Les adolescents en quête d’identité
Ciné lesbien : BLUE GATE CROSSING
Un beau trio amoureux
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mercredi
19 février 2003, par Mat
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Le deuxième film de Yee Chih-yen traite une nouvelle fois de l’homosexualité et des jeunes. Dans ce "Blue gate crossing" le noeud amoureux de la fille qui aime le beau gosse de l’école mais qui préfère la meilleure amie, elle même désirant davantage la première, fonctionne à merveille grâce à une histoire fraîche, drôle et émouvante et grâce à des comédiens qui dégagent une force et un charisme poussant à l’extrême la porte (bleue) du succès. Magnifique !
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Synopsis :
Un garçon, deux filles, trois possibilités. Les doutes, les amours, les désillusions, les rires et les graffitis de trois lycéens qui cherchent ou se cherchent dans la ville de Taïpeh (Taïwan), une ville pour une fois belle comme le jour.
Mon avis :
Made in Taïwan ! Ce qu’il reste de ce film ? plein d’images ! Une piscine bleue, une mer agitée, une Kerou sur une bicyclette, une chemise avec des palmiers, un gymanse et un terrain de basket, une musique portée par un mélodieux piano, les mimiques de Shihao, des baisers volés, un coming-out difficile, touchant et drôle ! Tout cela et bien d’autres choses encore... un film que l’on reverrait volontiers une nouvelle fois à la sortie de la séance ! On est loin des films débiles pour ados avec humour à deux balles (ça fait combien en euros deux balles ? : tiens ce genre d’humour par exemple !). Ici, même si on est au lycée, les jeunes sont, à l’image d’un Tidus déchaîné, pleins de réflexions et de bons mots. Merci le scénariste ! Yee Chih-yen a déjà écrit et réalisé en 1995 un premier film sur l’homosexualité adolescente "Lonely hearts club". Cet homme de cinéma (35 ans) a débuté par un court-métrage très vite primé, puis s’est dirigé vers la télévision avec des films publicitaires et des téléfilms. Heureusement, le cinéma s’empare de lui et aujourd’hui on lui doit deux longs-métrages certainement indispensables !
 "Blue gate crossing", la plage sans Léonardo !
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"Blue gate crossing", son deuxième, s’est tourné à Taïwan où, comme partout en Asie, l’homosexualité est un sujet des plus tabous... pourtant on sait qu’elle existe mais les mentalités ne sont pas encore assez ouvertes pour l’organisation d’une gay-pride made in Taïwan. Yee Chih-yen ouvre donc la porte de l’homosexualité féminine qui est mieux acceptée par la population que l’homosexualité masculine. "Les films taiwanais traitent souvent des jeunes mais rarement de leur sexualité. J’ai voulu parler de la jeunesse urbaine middle-class, ancrée dans les années 2000. Ces jeunes gens sont rebelles, naïfs, voient les choses frontalement et agissent de façon impulsive surtout quand il s’agit d’amour. J’ai souhaité les accompagner dans cette recherche d’eux-mêmes, en particulier dans leur incertitude sexuelle, et ne pas donner de leçon, seulement m’en approcher, montrer des jeunes qui vivent l’instant présent. Ce qui leur arrive va plus ou moins influencer leur avenir." Les propos du réalisateur rappellent le titre même du film, où pour construire notre avenir, on a tous des portes à franchir, avec plus ou moins de difficultés, l’acceptation de son homosexulaité et l’annonce du coming-out étant des exemples extrêmes.
 Kerou (GUEY LUN-MEI) & Yuezhen (LIANG SHU-HUI)
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Kerou, merveilleuse Guey Lun-mei (19 ans), est secrètement amoureuse de sa meilleure amie. Au milieu du film, elle dit les mots suivants "Je ne dois pas aimer les filles"... Terrible constat de son état intérieur tiraillé entre ce qu’elle est et ce qu’elle veut être (ou ne pas être : telle est la question pour Kerou qui apprendra, évoluera et franchira des portes.) A ses côtés Shihao, très beau Chen Bo-lin (20 ans), du signe du scorpion et du club de natation comme il aime à le dire à Kerou la fille dont il ne fallait pas tomber amoureux. Quel charme ce jeune homme ! Un rictus de sa bouche et vous tomber par terre ! Etant donné qu’il en fait un toutes les minutes, imaginez combien de fois j’ai pu me vautrer de mon fauteuil ! On comprend pourquoi Yuezhen en est folle (au point de noter sur toutes les pages de son cahier son petit nom et ce jusqu’à ce que son stylo tombe en panne... un rituel ésotérique pour qu’il cède à ses avances... ! ah les filles !).
 Shihao (CHEN-BO LIN)
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Yuezhen, classique Liang Shu-hui, qui semble être au départ du film l’héroïne de l’histoire, belle et épanouie à la recherche du prince charmant, passe vite au second plan, laissant place à Kerou, personnage plus complexe et plus intéressant. La ville où se situe l’action du film, Taïpeh, est enjolivée par le réalisateur qui en oublie ses embouteillages et son urbanisation galopante. Au contraire, nos trois héros, évoluent dans une cité en plein été, baignée de soleil, tranquille, et dont le calme ne semble être dérangé que par les cigales... le contraire de ce que l’on avait pu en voir dans "Millenium Mambo" par exemple. Les Taïwanais ont du être surpris par ce visage peu connu de leur capitale. Une beauté et une simplicité que le réalisateur a également retranscrit dans le thème de l’homosexualité et ce pour pousser une porte qu’il espère voir franchie par le public taïwanais... en tous cas c’est une amorce pour l’acceptation. Que c’est beau le cinéma quand il s’engage dans un combat !
Revue de presse :
L’Express : Pour l’étonnante sensation de justesse qu’il communique, on affirmera donc ici, sans peur d’utiliser un qualificatif souvent malmené, que "Blue gate crossing" est un très joli film.
Première : Sur le papier, Blue gate crossing ressemble à un film de teenager éculé. Sur l’écran, c’est une merveille de sensibilité secrètement écorchée.
Le Monde : Le talent des deux interprètes, leur vitalité, leurs imperfections et leurs doutes imprègnent le film et font souffler un vent de liberté.
Ciné Live : Un émouvant document moderne sur la quête d’identité adolescente, qui touche par sa tolérance, sa simplicité et sa douceur.
Télérama : Nunuche à souhait, le film prétend suivre le sillage des chefs-d’oeuvre d’Edward Yang et de Hou Hsiao-hsien, mais ne produit que de gentils clapotis délavés.
Mes liens :
La critique de Florence Colombani, journaliste du Monde.
Le site officiel du film en français.
Fiche technique :
Réalisateur / scénariste : Yee Chih-yen
Directeur artistique : Hsia Shao-yu
Directeur de la photographie : Chienn Hsiang
Monteur : Liao Ching-song
Son : Tu Duu-chih
Musique : Chris Hou
Costumes : Anico
Stylisme : Chien Jo-ching
Maquillage / coiffure : Chen Shu-hui
Production Franco-taïwanaise
Durée : 1h25
Date de sortie : 8 janvier 2003
Fiche artistique :
Zhang Shihao : CHEN-BO LIN
Meng Kerou : GUEY LUN-MEI
Lin Yuezhen : LIANG SHU-HUI
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commentaires |
> Ciné lesbien : BLUE GATE CROSSING
18 avril 2004, par Chakib
Nouveau message
J’ai bcoup aimé ce film ,je l’ai trouvé assez profond ,drôle ,beau,touchant, romantique. J’ai aussi bcoup aimé le jeu de ces 3 acteurs que j’ai découvert dans ce film. Ce film m’a fait découvrir le cinéma Taiwanais .
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