Fiche Technique :
Film documentaire américain
Durée : 1h21
Date de sortie : 14 novembre 2001
Réalisateurs : Rob EPSTEIN et Jeffrey FRIEDMAN
Directeur de la photographie : Bernd MEINERS
Montage : Dawn LOGSDON
Musique : Tibor SZEMSÖ
Narrateur : Rupert EVERETT
Sujet :
Avec à l’appui des photos, des vieux films et surtout huit témoignages poignants, Rob Epstein et Jeffery Friedman nous racontent, depuis les persécutions nazies contre les homosexuels jusqu’à leur déportation dans les camps de concentration, un chapitre caché de l’Histoire du troisième Reich.
Et c’est au nom du paragraphe 175 du code pénal allemand datant de 1871 que le régime hitlérien arrêta entre 1833 et 1945, 100 000 hommes pour homosexualité et en envoya plus de 10 000 vers des camps. Seulement 4 000 d’entre eux survécurent.
Mon avis :
Jeffery Friedman et Rob Epstein sont grands. Ils agissent tels Batman et Robin en défenseurs de la vérité. Au milieu des années 90, ils réalisaient "The Celluloïd closet", un magnifique documentaire sur la manière dont les réalisateurs américains détournaient la censure pour parler de l’homosexualité dans leurs films. Des révélations souvent inattendues et vraies.
Cette fois-ci, Friedman et Epstein se penchent sur un sujet douloureux et grave mais qui, oublié de pratiquement tous les livres d’Histoire, méritait de sortir au grand jour et sur grand écran : la déportation homosexuelle.
Pour servir leur propos, huit allemands témoignent face à la caméra avec tant de calme, de clarté et de sobriété qu’on est scotché. Des photos et des vieux films complètent le documentaire qu’on pourra trouver, tout de même, un peu léger sur la partie historique.
L’avis de la presse :
Libération : "Des témoignages bouleversants... Film exemplaire dans sa démonstration comme dans son utilisation rigoureuse et lumineuse des témoignages."
Studio : "Un film nécessaire et courageux."
Première : "Raconté avec des mots simples, une vraie pudeur et des confidences ponctuées de larmes."
Monchoix.net va plus loin :
Il faut savoir qu’après la Première Guerre Mondiale, Berlin était considérée comme la cité gay européenne avec 200 lieux homos déclarés, 5 journaux gays et près de 2 millions d’adhérents !
Avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir, la communauté homosexuelle ne s’est pas inquiétée car le second d’Adolf Hitler était Röhm, un gay affranchi. Mais dès 1933, le régime hitlérien applique le paragraphe 175 du code pénal, se débarrasse de Röhm et condamne 100 000 homos allemands dont 10 000 seront envoyés dans des camps. 60% n’en revinrent pas vivants.
Les femmes lesbiennes allemandes ont été épargnées car écartées du paragraphe 175 qui ne condamnait que les relations entre hommes et entre hommes et animaux.
A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le paragraphe 175 était toujours en vigueur et jusqu’en 1965 45 000 autres homos allemands ont été arrêtés. Ce n’est qu’en 1994 que l’article de loi disparut officiellement... Ce qui permit de recueillir les premiers témoignages des survivants de cet enfer. En 1995, huit personnes ont publié une déclaration commune pour réclamer la reconnaissance de leurs persécutions.
Aujourd’hui, la déportation homosexuelle est de plus en plus reconnue mais il faut savoir que sur 9 000 livres qui traitent de la déportation, il n’y en a pas 5 qui font référence aux homos.
Liens
Lambdaeducation
Dossier sur la déportation
nous remercions david pour les liens