la vie de famille, le couple en question, la tentation : sont des thèmes récurrents dans le cinéma et on est bien obligé de constater quil est difficile de renouveler le genre. Pourtant certains s’y sont révéler très inspirés (American Beauty ou plus récemment Les Sentiments). Anne Fontaine s’illustre aussi avec ce film tendre et tendu, fort et fatal. Le choix du milieu du pressing est extraordinaire pour multiplier les métaphores sur la relation ambiguë entre le couple et le jeune homme. La scène de la leçon de repassage en est un exemple des plus caractéristiques donnant une valeur des plus sexuelles à cet exercice des plus communs !

Mais l’histoire va chercher plus loin. Les personnages ont une histoire, des mystères, des sentiments cachés. La réalisatrice s’intéresse davantage à Loïc. Celui-ci n’a plus de famille et recherche un père et un mère, une relation de famille qu’il ne connaît plus depuis que qu’il se sépare de sa sœur, seul cordon qu’il lui restait de ses origines : il ne laisse donc pas passer la rencontre avec un homme et une femme qui lui tendent la main. Un mari et une épouse bien sous tous rapports.
Mais la femme et le mari ne peuvent reproduire le schéma qu’ils connaissent déjà : ils ont en effet un premier enfant, maintenant âgé d’une petite dizaine d’année. Ne voulant lui accorder le rôle de fils, ils préfèrent à cela le rôle d’amant.
Le pouvoir de séduction est en marche : Loïc est de toutes les attentions : le mari en fait un apprenti dans sa partie et la mère le traite avec les plus grands égards, bien plus qu’un invité... mais quand elle sent que l’amitié et la complicité peuvent les mener à une relation bien plus profonde elle se jette tête baissée. Celle-ci commence au fond de l’arrière boutique sauvage et fusionnelle entre deux corps qui s’attiraient inexorablement.

L’employé prenant plus d’assurance dans le commerce et mais aussi dans la vie du couple (ils passent leurs week-ends ensemble sous le regard médusé du voisinage), les mauvaises langues et les ragots ne se font pas tarder à arriver : les questionnements des amis mais aussi de la propre famille du couple (la mère du mari) rappellent comment les préjugés fusent dans notre société bien pensante... ce à quoi le mari répond « Il y a des trucs que je préfère garder pour moi »... la réalisatrice défend le choix personnel face au regard malfaisant d’autrui en appelant au Respect. Elle accepte le conseil mais pas le jugement.
Pourtant le jugement accable le mari (bien plus que la femme). Celui sens sur ses épaules que l’on imagine frêles un poids lourd et terrible qui le ronge et le met mal à l’aise. Ses sentiments de plus en plus confus l’amène à se vider dans une scène où il pleure tout ce qu’il peut... Quel trouble peut amener un homme à pleurer s’il ne se remet pas lui-même en question face à tous ses événements. A-t-il des pulsions inavouées ? comment va-t-il se comporter ? la fin du film explose dans un drame passionnel qui nous laisse quoi, vraiment lessivé...
Les acteurs sont extraordinaires. Stanislas Merhar (Césarisé pour ce rôle, catégorie meilleur espoir) joue le tambour d’une machine qui tourne dans un couple composé de Miou-Miou trop rare au cinéma et qui joue l’adoucissant et de Charles Berling la poudre (plus explosive que lavante !)... Trois agents actifs qui font de ce long-métrage français un film qui compte.
Revue de presse :
Variety : Une comédie dramatique bien menée par Anne Fontaine.
Ecran noir : Le scénariste Gilles Taurend est un co-auteur des Téchiné. Ce qui explique cette observation si détaillée du couple de province qui bascule dans un univers sombre et tabou. Très téchinien.
Anacoluthe.com : La trame de Nettoyage à sec n’est pas très éloignée de celle du Théorème de Pasolini : un jeune type s’incruste au sein d’une famille dont il chamboule la vie. Mais loin d’être mystique, le film d’Anne Fontaine a pour sujet les sentiments troubles, l’étrangeté apparente des relations humaines qui cache une logique implacable.
Mes liens :
Un article-interview de Stanislas sur le Figaroétudiant
La fiche d’Allociné de Stanislas
Un beau portrait écrit par Sophie Grassin de Sylvette Héry, alias Miou-Miou !
La filmographie de Miou-Miou
Le site officiel de l’excellent Charles Berling