Fiche technique :
Film français écrit et réalisé par Jean-François STEVENIN
Directeur de la photographie : Pierre AÏM
Musique : Philippe MILLER
Date de sortie : 20 février 2002
Durée : 1h56
Fiche artistique :
Jean-Paul ROUSSILLON : Mischka
Jean-François STEVENIN : Gégène
Salomé STEVENIN : Jane
Rona HARTNER : Joli-Coeur
Yves AFONSO : Robert
Johnny HALLIDAY : lui-même
Synopsis :
Rencontres du quatrième type. Un vieux monsieur en robe de chambre se perd sur une aire d’autoroute alors qu’il est sur le chemin des vacances. Récupéré par un routier italien, le vieux monsieur ne dit mot et se retrouve placé dans un foyer. Il fait la connaissance de Gégène, infirmier alcoolique, qui veut l’emmener voir sa fille qu’il ne connaît pas. Lors de ce road-movie improvisé, Gégène et Mischka (surnom donné au vieux de l’autoroute) croiseront des personnages aussi perdus qu’eux mais qui ensemble formeront une famille unie et sincère, celle qu’aucun d’eux n’avait jusqu’alors.
Mon avis :
Un tableau de famille, un vrai. Si les critiques sont élogieuses sur le troisième film de Stévenin, c’est qu’il est un cinéaste à part dans le paysage cinématographique français. N’en déplaise à Monsieur Messier, voici, entre autres, par qui survit l’exception culturelle française. Stévenin livre un film du terroir, sans fioriture ni scénario romancé ou effet spécial digital. Il pose simplement sa caméra dans divers lieux de la France profonde et filme des comédiens plus natures que jamais. En tête, Jean-Paul Roussillon (vu en paysan bourru dans Une hirondelle a fait le printemps de Christian Carion et en papa sympa dans On connaît la chanson d’Alain Resnais...) et Rona Hartner (actrice d’origine roumaine que l’on a vu, entre autres, dans tous les films de Gatlif Gadjo Dilo et Je suis né d’une cigogne). La famille Stévenin se distingue également en faisant preuve d’un beau sens de la comédie : de Jean-François à sa fille Salomé en passant par ses fils.
Ce road-movie peut toutefois dérouter et laisser très perplexe. La mayonnaise, bien que faite maison, ne prend pas toujours. L’histoire est souvent confuse et ennuyeuse et les personnages ne sont ni assez attachants ni vraiment drôles.
En 1999, c’était Ducastel et Martineau qui nous emmenaient sur les routes de France en compagnie de leur Drôle de Félix, jeune beur homosexuel. Et si les deux films sont très différents dans la forme, tous deux traitent de la création d’un cocon familial, au hasard des rencontres faites lors d’un voyage en terrain inconnu. Félix, parfaitement joué par Sami Bouajila, transpirait à lui seul plus de joie et de plaisirs que tous les personnages de Mischka réunis. Alors, pour cette fois, retournez plutôt à vos magnétoscopes si vous voulez vraiment voir un road-movie à la française...
Revue de presse :
Les cahiers du cinéma : Stévenin est tout sauf un aimable prestidigitateur. C’est un voyant exceptionnel, doté d’un oeil et d’une oreille d’une extrême vivacité, capable de s’attaquer à tous les styles, toutes les formes qui concernent le cinéma (...) avec une acuité égale.
L’Express : Il faut aimer Mischka. L’aimer avec ses lignes de fuite, son recours à Johnny Hallyday, son langage de Babel, ses temps d’arrêt sur des paysages élégiaques filmés en Scope et son clan d’acteurs. L’aimer, quoi...
Première : Même si Mischka souffre parfois d’être un rien bordélique, il contient tant de moments incroyables et stimulants qu’on lui pardonne sans souci.
Studio : Certes, il y a de beaux moments, comme des lambeaux de poésie arrachés à la vie. Certes, il y a de belles personnes, comme des survivants d’un paradis perdu. Mais n’y-a-t-il pas aussi trop de choses abandonnées moins au hasard qu’à un certain laisser-aller ?
Mon lien :
Le site officiel : http://www.bacfilms.com/mischka