Fiche technique :
Film japonais écrit et réalisé par Ryosuke Hashiguchi.
Compositeur : Bobby McFerrin
Directeur de la photographie : Shogo Ueno
Chef décorateur : Fumio Ogawa
Date de sortie : 3 juillet 2002
Durée : 2h15
Fiche artistique :
Kazuya Takahashi : Naoya
Seiichi Tanabe : Katsuhiro
Reiko Kataoka : Asako
Synopsis :
Le mari du coiffeur ! Un homosexuel, coiffeur animalier, las de coucher avec des hommes qui le jettent sans un aurevoir ni un adieu, se plait à débuter une vraie relation avec un ingénieur en aéronautique. Tout n’est pas idéalement parfait, le compagnon se cache d’être homo alors que le coiffeur l’assume complètement. Mais l’entente est là, tout comme la sérénité. Une sérénité bouleversée par deux femmes, la première las de coucher avec des hommes incapable de l’aimer et prête à tout pour avoir un enfant de l’un d’eux et la seconde amoureuse transie prête à tout pour avoir les faveurs de l’ingénieur...
Mon avis :
Le film d’un monde qui bouge. C’est beau un film qui démarre comme on l’aime. On entre rapidement dans l’histoire à laquelle on adhère dès les premières images ; les personnages sont attachants (comme la plupart des japonais d’ailleurs !) ; la musique est envoûtante et la caméra délicieusement douce dans ses mouvements. Un rythme que tiendra le réalisateur japonais sur les 2h15 que dure son film mais que nous, spectateurs en quête de rythme et de rebondissements, aurons du mal à tenir sans quelques baillements ou fermeture de paupières...
Car si les personnages sont joyeusement fous, surtout les femmes rarement vues aussi mal dans leur peau..., car s’il est bon de montrer l’évolution de notre monde dans le bon sens, un monde qui bouge, dont les mentalités s’ouvrent... car si on jubile parfois grâce à un humour désopilant et corrosif, quel dommage de sortir du cinéma avec l’envie de dormir et d’en oublier le film... trop mou, trop lent, trop silencieux... On se souviendra seulement que "Hush" en japonais signifie "chut", une expression qu’a trop digéré son réalisateur et qu’il pousse à l’extrême.
Revue de presse :
Studio : En imposant un rythme lent et une mise en scène maîtrisée, le cinéaste réussit, sans forcer le trait, à cristalliser, à travers les incertitudes de ses deux héros, les moeurs d’aujourd’hui, où s’entrechoquent traditions puritaines et évolution des mentalités.
Ciné Live : Après deux films plus introspectifs, le Japonais Ryosuke Hashiguchi signe un film où l’homosexualité sert de catalyseur à une jolie comédie sur les troubles de la paternité et de l’identité.
Première : Hashiguchi ausculte les maux de la société japonaise, partagée entre traditions et modernisme forcené. De la même façon, il a une propension discutable à dilater exagérément les scènes, à vouloir suggérer à tou prix et à mélanger, de façon maldroite, réalisme et étrangeté.
Télérama : Ce que Ryosuke Hashiguchi filme le mieux c’est la gêne. (...) Il joue sur les plans fixes. C’est leur durée qui finit par créer à la fois l’embarras et l’émotion.
Le Monde : Le cinéaste semble avoir éprouvé quelques difficultés à choisir son angle d’attaque. Le film, d’une longueur et d’une insignifiance décourageantes, s’en ressent.
Les cahiers du cinéma : On ne croit pas un seul instant à ce triolisme forcé qui ne répond qu’à des intentions de scénario. [...] Hashiguchi appelle vite à la rescousse la bonne vieille solitude, grand cliché du cinéma asiatique contemporain. [il] dilate les séquences pour que l’ennui s’installe (ce qui ne manque pas, et vite)...
Libération : Le film le moins radical, le moins intéressant d’un auteur dont on ne retrouve que par surgisssement le sens inné des durées et l’intensité des cadrages.
Mes liens :
L’interview du réalisateur traduite en français
Comment vit-on son homosexualité au japon sur le site e-llico.com