Fiche technique :
Film américain (2001) réalisé par Robert Altman
Scénario : Julian Fellowes
Directeur de la photographie : Andrew Dunn
Musique : Peter Doyle
Date de sortie : 20 mars 2002
Durée : 2h15
Fiche artistique :
Kristin Scott Thomas : Lady Sylvia McCordle
Maggie Smith : Constance
Kelly MacDonald : Mary MacEachran
Emily Watson : Elsie
Ryan Philippe : Henry Denton
Jeremy Northam : Ivor Novello
Stephen Fry : l’inspecteur
Helen Mirren : Mrs Wilson
Alan Bates : Jennings
Synopsis :
Gosford Park, Angleterre, 1932. Sir William McCordle invite les membres de sa famille à une partie de chasse pour le week-end. Les domestiques s’affairent pour que tout soit en ordre à leur arrivée. Rien ni personne ne peut encore présager qu’un meurtre aura lieu quelques heures plus tard...
Mon avis :
Robret Altman a tourné une trentaine de longs métrages et, tel David Lynch, il conserve une empreinte cinématographique très marquée. Il excelle dans les films de genre où il met en scène un très grand nombre de personnages sans lien apparent mais qui se croiseront forcément pendant le film. Altman a exploité ce filon sur beaucoup de ses oeuvres : entre autres "Nashville", "Short cuts", "Prêt-à-porter", ce "Gosford park"... on comprend pourquoi il se dit être passionné par Paul Thomas Anderson le réalisateur de "Magnolia" (magnifique long métrage avec Tom Cruise, Julianne Moore...) où les hasards et les coïncidences font se rapprocher une dizaine d’inconnus. Dans "Gosford Park" Altman laisse de côté son habituelle critique de la société américaine et se rend en Angleterre, terre qu’il idéalise dans la vie et où il dit trouver les meilleurs comédiens. C’est ainsi que pour ce film, il rassemble Kristin Scott Thomas, Maggie Smith, Ryan Philippe, Kelly MacDonald, Emily Watson, Stephen Fry etc. La fine fleur pour incarner une belle bourgeoisie des années trente mais pas que : de l’autre côté les domestiques jouent un rôle d’autant plus important que sans eux tout ce beau monde ne serait pas ce qu’il est, c’est-à-dire parfois hautain, souvent primaire et presque toujours aristo. Ainsi, plus que le scénario –l’intrigue policière vaguement Cluedo est un prétexte- c’est la galerie de personnages et la peinture des rapports humains qui fait la force du film. L’inspecteur de police incarné par Stephen Fry ("Peter’s friends", "Oscar Wilde") est un crétin intégral, franchement drôle. Lady Trentham (Maggie Smith) est la vieille bique aristo dans toute son horreur. Sir Derek Jacobi est très convaincant en valet complexé.
Plusieurs personnages sont indiqués plus ou moins explicitement comme homosexuels. D’abord Morris Weissman (Bob Balaban), agaçant producteur hollywoodien qui passe son temps au téléphone. Il a pour amant Henry Denton (Ryan Philippe), présenté comme son domestique. L’attitude de Denton, qui cherche à coucher avec toutes les femmes de la maison et se refuse à Weissman sous prétexte de discrétion, montre qu’il n’est son amant que par intérêt. En outre, l’un des valets tient absolument à s’occuper d’Ivor Novello (Jeremy Northam), le célèbre acteur et compositeur (sachez qu’il a vraiment existé). On comprend à demi-mot qu’il rêve de le voir en caleçon en l’habillant pour le dîner. Hélas pour lui personne ne tient compte de ses offres de service...
A travers sa belle caméra et ses longs plans séquences, Altman arrive parfaitement à asseoir une ambiance, dévoiler des sentiments. Cela se révélera peut-être fastidieux pour certains avec une fin quelque peu baclée mais pour les amoureux des films de James Ivory, ce sera un régal.
Revue de presse :
Télérama : Une expérience d’anthropologie à grandeur nature, conduite avec une maestria proprement sidérante.
Le Parisien : Il y a dans ce film une précision d’écriture, des personnages aux contours impeccables, une interprétation au rasoir et d’irrésistibles moments d’humour (...). "Gosford Park" est du très grand Altman.
Le Monde : L’aristocratie anglaise peut passer pour une proie facile (...). Pourtant, la victime se débat, et c’est tant mieux. A triompher sans peine (...), on fait des films ennuyeux. Or Gosford Park reste passionnant de bout en bout.
Première : Gosford Park ne ressemble à rien de connu. Juste un film où le plaisir de suivre une intrigue retorse s’accompagne du bonheur de contempler une mise en scène inventive.
Objectif Cinéma : Mais nous restons sur notre faim : la partie de chasse finie, tout ce petit monde repart comme il est arrivé, avec ses secrets ; le spectateur lui, sort frustré !
Le Nouvel Observateur : Le problème, c’est qu’il y a trop de personnages ! On a du mal à s’y retrouver, et la satire en perd de son mordant.
Liens :
le site officiel du film