Fiche technique et artistique :
Film d’animation américain de Peter Docter, David Silverman, Lee Unkrich
Scénaristes : Peter Docter et Rhett Reese
Musique : Randy Newman
Date de sortie : 20 mars 2002
Durée : 1h30
Titre original : Monsters, Inc.
Synopsis :
Bouh ! AAARGGGHHH !! Faire peur aux enfants pour recycler leurs cris en énergie électrique, tel est l’objectif des monstres de l’entreprise Monsters, Inc. qui alimente toute la ville de Monstropolis. Pour arriver à leurs fins, les monstres pénètrent dans les chambres des enfants dès la nuit tombée en passant par leur porte de placard. Ainsi, chaque nuit les monstres font le coming-out de leur monstruosité !
C’est le cas, de Sullivan, monstrueux terreur d’élite bleu et violet plein de poil accompagné de son attaché de stress Mike Wzowski, petit cyclope vert. Mais la loyauté de Sulli sera mise à l’épreuve lorsqu’il s’entichera d’une petite humaine qu’il surnommera Bouh peu effrayée face à lui…
Mon avis :
Voici venu le temps des cris et des chants. Après « 1001 pattes » et les deux volets de « Toy story », le studio Pixar délivre « Monstres et Cie » leur dernier produit d’animation. Et ce n’est plus John Lasseter qui se colle à la réalisation mais un trio malheureusement moins qualifié que le réalisateur des précédents Pixar…
Alors certes, sur la forme c’est incontestable : les progrès faits en matière d’animation sont énormes et on reste souvent bluffé face à tant de réalisme virtuel. Mais sur le fond on ne peut pas dire que les progrès soient au rendez-vous. Ce « Monstres et Cie » vise beaucoup trop la cible enfants délaissant celle des adultes pourtant si nombreux à être passionnés par ce genre de films.
Où sont les personnages secondaires de caractère qu’on avait aimé dans les deux « Toy Story » ? Où sont les aventures trépidantes du héros qu’on avait adoré dans « 1001 pattes » ? Où est l’humour, où sont les gags qui nous ont fait tant rire dans les précédents films Pixar ?
Si on a gagné en qualité d’image, on a perdu en qualité d’histoire… Alors, quand même, oui, Bouh est attachante avec sa candeur et sa naïveté contagieuse ; oui, la scène finale dans la salle des portes est assez prenante pour sauver le film ; mais non, les monstres ne portent pas bien leur nom !
Les trouvez-vous monstrueux ? Pour ne plus manquer d’énergie à Monstropolis, ils devraient plutôt embaucher un vrai alien (un de ceux, par exemple, que Sigourney-Ripley-Weaver a rencontré et qui, eux, arrachent de vrais cris !) ; non, les méchants du film ne sont pas assez méchants : à quand un vrai méchant dans un film d’animation ? Vous allez me dire qu’on est dans un dessin animé principalement destiné aux enfants et vous avez raison, il ne faut pas faire peur à nos chères têtes blondes. Ceci dit un vrai méchant, c’est au moins quelqu’un qui mérite une vraie punition pour le vrai bonheur des petits comme des grands. Shrek était un antihéros, anticonformiste, antinomique, mais surtout c’était un antidote contre des années de bons et loyaux services du monde merveilleux de Disney... et là nous y revoilà plongés dedans. On aurait pu espérer qu’avec un tel sujet, les monstres, Disney et Pixar se seraient un peu plus lâcher... mais non, malheureusement...
Les adultes trouveront donc cela bien joli avec des monstres gentils qui leur rappelleront le Casimir de leur enfance mais ils risquent de s’ennuyer un poil devant ce spectacle qui aurait pu être plus passionnant s’il avait été au bout de ses idées, comme celle, excellente, d’expliquer les origines de l’abominable homme des neiges, ou celle d’infiltrer Sulli et Wzowski dans le monde des humains : des idées porteuses d’excellents moments de comédies mais trop peu nombreuses et sous-exploitées pour laisser une bonne impression sur le film. Même l’habituel bêtisier de fin de film n’est pas drôle, c’est dire…
L’avis de la presse :
Première : S’il faut émettre des réserves, c’est plutôt du côté de l’histoire, (...) des personnages secondaires moins réussis (...), ou des clins d’oeil au public des adultes, moins tranchants. A ces réserves près, "Monstres & Cie" met en oeuvre davantage de créativité et offre plus de plaisir que 95% des films que vous pourrez voir cette année (...).
Fluctuat.net : Les péripéties de la fable sont peut-être moins inventives au regard des précédentes créations du studio Pixar, les "Toy story" 1 et 2 et "1001 pattes". (...) Cette légère déception est surtout le prix à payer pour voir se développer un univers moins riche que par le passé, mais plus quotidien, plus sombre, plus inquiétant, et donc tout aussi passionnant.
Le Point : Le film fait preuve d’une créativité et d’un humour absolument épatants, susceptibles de réjouir les enfants comme leurs parents. Rassurons le public juvénile : "Monstres & Cie", loin de flanquer la trouille, est au contraire un délicieux exercice de domestication de l’angoisse.
Mes liens :
Le site officiel du film en anglais Official site
Deux sites en français
> MonstersWeb
> Monsters&cie Le site non officiel : Des galeries biens conçues sur les personnages, L’histoire en photos...Bref, une référence bien que non officiel :)