Il y a 23 siècles naissait en Macédoine un homme qui allait boulverser le monde de son époque et laisser son empreinte jusqu’à nos jours : Alexandre le Grand, fils d’Olympias et de Philippe de Macédoine, qui deviendra maître de la Grèce, de la Perse, de l’Egypte et de l’Inde.
Oliver Stone a voulu se démarquer des fresques historiques hollywoodiennes à la Troie. Mais s’attaquer à un personnage aussi complexe n’est pas facile et le film n’évite pas certains écueils.
Côté positif, l’esprit grec est globalement respecté, et les reconstitutions historiques sont très plaisantes à voir. Les scènes de batailles, brutales, sont impressionnantes.
Coté négatif, le choix des épisodes représentés est discutable : l’adolescence est traitée longuement, mais les premières années du règne et l’importante conquête de l’Egypte sont résumées en quelques minutes.
Mais le principal défaut du film concerne le personnage d’Alexandre. Les livres d’Histoire nous présentent un personnage ambitieux, impétueux, à la limite de la folie. Il croyait être le fils d’un dieu, et s’identifait au héros mythique d’Achille.
L’Alexandre d’Oliver Stone est plutôt motivé par la peur et poussé par son entourage. Il semble bien incapable de mener une bataille en tête, ou d’entraîner ses troupes jusqu’au bord du monde. Sous prétexte qu’il aimait les hommes, Alexandre doit-il être une chochotte ?
Du point de vue de son homosexualité, le film est également décevant à cause de sa demi-mesure. Les sentiments entre Alexandre et Héphaïstion (le beau Jared Leto) sont très clairs, mais leur relation physique n’est que suggérée : ils ne s’embrassent pas mais s’étreignent longuement. Les sous-entendus dignes d’un film des années 50 s’enchaînent : "Alexandre n’a été vaincu que par les cuisses d’Héphaïstion" nous dit une voix off. La caméra s’attarde sur un beau mâle, mais caché au milieu d’un harem de femmes...
A ne pas savoir choisir entre le désir de provoquer et la nécessité de ne pas choquer le grand public, Oliver Stone signe un film étonnant mais bancal, pas vraiment à la hauteur du personnage historique.
