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Fiche technique :
Film français de Olivier Ducastel et Jacques Martineau
Directeur de la photographie : Matthieu Poirot-Delpech et Pierre Milon
Ingénieur du son : Régis Muller
Costumière : Juliette Chanaud
Maquilleuse : Maïté Alonso
Chef décoratrice : Juliette Chanaud
Chef monteur : Sabine Mamou
Date de sortie : 26 février 2003 
Fiche artistique :
Ariane Ascaride : Caroline
Jimmy Tavares : Etienne
Jonathan Zaccaï : Laurent
Hélène Surgere : la grand-mère
Lucas Bonnifait : Ludovic

Synopsis :
Etienne, il s’appelle Etienne... il est un garçon comme les autres ! Enfin presque... Etienne vit à Rouen avec sa mère Caroline. Pour ses seize ans, sa grand-mère lui offre un caméscope. Il commence alors à filmer sa vie quotidienne : à la maison, au lycée avec son meilleur ami Ludovic, à la patinoire où il s’entraîne pour la coupe de France de patinage artistique, en classe où il s’intéresse davantage à son professeur d’histoire-géo. Mais ce sont les aventures de Ludovic avec les filles qui retiennent particulièrement son attention. Normal il a décrété que cette année serait celle de l’Amour !
Mon avis :
Etienne et les garçons ! Un film des Ducastel et Martineau est toujours un événement. Leur premier long-métrage "Jeanne et le garçon formidable" était une magnifique comédie musicale où chantonnaient Mathieu Demy et Virginie Ledoyen dans leur combat pour l’amour. Leur deuxième film, totalement différent, était un road-movie. "Drôle de Félix" racontait en effet les tribulations en France de Sami Bouajila partit de Dieppe pour retrouver son père à Marseille.
 Le 2e film de Ducastel et Martineau
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Troisième film et troisième virage pour Ducastel et Martineau : "Ma vraie vie à Rouen" est un film hybride, une première, une expérimentation de part le choix de la réalisation. La caméra des réalisateurs se confond en effet avec le camescope offert à Jimmy Tavares qui joue Etienne dans le film. Un concept original que les deux réalisateurs français vont utiliser de bout en bout de leur film. Celui-ci commence donc avec la mise en marche du camescope, clos une scène prématurément avec l’arrêt du camescope, saute une période à cause d’une réparation nécessaire au camescope, bref Etienne est LE réalisateur de ce film, c’est lui qui détient la caméra, c’est lui qui montre aux spectateurs ce qu’il a envie de montrer... jamais dans l’histoire du cinéma on a été aussi loin pour traduire à l’écran la vie d’un personnage. Et donc jamais dans l’histoire du cinéma on a été aussi proche du héros d’un film. Il met en scène sa vie sous nos yeux ébahis !
Alors bien sûr, le contenu de l’histoire doit alors nous satisfaire pour adhérer totalement au film. Sur le fond, la partie la plus intéressante est celle où Etienne se cherche en amour. L’homosexualité est l’un des combats mené tambour battant par Ducastel et Martineau. Etienne est un personnage presque autobiographique : Olivier Ducastel ayant passé son enfance à Rouen et Jacques Martineau ayant pratiqué le patinage artistique !
S’inspirant de souvenirs, ils ont construits un ado qui leur ressemble avec un entourage qu’ils ont connu... L’adolescence étant la période de grands chamboulements intérieurs, d’affiramtion de soi, de découverte de son corps : tout était bon pour parler de l’amour à cet âge là.
Deuxième engagement pour Ducastel et Martineau : la lutte contre le Front National. Alors que les scènes de réactions à l’élection présidentielle 2002 étaient déjà en boîte, la "surprise" de voir le FN en deuxième position à la suite du premier tour, remet en cause totalement ce qui a déjà été tourné... Appelant en urgence Jimmy Tavares, Ducastel et Martineau (avec Ariane Ascaride, le chef op et le preneur de son) s’engouffrent dans les immenses bains de foule venus manifester leur opposition au groupe d’extrême droite. Une vraie manifestation dans un film qui devient engagé, c’est fort et beau à la fois.
Revue de presse :
Télé Ciné Obs : Dans le rôle de quidams déstabilisés par la présence inhabituelle puis de plus en plus familière de cette caméra numérique, tous les acteurs sont épatants.
Télérama (1) : Ce jeune garçon plein d’élan qui ne sait où s’élancer, toujours solitaire sur la glace, Ducastel et Martineau savent le regarder, le révéler, le rendre émouvant. A travers ce qu’il filme, mais aussi en jouant sur les moments où sa caméra ne tourne pas pour gagner de la vitesse, du mystère, de la pudeur. Sous l’apparence de la spontanéité, leur mise en scène est un exercice de sensibilité, de précision.
Télérama (2) : Ni journal filmé ni dispositif nouveau, cette historiette en caméra DV qui ne dépasse pas la petite cuisine psy souffre surtout de son caractère déjà daté. On a l’impression que les deux cinéastes et les personnages sont très innocents vis-à-vis de la vidéo, comme si elle venait tout juste de naître, alors qu’elle est devenue un objet presque aussi familier que la machine à laver.
Le Monde : La caméra d’Etienne est une idée aussi artificieuse que les chansons qui venaient aux lèvres de Virginie Ledoyen et Mathieu Demy dans Jeanne et le garçon formidable, le premier film du duo. Et, à nouveau, de l’artifice naît la beauté.
Ciné Live : Pas de coming-out explosif, pas d’effusions passionnelles, Ma vraie vie à Rouen, entièrement filmé en caméra subjective, se sert des bornes du vraisemblable pour mieux s’en échapper.
Libération : Etre ou ne pas être un film ? Ma Vraie Vie à Rouen vaut mieux que ce léger dilemme. On peut concevoir que si sa convention insupporte, elle insupporte tout de suite et irrémédiablement. On peut aussi regarder par-dessus son épaule et apercevoir un autre film : les aventures d’un déséquilibré.

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Mes liens :
L’entretien du couple Ducastel et Martineau sur le film
Le site offciel de Jimmy Tavares
Une bio d’Ariane Ascaride
Fiche Allocine
Fiche Cinemovies